Entrevue au Devoir - Martin désapprouve le principe même du programme des commandites
Photo : Agence Reuters
Le chef libéral Paul Martin a joué de la grosse caisse, hier, lors d’une courte escale à Saint-Jean, Terre-Neuve.
Ottawa — Ce n'est pas seulement les malversations qui ont entouré la gestion des commandites que le chef libéral Paul Martin désapprouve mais le principe même du programme, a-t-il confié au Devoir hier.
«Les affiches, les pancartes et tout ça, ce n'est pas ça qui va garder le Québec à l'intérieur du Canada. D'ailleurs, en ce qui me concerne, je pense que, honnêtement, ça n'intéresse pas du tout les Québécois. Ce qui intéresse les Québécois, c'est que le pays, le Canada, fonctionne», dit-il, se prononçant pour une rare fois sur la nature du programme et non seulement sur sa gestion. «Je n'ai jamais été en faveur», insiste-t-il sans préciser s'il avait manifesté son désaccord à l'époque.
Il ne croit pas à ces méthodes, dit-il, parce qu'il est persuadé que les Québécois sont attachés au Canada et que la meilleure façon de gagner leur adhésion est de leur offrir «un pays qui réussisse» et qui traite tout le monde sur le même pied en respectant les différences.
Quant à la gestion du programme et aux malversations auxquelles elle a donné, il s'en indigne. Il répète encore toutes les mesures qu'il a prises pour faire la lumière sur ce scandale qui a provoqué la désertion de ses appuis, en particulier au Québec, et mis son parti en difficulté.
Il reconnaît la colère des citoyens et dit la partager, mais il pense qu'il faut aussi que les électeurs pensent à l'avenir et se demandent, dans le cas des Québécois, s'ils «veulent un autre référendum». «Nous, on ne veut pas d'autres référendums, on veut que le pays reste uni et qu'on se concentre sur l'économie et nos possibilités sociales.»
Les citoyens doivent aussi se demander quel genre de pays ils veulent, ajoute-t-il, soulignant, comme il le fait depuis les débats, le fossé qui sépare son parti du Parti conservateur.
Pas de vote libre sur l'avortement
Le respect et la protection des droits fondamentaux représentent une différence qu'il souligne et, pour la première fois hier, il a précisé ce qu'il ferait advenant le dépôt d'un projet de loi d'un député limitant le libre-choix en matière d'avortement sans invoquer la clause nonobstant. Permettrait-il un vote libre dans ce cas? Non, a-t-il répondu sans détour.
Il n'avait jamais fait cette précision jusqu'à présent, s'étant toujours contenté de dire qu'il ne permettrait jamais le recours à la clause nonobstant. Cette clarification le distingue de M. Harper, qui promet de permettre un vote libre advenant le dépôt d'un projet d'un député touchant l'avortement.
M. Martin estime aussi se différencier de son adversaire dans le dossier de la santé. Il s'insurge contre la déclaration du chef conservateur Stephen Harper, qui affirme «se ficher de qui fournit les services» pourvu que les citoyens y aient accès avec leur carte d'assurance maladie. Selon M. Martin, cela signifie une présence encore plus imposante du privé dans le système de santé.
Il n'envisage pas pour autant mettre la clé dans la porte des fournisseurs privés actuellement actifs dans le système public, mais il dit vouloir faire en sorte que le système public fasse moins appel au privé à l'avenir.
Selon deux sondages parus en fin de semaine, le Parti libéral et le Parti conservateur sont pratiquement à égalité, le PC n'ayant qu'une avance équivalente à la marge d'erreur. Au Québec, le Bloc québécois a une solide avance qui ne se dément pas depuis le début de la campagne. Malgré cela, Paul Martin affirme qu'il croit toujours possible d'obtenir une majorité de sièges le 28 juin.
«Les affiches, les pancartes et tout ça, ce n'est pas ça qui va garder le Québec à l'intérieur du Canada. D'ailleurs, en ce qui me concerne, je pense que, honnêtement, ça n'intéresse pas du tout les Québécois. Ce qui intéresse les Québécois, c'est que le pays, le Canada, fonctionne», dit-il, se prononçant pour une rare fois sur la nature du programme et non seulement sur sa gestion. «Je n'ai jamais été en faveur», insiste-t-il sans préciser s'il avait manifesté son désaccord à l'époque.
Il ne croit pas à ces méthodes, dit-il, parce qu'il est persuadé que les Québécois sont attachés au Canada et que la meilleure façon de gagner leur adhésion est de leur offrir «un pays qui réussisse» et qui traite tout le monde sur le même pied en respectant les différences.
Quant à la gestion du programme et aux malversations auxquelles elle a donné, il s'en indigne. Il répète encore toutes les mesures qu'il a prises pour faire la lumière sur ce scandale qui a provoqué la désertion de ses appuis, en particulier au Québec, et mis son parti en difficulté.
Il reconnaît la colère des citoyens et dit la partager, mais il pense qu'il faut aussi que les électeurs pensent à l'avenir et se demandent, dans le cas des Québécois, s'ils «veulent un autre référendum». «Nous, on ne veut pas d'autres référendums, on veut que le pays reste uni et qu'on se concentre sur l'économie et nos possibilités sociales.»
Les citoyens doivent aussi se demander quel genre de pays ils veulent, ajoute-t-il, soulignant, comme il le fait depuis les débats, le fossé qui sépare son parti du Parti conservateur.
Pas de vote libre sur l'avortement
Le respect et la protection des droits fondamentaux représentent une différence qu'il souligne et, pour la première fois hier, il a précisé ce qu'il ferait advenant le dépôt d'un projet de loi d'un député limitant le libre-choix en matière d'avortement sans invoquer la clause nonobstant. Permettrait-il un vote libre dans ce cas? Non, a-t-il répondu sans détour.
Il n'avait jamais fait cette précision jusqu'à présent, s'étant toujours contenté de dire qu'il ne permettrait jamais le recours à la clause nonobstant. Cette clarification le distingue de M. Harper, qui promet de permettre un vote libre advenant le dépôt d'un projet d'un député touchant l'avortement.
M. Martin estime aussi se différencier de son adversaire dans le dossier de la santé. Il s'insurge contre la déclaration du chef conservateur Stephen Harper, qui affirme «se ficher de qui fournit les services» pourvu que les citoyens y aient accès avec leur carte d'assurance maladie. Selon M. Martin, cela signifie une présence encore plus imposante du privé dans le système de santé.
Il n'envisage pas pour autant mettre la clé dans la porte des fournisseurs privés actuellement actifs dans le système public, mais il dit vouloir faire en sorte que le système public fasse moins appel au privé à l'avenir.
Selon deux sondages parus en fin de semaine, le Parti libéral et le Parti conservateur sont pratiquement à égalité, le PC n'ayant qu'une avance équivalente à la marge d'erreur. Au Québec, le Bloc québécois a une solide avance qui ne se dément pas depuis le début de la campagne. Malgré cela, Paul Martin affirme qu'il croit toujours possible d'obtenir une majorité de sièges le 28 juin.
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