Ottawa menace de congédier une fonctionnaire souverainiste
21 avril 2004
Canada
Ottawa — Le ministère fédéral du Patrimoine donne jusqu'à vendredi à une fonctionnaire pour prendre une décision lourde de conséquences: continuer à présider «Le Québec, un pays!», un groupe souverainiste de l'Outaouais, ou perdre son emploi.
Dans une lettre datée du 13 avril et dont la Presse canadienne a obtenu copie, Eileen Sarkar, sous-ministre adjointe de Patrimoine canadien, lance un ultimatum clair à Édith Gendron, qui est affectée depuis quatre ans à la direction générale des programmes d'appui aux langues officielles.
«Dans la mesure où vous auriez l'intention de maintenir votre poste au sein du ministère, nous vous demandons de renoncer au poste de présidente de l'organisation», écrit Mme Sarkar, en demandant à la fonctionnaire de lui faire parvenir sa réponse par écrit d'ici vendredi.
En février, Mme Gendron a informé ses supérieurs qu'elle allait devenir présidente du mouvement «Le Québec, un pays!», qui compterait plus d'une centaine de membres en Outaouais.
La haute direction de Patrimoine canadien lui a vite signifié que de telles fonctions pourraient «raisonnablement être perçues comme étant susceptibles d'entraîner un conflit d'intérêts» et qu'elles pourraient ainsi «mettre en cause [sa] capacité d'accomplir objectivement [ses] fonctions ministérielles». On cite à l'appui le Code de valeurs et d'éthique de la fonction publique.
Édith Gendron rétorque que son emploi n'a rien à voir avec son engagement souverainiste. «Je ne fais rien d'illégal, a-t-elle récemment déclaré. Je n'ai pas à être pénalisée pour des responsabilités que j'assume en dehors de mes heures de travail.»
Fait intéressant, Ottawa permettrait à Mme Gendron d'être simplement membre du groupe indépendantiste, à la condition qu'elle se taise.
«Il est bien entendu que, sous réserve de vous abstenir de toute déclaration publique relativement à cette organisation ou aux fins recherchées par celle-ci, le ministère ne s'objecte aucunement à ce que vous demeuriez membre de "Le Québec, un pays!"», mentionne la sous-ministre adjointe.
En 1991, la Cour suprême a pourtant reconnu que les fonctionnaires fédéraux ont des droits politiques et qu'ils peuvent les exercer, déplore le syndicat qui représente Édith Gendron, l'Alliance canadienne de la fonction publique (ACFP).
«Le traitement réservé à Mme Gendron est un procès politique d'autant plus inquiétant que plusieurs gestionnaires de Patrimoine canadien sont des militants libéraux actifs et que leurs activités ne sont nullement brimées», a commenté le vice-président de l'ACFP pour la région de la capitale, Ed Cashman.
Mme Gendron a obtenu l'appui de tous les partis d'opposition dans son combat. Le syndicat a déjà déposé des griefs contre les mesures prises à son endroit et compte la défendre si elle était congédiée.
Aux cabinets de la ministre du Patrimoine, Hélène Scherrer, et du ministre responsable de l'Agence de gestion des ressources humaines de la fonction publique, Denis Coderre, on a refusé hier de commenter l'affaire.
Dans une lettre datée du 13 avril et dont la Presse canadienne a obtenu copie, Eileen Sarkar, sous-ministre adjointe de Patrimoine canadien, lance un ultimatum clair à Édith Gendron, qui est affectée depuis quatre ans à la direction générale des programmes d'appui aux langues officielles.
«Dans la mesure où vous auriez l'intention de maintenir votre poste au sein du ministère, nous vous demandons de renoncer au poste de présidente de l'organisation», écrit Mme Sarkar, en demandant à la fonctionnaire de lui faire parvenir sa réponse par écrit d'ici vendredi.
En février, Mme Gendron a informé ses supérieurs qu'elle allait devenir présidente du mouvement «Le Québec, un pays!», qui compterait plus d'une centaine de membres en Outaouais.
La haute direction de Patrimoine canadien lui a vite signifié que de telles fonctions pourraient «raisonnablement être perçues comme étant susceptibles d'entraîner un conflit d'intérêts» et qu'elles pourraient ainsi «mettre en cause [sa] capacité d'accomplir objectivement [ses] fonctions ministérielles». On cite à l'appui le Code de valeurs et d'éthique de la fonction publique.
Édith Gendron rétorque que son emploi n'a rien à voir avec son engagement souverainiste. «Je ne fais rien d'illégal, a-t-elle récemment déclaré. Je n'ai pas à être pénalisée pour des responsabilités que j'assume en dehors de mes heures de travail.»
Fait intéressant, Ottawa permettrait à Mme Gendron d'être simplement membre du groupe indépendantiste, à la condition qu'elle se taise.
«Il est bien entendu que, sous réserve de vous abstenir de toute déclaration publique relativement à cette organisation ou aux fins recherchées par celle-ci, le ministère ne s'objecte aucunement à ce que vous demeuriez membre de "Le Québec, un pays!"», mentionne la sous-ministre adjointe.
En 1991, la Cour suprême a pourtant reconnu que les fonctionnaires fédéraux ont des droits politiques et qu'ils peuvent les exercer, déplore le syndicat qui représente Édith Gendron, l'Alliance canadienne de la fonction publique (ACFP).
«Le traitement réservé à Mme Gendron est un procès politique d'autant plus inquiétant que plusieurs gestionnaires de Patrimoine canadien sont des militants libéraux actifs et que leurs activités ne sont nullement brimées», a commenté le vice-président de l'ACFP pour la région de la capitale, Ed Cashman.
Mme Gendron a obtenu l'appui de tous les partis d'opposition dans son combat. Le syndicat a déjà déposé des griefs contre les mesures prises à son endroit et compte la défendre si elle était congédiée.
Aux cabinets de la ministre du Patrimoine, Hélène Scherrer, et du ministre responsable de l'Agence de gestion des ressources humaines de la fonction publique, Denis Coderre, on a refusé hier de commenter l'affaire.
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