Caroline Mulroney briguera la direction du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario

Caroline Mulroney était perçue comme l’une des principales prétendantes pour remplacer Patrick Brown dès que la démission de celui-ci a été annoncée.
Photo: Christopher Katsarov La Presse canadienne Caroline Mulroney était perçue comme l’une des principales prétendantes pour remplacer Patrick Brown dès que la démission de celui-ci a été annoncée.

Caroline Mulroney, avocate torontoise et fille de l’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney, se lance dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario.

Mme Mulroney a confirmé la nouvelle lors d’une série d’entrevues qu’elle a accordées dans un amphithéâtre du nord de Toronto. Elle a répondu aux questions des journalistes pendant que ses deux fils disputaient un match de hockey.

La mère de quatre enfants âgée de 43 ans a déclaré que, malgré la tourmente que traverse le parti depuis le départ inattendu de son chef Patrick Brown, les progressistes-conservateurs peuvent se rassembler et gagner les élections provinciales du 7 juin.

« Après 15 ans de gouvernement libéral, nous avons besoin d’un changement, a-t-elle dit. Les gens sont fatigués. Ils veulent un nouveau gouvernement. Ils veulent du changement. En conséquence, je me porte candidate. »

Caroline Mulroney, qui a étudié le droit à l’Université de New York, avait été désignée par acclamation pour être la candidate du Parti progressiste-conservateur dans la circonscription de York-Simcoe, au nord de Toronto, en vue des prochaines élections provinciales de juin.

En 2014, Mme Mulroney avait été nommée à l’Autorité du pont Windsor-Détroit pour superviser le développement d’une deuxième traverse frontalière entre les deux villes.

Elle a aussi cofondé le Shoebox Project en 2011, un organisme sans but lucratif qui ramasse et distribue des cadeaux pour les femmes itinérantes ou à risque d’itinérance.

Avant de sauter dans l’arène politique, Mme Mulroney était vice-présidente de la firme torontoise BloombergSen Investment Partner.

« Ce n’était pas son plan de briguer la direction, elle était très, très concentrée sur la circonscription et sur la communauté, et c’est là qu’elle a concentré ses efforts », a expliqué le député fédéral conservateur Peter Van Loan, qui a conseillé Mme Mulroney.

M. Van Loan souligne que, bien qu’elle soit nouvelle en politique, Caroline Mulroney s’est présentée comme une personne authentique et une travailleuse acharnée, ce qui lui a attiré des appuis dans la communauté — même parmi ceux qui la jugent selon son nom de famille.

« Elle a ses propres forces et ses propres talents intrinsèques, peu importe son nom », a-t-il soutenu.

Les avantages d’une néophyte

Le manque d’expérience politique de Caroline Mulroney sera sans contredit son plus grand défi, surtout lorsqu’elle fera face à des politiciens d’expérience, selon Kathy Brock, professeure de science politique à l’Université Queen’s de Kingston. Mais cela pourrait aussi jouer en sa faveur, car sa candidature apportera un peu de fraîcheur à un moment où le chef intérimaire s’est engagé à se débarrasser des « pommes pourries » dans le parti, a ajouté la politologue.

L’entrée de Mme Mulroney dans la course signifie que deux femmes bien connues tenteront de se faire élire par les membres du Parti progressiste conservateur, ce qui pourrait l’aider à améliorer son image, selon la spécialiste. L’ancienne députée Christine Elliott a annoncé sa candidature la semaine dernière.

« C’est peut-être le genre d’affaires dont ils ont besoin pour se remettre de l’incident avec [l’ancien président du parti, Rick] Dykstra, et Patrick Brown. Ça donne une nouvelle orientation, une nouvelle énergie et cela les met un peu plus en phase avec l’époque », a-t-elle poursuivi. MM. Brown et Dykstra ont démissionné à quelques jours d’intervalle après avoir fait l’objet d’allégations d’inconduite sexuelle, qu’ils nient en bloc tous les deux. Les allégations n’ont pas été vérifiées indépendamment par La Presse canadienne.

Le politicien de Toronto Doug Ford, le frère du défunt maire Rob Ford, est aussi dans la course. Certaines sources ont confié à La Presse canadienne que Rod Phillips, ancien patron de Postmedia, présentera également sa candidature dans les prochains jours.

Les candidats ont jusqu’au 16 février pour s’inscrire. Le nouveau chef sera annoncé le 10 mars.

2 commentaires
  • Pierre Samuel - Abonné 5 février 2018 08 h 22

    Copies simiesques...

    Bien sûr, nous assisterons éventuellement à un duel tout à fait < glamour people > : Caroline et Justin à l'instar des Américains Oprah et Donald ...

  • Gilles Bonin - Abonné 5 février 2018 09 h 06

    Je ne connais pas...

    cette jeune femme et je ne suis absolument pas conservateur style PCC, mais comptez sur la charité de ses «adversaire» pour lui rappeler qu'elle est en effet la fille de Mulroney qui traîne une peu de restant de petites casseroles - dommage aussi car M. Mulroney fut certainement l'un des rares premiers ministres canadiens, sinon le seul, à avoir pris au sérieux les aspirations nationales des québécois - qu'il est d'ailleurs.