Harper charge Martin
En retard au Québec, le chef conservateur lance sa campagne à Montréal avec un discours coup-de-poing
Photo : Jacques Grenier
Le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, a lancé sa campagne à Montréal, hier soir. Il s’est livré à une attaque en règle contre le premier ministre Paul Martin, qui n’a plus, selon lui, l’autorité morale pour gouverner le Canada.
Les libéraux de Paul Martin ne peuvent plus camoufler sous le drapeau canadien la corruption qui a marqué leur gouvernement, sans déshonorer le pays, a lancé hier soir, à Montréal, le chef du Parti conservateur du Canada, Stephen Harper.
Dans un discours coup-de-poing qui marquait le début de sa campagne nationale, M. Harper s'est attaqué à Paul Martin, à son arrogance, à son manque d'intégrité et de principes. «Le Parti libéral du Canada a mis en place le système de patronage le plus perfectionné, le plus étendu et le plus coûteux de l'histoire du Canada. [...] On ne peut plus croire la parole d'un ministre ou du premier ministre pour savoir ce qui arrive à notre argent. Il faut se tourner vers la vérificatrice générale. Il faut se tourner vers la police», a déclaré le chef conservateur.
Si le premier ministre dit qu'il n'a rien vu ni rien entendu concernant le scandale des commandites, il n'a surtout rien fait, a affirmé M. Harper devant quelque 400 militants enthousiastes réunis dans un hôtel du centre-ville. «Paul Martin voudrait qu'on oublie qu'il était le numéro deux du gouvernement pendant près de dix ans. Il était assis à la droite de Jean Chrétien», a-t-il rappelé.
Le chef conservateur a également souligné que le Bloc québécois n'était pas un véritable choix pour que les Québécois expriment leur mécontentement. «Voter Bloc, ce n'est pas remplacer les libéraux fédéraux. C'est un vote qui n'accomplit rien. Et les libéraux fédéraux n'ont pas besoin seulement d'un coup de baguette sur les doigts. Ils ont perdu l'autorité morale nécessaire pour gouverner le Canada», a soutenu Stephen Harper qui s'est exprimé presque exclusivement en français.
En optant pour le Parti conservateur, le Québec choisirait le fédéralisme de coopération, a tenté de convaincre M. Harper. «Le Canada sans le Québec ne serait pas le Canada», a-t-il fait valoir, promettant de respecter l'histoire et les aspirations du Québec.
Le chef conservateur a donné sa parole que le français, tant au Québec que dans tout le Canada, serait une priorité. Un gouvernement conservateur réglerait également le dossier du déséquilibre fiscal que Paul Martin «a contribué à creuser».
Aussi, M. Harper a rappelé la victoire de Brian Mulroney en 1984. Comme il y a 20 ans, «il n'y a plus de comtés sûrs pour les libéraux fédéraux», a-t-il laissé tomber.
Depuis le déclenchement des élections dimanche, les salves fusent surtout entre conservateurs et libéraux.
Surfant sur la méfiance des Canadiens à l'égard de l'administration américaine, Paul Martin tentait dimanche d'associer les politiques conservatrices à celles du président américain George W. Bush: «Vous pouvez avoir un pays comme le Canada. Vous pouvez avoir un pays comme les États-Unis. C'est un choix à faire. Mais vous ne pouvez avoir un système de santé, des programmes sociaux à la canadienne, avec un niveau d'imposition comme aux États-Unis.»
Hier, le premier ministre a dû se défendre de verser dans l'antiaméricanisme, lui qui s'affichait récemment aux côtés du président américain à la Maison-Blanche: «Les Américains feront leurs propres choix. Mais je suis un Canadien, et je vais prendre les décisions en fonction de ce que je pense que les Canadiens veulent», a fait valoir Paul Martin, de passage hier à l'Île-du-Prince-Édouard.
Le premier ministre annoncera d'ailleurs aujourd'hui l'injection d'environ trois milliards par année en santé, ce qui porterait la contribution fédérale à 25 % des dépenses totales, comme le recommandait Roy Romanow dans son rapport sur le financement de la santé.
Plus tôt dans la journée, M. Harper s'était rendu dans les petites villes de l'est de l'Ontario, où le Parti conservateur caresse l'espoir de faire des gains importants. «Le premier ministre laisse entendre que nous sommes anti-canadiens parce que nous voulons simplement réduire les impôts», a-t-il affirmé, dans une province encore sous le choc du premier budget de Dalton McGuinty, qui passe outre à sa promesse de ne pas hausser les impôts.
Avec ironie, Stephen Harper a suggéré un nouveau slogan pour la plate-forme libérale: «Je suis Canadien, vous pouvez me faire payer des impôts.»
Attaques contre le Bloc
Bien qu'il ait choisi Stephen Harper comme cible favorite, Paul Martin n'épargne pas le Bloc québécois, accusant son chef Gilles Duceppe d'éviter sciemment de parler de souveraineté.
De passage dans le berceau de la Confédération qu'est Charlottetown, Paul Martin a affirmé: «Gilles Duceppe ne veut pas parler de souveraineté? Mais quand et où va-t-il en parler? Derrière des portes closes de son caucus, ou peut-être au téléphone avec le vigneron officiel du Bloc? [l'ancien premier ministre québécois Jacques Parizeau qui est propriétaire d'un vignoble dans le sud de la France]»
Cette attaque a suscité l'ironie du chef bloquiste: «On est des députés souverainistes et, à part Paul Martin, il n'y a pas grand-monde qui ignore ça au Québec. Ceux qui cachent leur nom actuellement, ce sont les libéraux! Ils ne veulent pas dire qu'ils sont rouges, ils préfèrent parler de l'équipe Martin.» Il a expliqué que la souveraineté ne pouvait se régler dans une élection fédérale: «Ça se fait en référendum ça. J'imagine qu'il [Paul Martin] comprend ça!»
Layton n'est pas en reste
Pour tenter de convaincre les électeurs qu'un gouvernement néo-démocrate ne serait pas un gouvernement qui augmenterait les taxes et les dépenses, le chef du NPD, Jack Layton, a promis qu'il n'y aurait pas de déficit pendant son mandat.
M. Layton a aussi promis d'éliminer la taxe sur les produits et services (TPS) sur certains biens essentiels pour les familles, comme les médicaments et les vêtements pour enfants.
Il a promis de faire le ménage au sein du gouvernement, en disant que les relations «intimes» entre le monde des affaires et le gouvernement devaient cesser. Selon lui, l'héritage du gouvernement libéral était un «legs tragique» de méfiance.
«Nous devons restaurer cette confiance [...] pour mettre fin à ce système de retour d'ascenseur, cette culture d'intimité où les lobbyistes et les initiés se promènent entre les salles de conseils d'administration et le bureau du premier ministre.»
Avec la collaboration d'Alec Castonguay et de La Presse canadienne
Dans un discours coup-de-poing qui marquait le début de sa campagne nationale, M. Harper s'est attaqué à Paul Martin, à son arrogance, à son manque d'intégrité et de principes. «Le Parti libéral du Canada a mis en place le système de patronage le plus perfectionné, le plus étendu et le plus coûteux de l'histoire du Canada. [...] On ne peut plus croire la parole d'un ministre ou du premier ministre pour savoir ce qui arrive à notre argent. Il faut se tourner vers la vérificatrice générale. Il faut se tourner vers la police», a déclaré le chef conservateur.
Si le premier ministre dit qu'il n'a rien vu ni rien entendu concernant le scandale des commandites, il n'a surtout rien fait, a affirmé M. Harper devant quelque 400 militants enthousiastes réunis dans un hôtel du centre-ville. «Paul Martin voudrait qu'on oublie qu'il était le numéro deux du gouvernement pendant près de dix ans. Il était assis à la droite de Jean Chrétien», a-t-il rappelé.
Le chef conservateur a également souligné que le Bloc québécois n'était pas un véritable choix pour que les Québécois expriment leur mécontentement. «Voter Bloc, ce n'est pas remplacer les libéraux fédéraux. C'est un vote qui n'accomplit rien. Et les libéraux fédéraux n'ont pas besoin seulement d'un coup de baguette sur les doigts. Ils ont perdu l'autorité morale nécessaire pour gouverner le Canada», a soutenu Stephen Harper qui s'est exprimé presque exclusivement en français.
En optant pour le Parti conservateur, le Québec choisirait le fédéralisme de coopération, a tenté de convaincre M. Harper. «Le Canada sans le Québec ne serait pas le Canada», a-t-il fait valoir, promettant de respecter l'histoire et les aspirations du Québec.
Le chef conservateur a donné sa parole que le français, tant au Québec que dans tout le Canada, serait une priorité. Un gouvernement conservateur réglerait également le dossier du déséquilibre fiscal que Paul Martin «a contribué à creuser».
Aussi, M. Harper a rappelé la victoire de Brian Mulroney en 1984. Comme il y a 20 ans, «il n'y a plus de comtés sûrs pour les libéraux fédéraux», a-t-il laissé tomber.
Depuis le déclenchement des élections dimanche, les salves fusent surtout entre conservateurs et libéraux.
Surfant sur la méfiance des Canadiens à l'égard de l'administration américaine, Paul Martin tentait dimanche d'associer les politiques conservatrices à celles du président américain George W. Bush: «Vous pouvez avoir un pays comme le Canada. Vous pouvez avoir un pays comme les États-Unis. C'est un choix à faire. Mais vous ne pouvez avoir un système de santé, des programmes sociaux à la canadienne, avec un niveau d'imposition comme aux États-Unis.»
Hier, le premier ministre a dû se défendre de verser dans l'antiaméricanisme, lui qui s'affichait récemment aux côtés du président américain à la Maison-Blanche: «Les Américains feront leurs propres choix. Mais je suis un Canadien, et je vais prendre les décisions en fonction de ce que je pense que les Canadiens veulent», a fait valoir Paul Martin, de passage hier à l'Île-du-Prince-Édouard.
Le premier ministre annoncera d'ailleurs aujourd'hui l'injection d'environ trois milliards par année en santé, ce qui porterait la contribution fédérale à 25 % des dépenses totales, comme le recommandait Roy Romanow dans son rapport sur le financement de la santé.
Plus tôt dans la journée, M. Harper s'était rendu dans les petites villes de l'est de l'Ontario, où le Parti conservateur caresse l'espoir de faire des gains importants. «Le premier ministre laisse entendre que nous sommes anti-canadiens parce que nous voulons simplement réduire les impôts», a-t-il affirmé, dans une province encore sous le choc du premier budget de Dalton McGuinty, qui passe outre à sa promesse de ne pas hausser les impôts.
Avec ironie, Stephen Harper a suggéré un nouveau slogan pour la plate-forme libérale: «Je suis Canadien, vous pouvez me faire payer des impôts.»
Attaques contre le Bloc
Bien qu'il ait choisi Stephen Harper comme cible favorite, Paul Martin n'épargne pas le Bloc québécois, accusant son chef Gilles Duceppe d'éviter sciemment de parler de souveraineté.
De passage dans le berceau de la Confédération qu'est Charlottetown, Paul Martin a affirmé: «Gilles Duceppe ne veut pas parler de souveraineté? Mais quand et où va-t-il en parler? Derrière des portes closes de son caucus, ou peut-être au téléphone avec le vigneron officiel du Bloc? [l'ancien premier ministre québécois Jacques Parizeau qui est propriétaire d'un vignoble dans le sud de la France]»
Cette attaque a suscité l'ironie du chef bloquiste: «On est des députés souverainistes et, à part Paul Martin, il n'y a pas grand-monde qui ignore ça au Québec. Ceux qui cachent leur nom actuellement, ce sont les libéraux! Ils ne veulent pas dire qu'ils sont rouges, ils préfèrent parler de l'équipe Martin.» Il a expliqué que la souveraineté ne pouvait se régler dans une élection fédérale: «Ça se fait en référendum ça. J'imagine qu'il [Paul Martin] comprend ça!»
Layton n'est pas en reste
Pour tenter de convaincre les électeurs qu'un gouvernement néo-démocrate ne serait pas un gouvernement qui augmenterait les taxes et les dépenses, le chef du NPD, Jack Layton, a promis qu'il n'y aurait pas de déficit pendant son mandat.
M. Layton a aussi promis d'éliminer la taxe sur les produits et services (TPS) sur certains biens essentiels pour les familles, comme les médicaments et les vêtements pour enfants.
Il a promis de faire le ménage au sein du gouvernement, en disant que les relations «intimes» entre le monde des affaires et le gouvernement devaient cesser. Selon lui, l'héritage du gouvernement libéral était un «legs tragique» de méfiance.
«Nous devons restaurer cette confiance [...] pour mettre fin à ce système de retour d'ascenseur, cette culture d'intimité où les lobbyistes et les initiés se promènent entre les salles de conseils d'administration et le bureau du premier ministre.»
Avec la collaboration d'Alec Castonguay et de La Presse canadienne
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