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Les villes toucheront 2 milliards par an

29 mai 2004  Canada
Paul Martin a réjoui les maires, hier, en leur promettant près de deux milliards par année, d’ici cinq ans, provenant de la taxe sur l’essence.
Photo : Agence Reuters
Paul Martin a réjoui les maires, hier, en leur promettant près de deux milliards par année, d’ici cinq ans, provenant de la taxe sur l’essence.
S'il a des difficultés à remonter la pente dans l'estime des électeurs, Paul Martin aura réussi à marquer quelques points auprès des élus municipaux, hier, en présentant son plan de financement pour les villes.

Le plan dévoilé devant les délégués de la Fédération canadienne des municipalités, réunis à Edmonton en assemblée générale, propose de transférer aux administrations municipales une part accrue des revenus de la taxe sur l'essence pour atteindre une somme de près de deux milliards de dollars par année, d'ici cinq ans.

S'ils sont réélus le 28 juin, les libéraux promettent de plus de verser jusqu'à 1,5 milliard de dollars en cinq ans pour combler les lacunes en logement abordable. Ils s'engagent aussi à aider les grandes villes à développer leurs services de transports en commun et à collaborer avec les municipalités pour trouver de nouveaux «modèles financiers» pour investir dans les infrastructures.

«Nos villes perdront de leur efficacité et de leur vitalité si on laisse leurs infrastructures se désintégrer. Or cela aurait de très sérieuses répercussions sur l'économie de notre pays», a déclaré M. Martin dans son discours, qui a été a quelques reprises accueilli par des applaudissements nourris.

Le hic, toutefois, c'est qu'avant que les municipalités ne voient la couleur de cet argent, le gouvernement fédéral devra négocier avec les provinces. Et là, les choses se compliquent, les provinces étant réticentes à laisser Ottawa s'ingérer dans une responsabilité provinciale.

Faisant fi de cet obstacle, M. Martin a affirmé qu'il avait l'intention de négocier avec les provinces dès cette année pour arriver à un accord.

«On va s'asseoir avec les provinces et on va déterminer les modalités [de transfert], a fait valoir le chef libéral. On reconnaît très clairement que les villes sont de compétence provinciale et il n'y a aucune intention de faire de l'empiétement.»

Duceppe réagit

Lors d'un point de presse tenu hier après-midi au Cégep de La Pocatière, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dit que l'annonce de Paul Martin constituait une «démonstration éloquente» du déséquilibre fiscal qui existerait entre Ottawa et les provinces.

Selon lui, les libéraux n'ont pas véritablement l'intention de négocier leur plan avec les provinces, mais plutôt de verser directement leur quote-part aux villes.

«Il [M. Martin] nous dit: voilà des partenaires [les provinces] en qui j'ai confiance, mais pas suffisamment pour leur donner l'argent dans leurs propres champs de compétence, a déploré M. Duceppe. Ce n'est pas ça, ne pas imposer de conditions [aux provinces].»

Le chef bloquiste a lancé une idée qui respecterait, d'après lui, la compétence des provinces à l'égard des municipalités.

«Qu'il [le premier ministre] élimine la surtaxe sur l'essence, qui était là pour combler le déficit alors que le déficit est maintenant comblé, a suggéré Gilles Duceppe. Qu'il la remette aux provinces et vous verrez que les provinces comprennent passablement bien ce dont les villes ont besoin.»

Du «NPD dilué»

Le chef du NPD, qui avait vertement critiqué cette semaine Paul Martin pour son désengagement dans le domaine du logement social, affirme quant à lui que le PLC présente une version diluée de la plate-forme néo-démocrate.

Jack Layton ajoute que les deux milliards sont loin de suffire à éponger les besoins des villes. «Il aurait dû donner cette taxe sur l'essence aux villes cette année, comme promis», a-t-il affirmé de passage sur la Côte-Nord, où se présente son lieutenant québécois Pierre Ducasse.

Il déplore que les villes aient à attendre jusqu'à cinq ans avant de recevoir l'ensemble de la portion de 5 ¢ promise sur chaque litre d'essence. Dans sa plate-forme, le NPD promet quant à lui de donner 5 ¢ le litre immédiatement aux municipalités pour financer le transport, en plus d'allouer 1,6 million pour les infrastructures et 1,7 million pour le logement social.

Stephen Harper a quant à lui déclaré que Paul Martin ramenait une promesse qu'il a déjà brisée. Selon le chef conservateur, M. Martin a eu plusieurs occasions comme ministre des Finances de transférer aux villes la taxe sur l'essence, mais il ne l'a jamais fait.






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