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Le blâme à tout le monde et à personne

Manon Cornellier   10 avril 2004  Canada
L’ancien ministre Alfonso Gagliano, le 18 mars dernier, lors de sa comparution devant le comité des Comptes publics.
Photo : Agence Reuters
L’ancien ministre Alfonso Gagliano, le 18 mars dernier, lors de sa comparution devant le comité des Comptes publics.
«Un ministre ne gère pas son ministère: il n'a ni le temps ni la liberté d'agir pour ce faire.» Lorsque Alfonso Gagliano a fait cette déclaration devant le comité des Comptes publics qui enquête sur le scandale des commandites, bien des députés sont restés bouche bée. Si un ministre ne dirige pas son ministère, qui le fait? Et si ça ne tourne pas rond, qui alors doit être tenu responsable? Le sous-ministre? Les fonctionnaires?
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  • Gilles Maurice Pépin
    Inscrit
    lundi 12 avril 2004 17h27
    Autorité et responsabilité
    « J'ai été fonctionnaire au gouvernement fédéral pendant plus de 25 ans. Lorsque j'ai suivi le cours réservé aux futurs cadres de la fonction publique, un des principes que l'on m'a répété ad nauseam était à l'effet que l'on peut déléguer son autorité, mais jamais sa responsabilité.

    En vertu des lois fédérales le ministre est la plus haute autorité responsable d'un ministère et il délègue son autorité aux fonctionnaires. Mais il demeure toujours responsable. Par exemple, le ministre Gagliano a dit devant le comité parlementaire qu'il signait les chèques de plus de 25 millions; c'est qu'il avait délégué son autorité de signer les chèques en bas de ce niveau aux fonctionnaires.

    Ce qui me surprend du témoignage de Monsieur Gagliano est de l'entendre affirmer qu'il n'était pas responsable et incapable de contrôler les ministères dont il avait l'autorité. J'espère que la conclusion du comité de la Chambre à son sujet sera qu'il était responsable mais totalement incompétent.

    Et, s'il est responsable, il doit être poursuivi pour les malversations qui ont eu lieu sous son autorité.

    Gilles Maurice Pépin »

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