L’Alberta décrète un embargo sur les vins de la Colombie-Britannique

La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley
Photo: Jason Franson La Presse canadienne La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley

Edmonton — Nouveau chapitre dans la bataille que se livrent les deux gouvernements néodémocrates dans l’ouest du pays sur les oléoducs : la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a annoncé mardi que les vins de la Colombie-Britannique ne seront plus vendus dans sa province.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique, formé de la coalition du Nouveau Parti démocratique et du Parti vert en juin dernier, ne veut pas donner son aval immédiatement à l’accroissement de la capacité de l’oléoduc Trans Mountain, qui achemine déjà du pétrole lourd de l’Alberta vers le port de Vancouver.

La coalition du premier ministre John Horgan souhaite d’abord examiner l’efficacité des mesures d’intervention et de décontamination en cas de déversement.

À sa sortie d’une réunion du cabinet, mardi, Mme Notley a rappelé que l’Alberta importe actuellement environ 17 millions de bouteilles de vin de la Colombie-Britannique, un commerce de 70 millions $ par année.

Elle estime qu’il s’agit d’un excellent levier pour faire comprendre au gouvernement voisin que l’Alberta ne se laissera pas faire sans broncher, même si la première ministre aurait préféré ne pas en arriver là.

Mme Notley a aussi annoncé que la Régie des alcools et des jeux de l’Alberta resserrera les contrôles sur la vente directe des producteurs aux consommateurs de sa province. Elle a demandé aux Albertains de faire preuve de solidarité la prochaine fois qu’ils commanderont un verre de vin, en optant plutôt « pour une bonne bière artisanale locale », par exemple.

« Ayez une pensée pour les travailleurs du secteur de l’énergie, pour vos voisins, votre patelin, notre province », a-t-elle lancé à l’intention de ses compatriotes.

Mme Notley avait déjà annoncé la semaine dernière que l’Alberta suspendait les pourparlers avec la Colombie-Britannique sur la vente d’électricité, qui rapporte jusqu’à 500 millions $ par année dans les coffres de la province côtière.

La première ministre a déjà estimé que le blocage du gouvernement de la Colombie-Britannique dans le dossier de l’oléoduc Trans Mountain constitue en fait une tentative inconstitutionnelle pour contourner le feu vert donné par Ottawa.

Les libéraux de Justin Trudeau ont approuvé le projet en novembre 2016, en imposant des dizaines de conditions au promoteur, Kinder Morgan. L’expansion de l’oléoduc Trans Mountain permettrait de tripler la capacité du réseau, qui passerait de 300 000 à 890 000 barils par jour de pétrole lourd acheminé jusqu’au port de Vancouver, à Burnaby.