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    Éditorial

    Statut de Jérusalem: le Canada s’efface

    Manon Cornellier
    23 décembre 2017 |Manon Cornellier | Canada | Éditoriaux

    En mars 2016, le premier ministre Justin Trudeau était fier d’annoncer que le Canada briguerait un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations unies, pour un mandat de deux ans débutant en 2021. Moins d’un an plus tard, on se demande s’il a l’intention de s’y tenir debout.

     

    S’il en avait été membre lundi dernier, qu’aurait-il fait ? Quatorze membres du Conseil, dont la France et le Royaume-Uni, ont condamné d’une seule voix la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y déménager son ambassade, ce qui a provoqué la colère du gouvernement Trump et le veto des États-Unis.

     

    Le Canada aurait-il fait cavalier seul ? On est en droit de se le demander à la lumière d’un vote tenu jeudi à l’assemblée générale. Une résolution allant dans le même sens et enjoignant à tous les pays de respecter les résolutions antérieures du Conseil de sécurité sur Jérusalem a été adoptée par 128 voix contre 9. Vingt et un pays n’ont pas voté et 35 se sont abstenus, dont le Canada, le seul pays du G7 avec les États-Unis à ne pas avoir soutenu la résolution.

     

    On peut se réjouir que le Canada ne se soit pas opposé, lui qui, depuis l’époque Harper, vote avec les Américains contre toute résolution jugée anti-Israël, une politique que le gouvernement Trudeau a poursuivie, au risque parfois de contredire la politique officielle du Canada dans ce dossier. La raison donnée est toujours la même : ces résolutions sont unilatérales ou partiales et ne contribuent pas à la résolution du conflit. L’ambassadeur canadien aux Nations unies, Marc-André Blanchard, l’a encore répété jeudi. C’est pourtant la décision américaine qui, actuellement, envenime ce conflit et nuit à la recherche d’une solution.

     

    Avant le vote de jeudi, l’ambassadrice américaine Nikki Haley avait averti que Washington se souviendrait des pays qui appuieraient la résolution. Après le vote, elle était livide et visait cette fois les Nations unies. Est-ce cette menace qui a refroidi le Canada, lui qui tente de sauver l’ALENA dans le cadre de négociations difficiles ? Après tout, le Mexique s’est aussi abstenu. Selon la Canadian Press, Ottawa a soupesé ses options pour conclure que s’abstenir était le meilleur moyen de n’offusquer personne.

     

    Depuis l’élection de Donald Trump, le gouvernement Trudeau marche sur des oeufs, murmure ses désaccords. Sa prudence est de mise, mais il ne faut pas s’illusionner, ce n’est pas cette abstention qui sauvera l’ALENA, Donald Trump étant ce qu’il est.

     

    Et il y a une limite à plier l’échine et à laisser nos principes se dissoudre sous la menace, le chantage et l’intimidation. Jeudi, le Canada a raté une occasion de le faire savoir.













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