Hamilton - L'affaire Copps profite aux néo-démocrates
Avant même le déclenchement des élections, on savait que les libéraux de Paul Martin auraient du fil à retordre dans la région de Hamilton après le sort réservé à Sheila Copps, la populaire enfant du coin. Cette colère s'est ajoutée à la frustration suscitée par les difficultés économiques locales et à une grogne plus générale partagée par la majorité des Ontariens. Dans la ville de l'acier, un parti profite de cette situation: le NPD.
Il y a six mois, les députés libéraux Stan Keyes et Tony Valeri, partisans de longue date de Paul Martin, faisaient leur entrée au cabinet alors que Sheila Copps, la seule adversaire du nouveau chef lors de la course au leadership, en sortait. À Hamilton, on se retrouvait donc avec deux hommes forts mais on était aussi privé de celle à laquelle beaucoup s'identifiaient.
Fille d'un ancien maire très populaire, députée provinciale puis fédérale depuis 20 ans, Sheila Copps a refusé de s'effacer. Elle voulait de nouveau être candidate, mais à cause du redécoupage de la carte électorale, elle a dû affronter son collègue Tony Valeri. Ce fut une bataille sans merci, teintée d'irrégularités, dans laquelle Paul Martin a toujours refusé d'intervenir.
Aujourd'hui, Tony Valeri porte les couleurs libérales dans Hamilton East-Stoney Creek, mais il en arrache. Le traitement réservé à Sheila Copps lui coûte cher. Il n'a pas l'appui de son exécutif et bien des libéraux l'ont lâché pour le NPD. La première en lice: Geraldine Copps, la mère de Sheila. «En aucun cas je ne supporterai Tony Valeri», confie-t-elle en entrevue. Et elle pense que bien des libéraux sont du même avis.
M. Valeri écope aussi pour la situation économique difficile, explique Henry Jacek, politologue à l'université McMaster. Plusieurs entreprises du secteur de l'acier ont fait faillite, d'autres, comme la Stelco, sont sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers. Dans presque tous les cas, les retraités ont perdu une partie de leur caisse de retraite ou sont menacés de la perdre. D'autres usines ont fermé, l'économie locale s'en ressent et beaucoup ont le sentiment que les libéraux n'ont rien fait pour aider les travailleurs et les retraités. On retient en particulier contre M. Valeri la perte vers Toronto du quartier général pour l'est du pays de la compagnie aérienne Westjet, un départ survenu tout juste après sa nomination au poste de ministre des Transports.
Pas une seconde à perdre
Tony Valeri est vraiment en danger, mais il n'est pas le seul. À la surprise de plusieurs, son populaire collègue Stan Keyes fait face à une lutte qu'on dit, sur place, encore plus difficile. Au point où il n'a pas une seconde à perdre pour accorder des entrevues. Les nouvelles frontières du comté lui ont joué un bien vilain tour. Les quartiers nantis de la ville, qui lui étaient plus favorables, ont glissé dans le comté voisin alors que les secteurs ouvriers de l'est, traditionnellement néo-démocrates, font maintenant partie de Hamilton Centre.
Pour épicer le tout, le NPD oppose à Stan Keyes le très populaire député provincial sortant David Christopherson, un homme qui jouit d'une base personnelle plus large que celle de son parti. Il a aussi été conseiller municipal aux côtés de Geraldine Copps, qui lui a donné son appui. Et lorsqu'il s'est présenté au poste de maire l'automne dernier, il a reçu un fort taux de votes dans le comté.
L'effet Copps joue moins dans cette partie de Hamilton, David Christopherson le dit lui-même. Il en a quand même un peu profité puisqu'une partie de ses bénévoles sont des transfuges de l'équipe Copps. C'est le cas, par exemple, d'Abaka Charif. «Je ne pouvais pas travailler pour les libéraux après ce qu'ils ont fait à Mme Copps», confie-t-il.
Dans Hamilton-Mountain, la libérale Beth Phinney subit aussi les contrecoups de la situation économique, beaucoup de retraités du secteur de l'acier vivant dans son comté. On parle toutefois d'une lutte à trois dans ce comté. La popularité personnelle du candidat conservateur, l'ancien conseiller municipal Tom Jackson, expliquerait qu'il soit dans la course, dit M. Jacek.
Le NPD a eu un premier indice de sa force lors d'une élection partielle provinciale tenue en juin, avant même l'impopulaire budget du gouvernement McGuinty. La candidate néo-démocrate Andrea Horwath a délogé les libéraux avec 64 % des voix. Le tiers de son comté recoupe celui de M. Keyes et les deux tiers restants, celui de M. Valeri.
Au delà des inquiétudes économiques et de la déception suscitée par l'affaire Copps, les motifs de mécontentement à Hamilton sont semblables à ceux qu'on entend ailleurs en Ontario: usure du pouvoir, promesses rompues, manque d'intégrité, vif désir de changement. M. Christopherson le constate quand il rencontre les électeurs. «Les gens ne portent pas un jugement sur Stan Keyes mais sur les libéraux dans leur ensemble. Ils ne veulent pas les revoir à Ottawa. Ils sont fâchés et ne leur font plus confiance», dit-il, confirmant ce que les libéraux eux-mêmes racontent.
«Et à Hamilton, quand les travailleurs sont mécontents des libéraux, ils se tournent vers le NPD», résume M. Jacek. Cela est vrai au niveau provincial, mais au fédéral, ce serait une percée car Hamilton n'a envoyé qu'un seul député néo-démocrate à Ottawa, Ian Deans, qui a siégé de 1980 à 1988.
Il y a six mois, les députés libéraux Stan Keyes et Tony Valeri, partisans de longue date de Paul Martin, faisaient leur entrée au cabinet alors que Sheila Copps, la seule adversaire du nouveau chef lors de la course au leadership, en sortait. À Hamilton, on se retrouvait donc avec deux hommes forts mais on était aussi privé de celle à laquelle beaucoup s'identifiaient.
Fille d'un ancien maire très populaire, députée provinciale puis fédérale depuis 20 ans, Sheila Copps a refusé de s'effacer. Elle voulait de nouveau être candidate, mais à cause du redécoupage de la carte électorale, elle a dû affronter son collègue Tony Valeri. Ce fut une bataille sans merci, teintée d'irrégularités, dans laquelle Paul Martin a toujours refusé d'intervenir.
Aujourd'hui, Tony Valeri porte les couleurs libérales dans Hamilton East-Stoney Creek, mais il en arrache. Le traitement réservé à Sheila Copps lui coûte cher. Il n'a pas l'appui de son exécutif et bien des libéraux l'ont lâché pour le NPD. La première en lice: Geraldine Copps, la mère de Sheila. «En aucun cas je ne supporterai Tony Valeri», confie-t-elle en entrevue. Et elle pense que bien des libéraux sont du même avis.
M. Valeri écope aussi pour la situation économique difficile, explique Henry Jacek, politologue à l'université McMaster. Plusieurs entreprises du secteur de l'acier ont fait faillite, d'autres, comme la Stelco, sont sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers. Dans presque tous les cas, les retraités ont perdu une partie de leur caisse de retraite ou sont menacés de la perdre. D'autres usines ont fermé, l'économie locale s'en ressent et beaucoup ont le sentiment que les libéraux n'ont rien fait pour aider les travailleurs et les retraités. On retient en particulier contre M. Valeri la perte vers Toronto du quartier général pour l'est du pays de la compagnie aérienne Westjet, un départ survenu tout juste après sa nomination au poste de ministre des Transports.
Pas une seconde à perdre
Tony Valeri est vraiment en danger, mais il n'est pas le seul. À la surprise de plusieurs, son populaire collègue Stan Keyes fait face à une lutte qu'on dit, sur place, encore plus difficile. Au point où il n'a pas une seconde à perdre pour accorder des entrevues. Les nouvelles frontières du comté lui ont joué un bien vilain tour. Les quartiers nantis de la ville, qui lui étaient plus favorables, ont glissé dans le comté voisin alors que les secteurs ouvriers de l'est, traditionnellement néo-démocrates, font maintenant partie de Hamilton Centre.
Pour épicer le tout, le NPD oppose à Stan Keyes le très populaire député provincial sortant David Christopherson, un homme qui jouit d'une base personnelle plus large que celle de son parti. Il a aussi été conseiller municipal aux côtés de Geraldine Copps, qui lui a donné son appui. Et lorsqu'il s'est présenté au poste de maire l'automne dernier, il a reçu un fort taux de votes dans le comté.
L'effet Copps joue moins dans cette partie de Hamilton, David Christopherson le dit lui-même. Il en a quand même un peu profité puisqu'une partie de ses bénévoles sont des transfuges de l'équipe Copps. C'est le cas, par exemple, d'Abaka Charif. «Je ne pouvais pas travailler pour les libéraux après ce qu'ils ont fait à Mme Copps», confie-t-il.
Dans Hamilton-Mountain, la libérale Beth Phinney subit aussi les contrecoups de la situation économique, beaucoup de retraités du secteur de l'acier vivant dans son comté. On parle toutefois d'une lutte à trois dans ce comté. La popularité personnelle du candidat conservateur, l'ancien conseiller municipal Tom Jackson, expliquerait qu'il soit dans la course, dit M. Jacek.
Le NPD a eu un premier indice de sa force lors d'une élection partielle provinciale tenue en juin, avant même l'impopulaire budget du gouvernement McGuinty. La candidate néo-démocrate Andrea Horwath a délogé les libéraux avec 64 % des voix. Le tiers de son comté recoupe celui de M. Keyes et les deux tiers restants, celui de M. Valeri.
Au delà des inquiétudes économiques et de la déception suscitée par l'affaire Copps, les motifs de mécontentement à Hamilton sont semblables à ceux qu'on entend ailleurs en Ontario: usure du pouvoir, promesses rompues, manque d'intégrité, vif désir de changement. M. Christopherson le constate quand il rencontre les électeurs. «Les gens ne portent pas un jugement sur Stan Keyes mais sur les libéraux dans leur ensemble. Ils ne veulent pas les revoir à Ottawa. Ils sont fâchés et ne leur font plus confiance», dit-il, confirmant ce que les libéraux eux-mêmes racontent.
«Et à Hamilton, quand les travailleurs sont mécontents des libéraux, ils se tournent vers le NPD», résume M. Jacek. Cela est vrai au niveau provincial, mais au fédéral, ce serait une percée car Hamilton n'a envoyé qu'un seul député néo-démocrate à Ottawa, Ian Deans, qui a siégé de 1980 à 1988.
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