Ontario - Le PLC prône un vote stratégique
Toronto — La lutte électorale est si serrée à Toronto que tous les votes comptent, surtout ceux destinés aux autres partis. Employant la même tactique que leurs voisins libéraux du Québec ont utilisée en milieu de campagne pour tenter de nuire au Bloc, la section ontarienne du PLC invite les électeurs qui penchent en faveur du NPD de revoir leur choix afin d'éviter l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement conservateur.
Si les Québécois n'ont pas accroché à la stratégie libérale, principalement parce que les conservateurs sont moins visibles au Québec, il pourrait en être autrement en Ontario. Le Parti conservateur pourrait rentrer en force lundi, et les progressistes inquiets voient concrètement la menace avec les pancartes bleues qui se multiplient sur les terrains privés.
«Il faut ramener le vote du NPD au centre [de l'échiquier politique]. Les électeurs doivent comprendre qu'un vote pour le NPD aide les conservateurs et que voter libéral est la meilleure avenue», a expliqué un organisateur du PLC à Toronto. La tactique est clairement avouée puisque des publicités à la radio tournent en boucle à tous les postes pour atteindre les indécis et les supporters du NPD.
On y entend trois personnes qui parlent entre elles, dont l'une explique l'a b c du vote stratégique. «Prenons par exemple un comté de 100 personnes. Disons que 40 personnes votent pour les conservateurs, 35 pour les libéraux et 25 pour le NPD. Le député sera conservateur, même si la majorité des gens voulaient un député progressiste. Or, avec les votes du NPD, le candidat libéral aurait gagné.» L'annonce se termine sur les mots suivants: «Un vote pour le NPD est un vote pour les conservateurs. Votez pour le Parti libéral.»
L'ancien PC et l'Alliance canadienne ont permis aux libéraux de profiter de la division du vote dans au moins 25 circonscriptions ontariennes en 2000. Aujourd'hui, avec une droite unie et un contexte très serré, c'est au tour des libéraux de craindre la division alors que le NPD gruge les précieux votes de gauche, principalement dans le centre de Toronto, les villes de banlieue immédiates et les villes industrielles comme Hamilton.
Jack Layton, figure populaire dans la Ville reine depuis son passage au conseil municipal, est grandement responsable du nouveau souffle du NPD en Ontario. Il se présente d'ailleurs dans Toronto-Danforth, une circonscription près du centre-ville. Sa femme, Olivia Chow, elle aussi ex-conseillère municipale, se présente dans le même coin, à Trinity-Spadina. Les deux ont d'excellentes chances de l'emporter, même s'ils ont été battu par des libéraux en 1997.
Mais plus encore, le célèbre couple fait monter l'ensemble des intentions de vote, qui oscillent actuellement entre 16 et 21 % en Ontario. Des chiffres bien supérieurs à ceux de 2000, alors que seulement 8,6 % des Ontariens avaient opté pour le NPD. D'où les craintes du PLC de perdre d'importants votes dans les comtés dont le sort se décidera à la toute fin.
Même si les études démontrent que seulement 10 à 15 % des gens votent de façon stratégique, la tactique libérale pourrait bien fonctionner, croit Robert Drummond, politologue à l'université York. «L'appui au NPD sera plus fort qu'aux élections précédentes, c'est sûr, mais à la fin, je crois qu'il y aura un retour du balancier en faveur des libéraux, dit-il. Beaucoup de gens vont probablement revenir au PLC pour barrer la route aux conservateurs. Le NPD est toujours plus haut dans les sondages en cours de campagne, mais ça ne se traduit pas souvent par des résultats concrets.»
Même son de cloche de la part de Kenneth McRoberts, doyen du collège universitaire Glendon, à Toronto. «Ça pourrait jouer des tours au NPD lundi. Je pense que la polarisation du vote sera entre les bleus et les rouges.»
Si certaines personnes risquent de changer d'allégeance pour barrer la route au PC, d'autres sont bien décidées à rester sur leurs positions. «Je vais voter pour le NPD, et beaucoup de mes amis aussi», a soutenu un des chauffeurs de taxi qui sillonnent le centre de Toronto. D'origine pakistanaise, il n'a pas l'intention d'appuyer les libéraux, même si les immigrants sont des électeurs majoritairement favorables au PLC. «Je veux donner une chance à Jack Layton, je pense qu'il va faire du bon travail.» Les libéraux espèrent qu'ils ne seront pas trop nombreux à penser comme lui.
Si les Québécois n'ont pas accroché à la stratégie libérale, principalement parce que les conservateurs sont moins visibles au Québec, il pourrait en être autrement en Ontario. Le Parti conservateur pourrait rentrer en force lundi, et les progressistes inquiets voient concrètement la menace avec les pancartes bleues qui se multiplient sur les terrains privés.
«Il faut ramener le vote du NPD au centre [de l'échiquier politique]. Les électeurs doivent comprendre qu'un vote pour le NPD aide les conservateurs et que voter libéral est la meilleure avenue», a expliqué un organisateur du PLC à Toronto. La tactique est clairement avouée puisque des publicités à la radio tournent en boucle à tous les postes pour atteindre les indécis et les supporters du NPD.
On y entend trois personnes qui parlent entre elles, dont l'une explique l'a b c du vote stratégique. «Prenons par exemple un comté de 100 personnes. Disons que 40 personnes votent pour les conservateurs, 35 pour les libéraux et 25 pour le NPD. Le député sera conservateur, même si la majorité des gens voulaient un député progressiste. Or, avec les votes du NPD, le candidat libéral aurait gagné.» L'annonce se termine sur les mots suivants: «Un vote pour le NPD est un vote pour les conservateurs. Votez pour le Parti libéral.»
L'ancien PC et l'Alliance canadienne ont permis aux libéraux de profiter de la division du vote dans au moins 25 circonscriptions ontariennes en 2000. Aujourd'hui, avec une droite unie et un contexte très serré, c'est au tour des libéraux de craindre la division alors que le NPD gruge les précieux votes de gauche, principalement dans le centre de Toronto, les villes de banlieue immédiates et les villes industrielles comme Hamilton.
Jack Layton, figure populaire dans la Ville reine depuis son passage au conseil municipal, est grandement responsable du nouveau souffle du NPD en Ontario. Il se présente d'ailleurs dans Toronto-Danforth, une circonscription près du centre-ville. Sa femme, Olivia Chow, elle aussi ex-conseillère municipale, se présente dans le même coin, à Trinity-Spadina. Les deux ont d'excellentes chances de l'emporter, même s'ils ont été battu par des libéraux en 1997.
Mais plus encore, le célèbre couple fait monter l'ensemble des intentions de vote, qui oscillent actuellement entre 16 et 21 % en Ontario. Des chiffres bien supérieurs à ceux de 2000, alors que seulement 8,6 % des Ontariens avaient opté pour le NPD. D'où les craintes du PLC de perdre d'importants votes dans les comtés dont le sort se décidera à la toute fin.
Même si les études démontrent que seulement 10 à 15 % des gens votent de façon stratégique, la tactique libérale pourrait bien fonctionner, croit Robert Drummond, politologue à l'université York. «L'appui au NPD sera plus fort qu'aux élections précédentes, c'est sûr, mais à la fin, je crois qu'il y aura un retour du balancier en faveur des libéraux, dit-il. Beaucoup de gens vont probablement revenir au PLC pour barrer la route aux conservateurs. Le NPD est toujours plus haut dans les sondages en cours de campagne, mais ça ne se traduit pas souvent par des résultats concrets.»
Même son de cloche de la part de Kenneth McRoberts, doyen du collège universitaire Glendon, à Toronto. «Ça pourrait jouer des tours au NPD lundi. Je pense que la polarisation du vote sera entre les bleus et les rouges.»
Si certaines personnes risquent de changer d'allégeance pour barrer la route au PC, d'autres sont bien décidées à rester sur leurs positions. «Je vais voter pour le NPD, et beaucoup de mes amis aussi», a soutenu un des chauffeurs de taxi qui sillonnent le centre de Toronto. D'origine pakistanaise, il n'a pas l'intention d'appuyer les libéraux, même si les immigrants sont des électeurs majoritairement favorables au PLC. «Je veux donner une chance à Jack Layton, je pense qu'il va faire du bon travail.» Les libéraux espèrent qu'ils ne seront pas trop nombreux à penser comme lui.
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