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Le Québec libre de ses choix

Isabelle Paré   26 mai 2004  Canada
Dans les milieux de la santé, où l'on est de plus en plus habitués aux promesses à saveur électorale, le plan libéral de Paul Martin dévoilé hier pour la santé n'a soulevé qu'un enthousiasme mitigé.

Malgré les neuf milliards promis en cinq ans par le chef libéral pour redresser les transferts aux provinces et instaurer de nouveaux programmes, les promesses du Parti libéral du Canada sont perçues comme autant d'empiétements possibles du fédéral dans le champ de compétence exclusif du Québec en matière de santé.

«Nous n'avons pas besoin du fédéral pour venir nous dire où l'argent doit être investi. Le gouvernement du Québec est déjà interpellé sur tous les besoins du réseau québécois et les choix relèvent de la responsabilité du Québec», a insisté hier le porte-parole de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Yves Dugré.

Mêmes échos à l'Association des CLSC et CHSLD du Québec de la part de la directrice générale, Marie-Claude Martel, qui approuve la réaction du ministre de la Santé, Philippe Couillard, de s'opposer à toutes conditions liées à un réinvestissement accru en santé.

Pour ce qui est des sommes promises par Paul Martin pour les provinces, un pactole de neuf milliards en cinq ans qui rehausserait à 25 % la part du fédéral dans les dépenses de santé, les réactions sont diverses.

En sus d'un apport de trois milliards en deux ans dans les transferts fédéraux en santé, le plan «cinq sur cinq», qui prévoit une injection de quatre milliards en cinq ans dans le seul but de réduire les listes d'attente, représentait un ajout annuel d'environ 200 millions pour le Québec. Un apport non négligeable, si l'on tient compte du fait que le dernier réinvestissement fait pour réduire les listes d'attente par le gouvernement de Jean Charest s'élevait à 65 millions.

«Tout nouvel argent est souhaitable. Ça pourrait changer bien des choses, si l'on tient compte du fait que le dernier ajout de 65 millions a permis de réduire les délais de façon visible en orthopédie», a soutenu hier le Dr Dugré.

Ce dernier se désole toutefois que le premier ministre ait attendu d'enfiler son chapeau de candidat libéral avant de proposer des réinvestissements réclamés depuis des mois. «Tout nouvel argent est bienvenu; reste à voir qui sera élu au terme de la campagne et qui sera là pour faire le suivi lors de la rencontre des premiers ministres», a fait valoir le Dr Dugré.

Quant au programme de deux milliards en cinq ans créé pour aider les provinces à améliorer leurs programmes de soins à domicile, il pourrait signifier un apport de 100 millions par année pour le Québec. «Il a déjà été établi qu'il faudrait 300 millions de plus par année au Québec pour rejoindre la moyenne canadienne des sommes investies dans les soins à domicile. On est donc loin du compte», a indiqué hier Marie-Claude Martel.

Tous programmes confondus, la part du budget de la santé attribuée aux soins à domicile au Québec ne dépassait pas 400 millions en 2002-03. En 2004-05, le rehaussement budgétaire prévu par le gouvernement Charest dans les soins à domicile a atteint 69 millions.






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