L’ex-député néodémocrate Peter Stoffer présente ses excuses

L’ancien député néodémocrate Peter Stoffer, vendredi, à Halifax
Photo: Andrew Vaughan Associated Press L’ancien député néodémocrate Peter Stoffer, vendredi, à Halifax

Halifax — L’ancien député néodémocrate Peter Stoffer a multiplié vendredi les excuses concernant des comportements qui, admet-il, peuvent avoir été perçus comme étant humiliants ou inappropriés.

Il assure toutefois que son intention n’a jamais été d’insulter qui que ce soit ou de rendre les gens autour de lui mal à l’aise.

Il a formulé ces excuses après avoir fait l’objet, la veille, d’allégations de baisers et de gestes inappropriés de la part de femmes qui ont travaillé avec lui sur la colline parlementaire entre 2006 et 2009.

Le populaire ancien politicien et militant bien connu des droits des anciens combattants a déclaré, lors d’une conférence de presse à Halifax, qu’il « s’excuse profondément et qu’il regrette » ce qui s’est produit pendant qu’il représentait la circonscription néo-écossaise de Sackville-Preston-Chezzetcook à Ottawa.

M. Stoffer a nié catégoriquement toute agression physique ou sexuelle. Il a toutefois admis être une personne « affectueuse […] qui aime s’amuser », et que ses comportements peuvent donc avoir semblé inappropriés.

« Selon plusieurs commentaires que j’ai entendus récemment, formulés par certaines personnes que j’ai connues dans le passé, elles affirment que certains de mes comportements, certains de mes commentaires étaient inappropriés », a-t-il dit.

« Je m’excuse humblement et sans réserve pour cela. S’il y a un homme ou une femme qui, à un moment, s’est senti inconfortable… en raison de mon comportement peu importe sa forme, pour cela je m’excuse et je regrette humblement de les avoir placés dans cette situation. »

En tout, M. Stoffer s’est excusé à cinq reprises.

Une femme, Lauren Dobson-Hughes, a affirmé jeudi que M. Stoffer l’a agrippée et embrassée sans son consentement à deux reprises en 2006 et 2009. Mme Dobson-Hughes, qui travaillait pour le NPD, a déclaré au quotidien National Post que plusieurs députés et employés du parti étaient présents lors du deuxième incident, « mais personne n’a sourcillé ».

Elle dit s’être éventuellement plainte de la situation à sa patronne de l’époque, l’ex-députée Dawn Black. Celle-ci a expliqué au quotidien avoir transmis la plainte à l’ancien chef du parti, Jack Layton. Elle a ajouté avoir été « déçue » que M. Layton passe le dossier à la présidente du caucus du NPD de l’époque Judy Wasylycia-Leis, plutôt que de gérer la plainte lui-même.

Dans un message publié sur Twitter, Mme Dobson-Hughes affirme que les têtes dirigeantes du NPD ont ignoré un problème systémique.

« Pour moi, cela représente la manière dont les partis politiques — comme une pratique normale — font des pieds et des mains pour protéger leurs chances électorales et la réputation d’hommes abusifs, sur le dos de nombre de femmes ».

« Cela démontre comment les agressions et le harcèlement endémique existent en politique et comment les leaders ont résisté à seulement identifier cela comme étant un problème. Dans plusieurs cas, le leadership était justement le problème. »

Le leader du Nouveau Parti démocratique fédéral, Jagmeet Singh, a dit jeudi qu’il est « profondément troublé » par les allégations. Il a mentionné que le parti continuera « d’analyser, de renouveler et d’étendre » ses politiques en matière de harcèlement.