Les syndicats menacent de faire la vie dure aux libéraux
5 mai 2004
Canada
Ottawa — Après le gouvernement de Jean Charest, voilà que Paul Martin risque à son tour de faire face à la grogne des syndicats dans le dossier de l'assurance-emploi durant la campagne électorale à venir.
De passage à Ottawa hier, les dirigeants des grandes centrales syndicales du Québec ont indiqué sans détour qu'ils attendaient de pied ferme les candidats libéraux et qu'ils ne se contenteront pas de vagues promesses.
«On est venu dire, même si on a le sentiment que c'est du déjà vu, qu'on ne sera pas dupes et qu'ils vont nous entendre même s'ils pensent calmer la tempête avec des changements cosmétiques», a lancé Claudette Carbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), après son témoignage devant le comité parlementaire des ressources humaines.
D'une même voix, la CSN, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) ont dénoncé le projet «odieux» et «ironique» du gouvernement fédéral d'apporter quelques changements touchant les travailleurs saisonniers avant le déclenchement des élections. Les syndicats réclament plutôt une réforme en profondeur immédiate du programme sur l'assurance-emploi et non pas de simples promesses comme lors de l'élection de 2000.
Rappelant les récentes manifestations des syndicats au Québec, René Roy, secrétaire général de la FTQ, a mentionné que les comités d'accueil sont prêts à se faire entendre et que les troupes «sont capables de suivre les députés».
On peut tout de suite avancer sans se tromper que les syndiqués québécois auront à se faire entendre au cours des prochaines semaines puisque le ministre des Ressources humaines, Joe Volpe, admet qu'il sera impossible de mener rapidement une vaste réforme, compte tenu de l'échéancier électoral actuel.
«Il y a des individus qui essaient d'avoir une solution complète dans les prochains jours en prenant une baguette magique pour résoudre les problèmes de tout le monde aujourd'hui, a-t-il déclaré. C'est évidemment impossible.»
C'est également le point de vue de sa collègue du Patrimoine, Hélène Scherrer, pour qui les modifications pour les travailleurs saisonniers demeurent les plus urgentes afin de réduire la période du trou noir, c'est-à-dire le nombre de semaines où les travailleurs sont sans emploi mais ne reçoivent plus de prestations.
«Par la suite, si ça s'inscrit dans l'ensemble d'une grande réforme, on y verra, mais à plus long terme», a indiqué la ministre.
Si les élections ont bel et bien lieu en juin, comme le veut la rumeur, les libéraux pourraient donc devoir faire campagne sur quelques bonifications visant le trou noir, combinées à des promesses de faire plus, une fois élus.
Ces promesses risquent de susciter la frustration chez bien des chômeurs et des travailleurs qui ont eu droit aux mêmes promesses il y a un peu plus de trois ans. Les centrales syndicales et les partis d'opposition considèrent que c'est trop peu, trop tard. Ils ont de plus souligné que l'affaire est d'autant plus frustrante cette fois-ci que le gouvernement dispose depuis trois ans d'un rapport unanime du comité des ressources humaines comportant 17 recommandations précises pour ajuster le programme d'assurance-emploi à la réalité du marché du travail.
Les recommandations, qui s'apparentent aux revendications des syndicats, suggéraient entre autres de rendre le programme plus accessible, d'augmenter le nombre de semaines de prestations, de diminuer le nombre de semaines de travail pour se qualifier et de rendre autonome la caisse de l'assurance-emploi.
De passage à Ottawa hier, les dirigeants des grandes centrales syndicales du Québec ont indiqué sans détour qu'ils attendaient de pied ferme les candidats libéraux et qu'ils ne se contenteront pas de vagues promesses.
«On est venu dire, même si on a le sentiment que c'est du déjà vu, qu'on ne sera pas dupes et qu'ils vont nous entendre même s'ils pensent calmer la tempête avec des changements cosmétiques», a lancé Claudette Carbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), après son témoignage devant le comité parlementaire des ressources humaines.
D'une même voix, la CSN, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) ont dénoncé le projet «odieux» et «ironique» du gouvernement fédéral d'apporter quelques changements touchant les travailleurs saisonniers avant le déclenchement des élections. Les syndicats réclament plutôt une réforme en profondeur immédiate du programme sur l'assurance-emploi et non pas de simples promesses comme lors de l'élection de 2000.
Rappelant les récentes manifestations des syndicats au Québec, René Roy, secrétaire général de la FTQ, a mentionné que les comités d'accueil sont prêts à se faire entendre et que les troupes «sont capables de suivre les députés».
On peut tout de suite avancer sans se tromper que les syndiqués québécois auront à se faire entendre au cours des prochaines semaines puisque le ministre des Ressources humaines, Joe Volpe, admet qu'il sera impossible de mener rapidement une vaste réforme, compte tenu de l'échéancier électoral actuel.
«Il y a des individus qui essaient d'avoir une solution complète dans les prochains jours en prenant une baguette magique pour résoudre les problèmes de tout le monde aujourd'hui, a-t-il déclaré. C'est évidemment impossible.»
C'est également le point de vue de sa collègue du Patrimoine, Hélène Scherrer, pour qui les modifications pour les travailleurs saisonniers demeurent les plus urgentes afin de réduire la période du trou noir, c'est-à-dire le nombre de semaines où les travailleurs sont sans emploi mais ne reçoivent plus de prestations.
«Par la suite, si ça s'inscrit dans l'ensemble d'une grande réforme, on y verra, mais à plus long terme», a indiqué la ministre.
Si les élections ont bel et bien lieu en juin, comme le veut la rumeur, les libéraux pourraient donc devoir faire campagne sur quelques bonifications visant le trou noir, combinées à des promesses de faire plus, une fois élus.
Ces promesses risquent de susciter la frustration chez bien des chômeurs et des travailleurs qui ont eu droit aux mêmes promesses il y a un peu plus de trois ans. Les centrales syndicales et les partis d'opposition considèrent que c'est trop peu, trop tard. Ils ont de plus souligné que l'affaire est d'autant plus frustrante cette fois-ci que le gouvernement dispose depuis trois ans d'un rapport unanime du comité des ressources humaines comportant 17 recommandations précises pour ajuster le programme d'assurance-emploi à la réalité du marché du travail.
Les recommandations, qui s'apparentent aux revendications des syndicats, suggéraient entre autres de rendre le programme plus accessible, d'augmenter le nombre de semaines de prestations, de diminuer le nombre de semaines de travail pour se qualifier et de rendre autonome la caisse de l'assurance-emploi.
- » menace
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