Les propos de Lapierre insultent des groupes de femmes
4 juin 2004
Canada
Québec — Les propos du candidat libéral Jean Lapierre sur le drame de Polytechnique et le contrôle des armes à feu ont soulevé hier la grogne des femmes, qui y voient une récupération partisane d'un drame humain.
En campagne à Victoriaville, mercredi, le lieutenant politique au Québec du premier ministre Paul Martin a évoqué la tuerie de l'École polytechnique de Montréal, survenue le 6 décembre 1989, pour dénoncer l'intention du chef conservateur Stephen Harper d'abolir le registre des armes à feu.
«Un parti qui dit: fini le contrôle des armes à feu, est-ce que ça veut dire que nos filles de Polytechnique sont mortes en vain?», s'est questionné M. Lapierre, lors d'un point de presse à Victoriaville, dans les Bois-Francs.
Une telle récupération politique du massacre de 14 jeunes femmes par le psychopathe misogyne Marc Lépine répugne à la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Michèle Asselin.
«Ce n'est tout simplement pas éthique. On ne saurait se référer au drame de Polytechnique à des fins électoralistes, partisanes. Ma réaction est courte, mais lapidaire. Ce n'est pas éthique, ce n'est pas acceptable», selon Mme Asselin, qui dit juger «surprenant» qu'une personnalité publique comme M. Lapierre se livre à de telles manoeuvres.
La ministre responsable du dossier de la condition féminine ne cache pas avoir éprouvé elle aussi un malaise en prenant connaissance des propos de M. Lapierre.
«Chose certaine, il est regrettable qu'on associe un événement comme celui de Polytechnique à un enjeu électoral», a dit la ministre Michèle Courchesne, hier.
Les groupes féministes sont favorables au contrôle des armes à feu mais estiment que la fin ne justifie pas tous les moyens.
Quel que soit le parti porté au pouvoir le 28 juin, la FFQ entend lutter bec et ongles pour le maintien du contrôle des armes à feu, mais il n'est pas question pour elle d'utiliser la tuerie à d'autres fins que pour la prévention de la violence faite aux femmes, a souligné Mme Asselin.
S'il croit que Jean Lapierre a employé une formule malheureuse, le Collectif masculin contre le sexisme estime que, sur le fond, le candidat libéral n'a pas tort de s'inquiéter des intentions du Parti conservateur.
«Je n'aurais pas utilisé cette formule, mais on a une responsabilité collective pour faire en sorte que moins de femmes se fassent tuer par des hommes», a commenté le porte-parole du Collectif, Martin Dufresne.
Selon lui, la position des conservateurs risque de saper des années de travail de la part des femmes «pour contrôler les armes à feu qui sont aux mains des hommes».
Directement concernée, la Fondation du 6 décembre s'en est tenue hier à rappeler sa prise de position en faveur d'un contrôle strict des armes à feu et à dénoncer le programme du Parti conservateur à ce chapitre.
«Les victimes de violence par arme à feu souhaitent prévenir les tragédies. Pour ce faire, un contrôle strict des armes est essentiel. M. Harper semble prêt à se débarrasser d'un tel contrôle. Les conservateurs semblent oublier le coût élevé que plusieurs d'entre nous ont dû payer pour un contrôle des armes inadéquat», a déclaré la présidente de la fondation, Sylvie Haviernick.
En campagne à Victoriaville, mercredi, le lieutenant politique au Québec du premier ministre Paul Martin a évoqué la tuerie de l'École polytechnique de Montréal, survenue le 6 décembre 1989, pour dénoncer l'intention du chef conservateur Stephen Harper d'abolir le registre des armes à feu.
«Un parti qui dit: fini le contrôle des armes à feu, est-ce que ça veut dire que nos filles de Polytechnique sont mortes en vain?», s'est questionné M. Lapierre, lors d'un point de presse à Victoriaville, dans les Bois-Francs.
Une telle récupération politique du massacre de 14 jeunes femmes par le psychopathe misogyne Marc Lépine répugne à la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Michèle Asselin.
«Ce n'est tout simplement pas éthique. On ne saurait se référer au drame de Polytechnique à des fins électoralistes, partisanes. Ma réaction est courte, mais lapidaire. Ce n'est pas éthique, ce n'est pas acceptable», selon Mme Asselin, qui dit juger «surprenant» qu'une personnalité publique comme M. Lapierre se livre à de telles manoeuvres.
La ministre responsable du dossier de la condition féminine ne cache pas avoir éprouvé elle aussi un malaise en prenant connaissance des propos de M. Lapierre.
«Chose certaine, il est regrettable qu'on associe un événement comme celui de Polytechnique à un enjeu électoral», a dit la ministre Michèle Courchesne, hier.
Les groupes féministes sont favorables au contrôle des armes à feu mais estiment que la fin ne justifie pas tous les moyens.
Quel que soit le parti porté au pouvoir le 28 juin, la FFQ entend lutter bec et ongles pour le maintien du contrôle des armes à feu, mais il n'est pas question pour elle d'utiliser la tuerie à d'autres fins que pour la prévention de la violence faite aux femmes, a souligné Mme Asselin.
S'il croit que Jean Lapierre a employé une formule malheureuse, le Collectif masculin contre le sexisme estime que, sur le fond, le candidat libéral n'a pas tort de s'inquiéter des intentions du Parti conservateur.
«Je n'aurais pas utilisé cette formule, mais on a une responsabilité collective pour faire en sorte que moins de femmes se fassent tuer par des hommes», a commenté le porte-parole du Collectif, Martin Dufresne.
Selon lui, la position des conservateurs risque de saper des années de travail de la part des femmes «pour contrôler les armes à feu qui sont aux mains des hommes».
Directement concernée, la Fondation du 6 décembre s'en est tenue hier à rappeler sa prise de position en faveur d'un contrôle strict des armes à feu et à dénoncer le programme du Parti conservateur à ce chapitre.
«Les victimes de violence par arme à feu souhaitent prévenir les tragédies. Pour ce faire, un contrôle strict des armes est essentiel. M. Harper semble prêt à se débarrasser d'un tel contrôle. Les conservateurs semblent oublier le coût élevé que plusieurs d'entre nous ont dû payer pour un contrôle des armes inadéquat», a déclaré la présidente de la fondation, Sylvie Haviernick.
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