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    Jagmeet Singh fait son mea culpa sur la question du bilinguisme à la Cour suprême

    15 décembre 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Jagmeet Singh s’était dit d’accord avec la nomination d’un juge autochtone qui ne parlerait, par exemple, que l’anglais et le cri, ou que le français et l’innu.
    Photo: Justin Tang La Presse canadienne Jagmeet Singh s’était dit d’accord avec la nomination d’un juge autochtone qui ne parlerait, par exemple, que l’anglais et le cri, ou que le français et l’innu.

    Le nouveau chef du NPD, Jagmeet Singh, admet qu’il a commis une erreur en se déclarant favorable à la nomination de juges à la Cour suprême qui ne parleraient que l’anglais ou le français en plus d’une langue autochtone. Il attribue cette erreur à son empressement à vouloir améliorer le sort de la communauté autochtone et dit avoir tiré une leçon de l’épisode.

     

    « Tous les juges de la Cour suprême doivent être bilingues, donc ils ne peuvent pas parler seulement l’anglais ou seulement le français », a insisté M. Singh au cours d’une entrevue de fin d’année avec Le Devoir.

     

    C’est la clarification la plus précise qu’il a apportée depuis sa déclaration contraire, faite il y a deux semaines.

     

    M. Singh s’était alors dit d’accord avec son député Romeo Saganash, qui juge colonialiste de ne pas considérer comme bilingues — et donc admissibles à la Cour suprême — les candidats qui ne parlent qu’une des deux langues officielles du Canada en plus d’une langue autochtone.

    Je pense que ce n'est pas si grave de faire des erreurs si on peut les régler après. C'est la vie.
    Jagmeet Singh, chef du NPD
     

    M. Singh s’était alors dit d’accord avec la nomination d’un juge autochtone qui ne parlerait, par exemple, que l’anglais et le cri, ou que le français et l’innu.

     

    Regrette-t-il ses paroles ? « Je pense que ce n’est pas si grave de faire des erreurs si on peut les régler après. C’est la vie. Je ne pense pas que c’est vraiment une erreur. Une erreur ne devient une erreur que si on ne la règle pas, explique M. Singh. Pour moi, c’est une occasion d’apprendre. »

     

    Le caucus québécois

     

    Et qu’a-t-il appris ? « J’ai appris que je suis de temps en temps peut-être un peu trop pressé. C’est ma personnalité. Je suis très passionnée par la justice et je veux m’attaquer à tous les enjeux. Donc c’est une partie de ma personnalité d’être comme ça, mais il faut aussi être clair avec le langage, avec ce que je veux dire. »

     

    Cela a-t-il créé un froid avec son caucus québécois de 16 députés ? Seule Hélène Laverdière l’a appuyé pendant la course à la chefferie, et plusieurs militants québécois avaient mis en garde contre son élection parce qu’il n’était pas jugé assez au diapason du Québec. « Non, c’était facile », assure le principal intéressé.

     

    « Mon équipe a mis le doigt [rapidement sur le problème] et j’ai dit qu’il fallait parler au caucus québécois pour clarifier mes valeurs. On a parlé rapidement avec le caucus, j’ai reconnu que oui, il y avait eu une erreur et que j’étais prêt à la corriger. »

     

    Des partielles décevantes

     

    M. Singh a aussi voulu minimiser l’importance des résultats des six élections partielles s’étant déroulées sous son leadership cet automne. Dans les six cas, la part du vote du NPD a dégringolé par rapport à l’élection générale de 2015.

     

    « C’est clair que je ne suis pas heureux des résultats, mais je ne suis pas surpris et je ne suis pas du tout découragé. Je savais déjà que le travail [qui m’attend] est difficile, qu’il y en a beaucoup, mais je suis prêt, assure-t-il. J’ai besoin de changer la direction du parti parce que depuis deux ans, le parti va dans la mauvaise direction. »

     

    Quand on lui demande ce qui doit être changé, il reste vague. Il évoque l’espoir de la victoire qui doit être insufflé à nouveau aux troupes, ou encore la nécessité pour son parti de « proposer » plutôt que de « seulement opposer ».

     

    Absent de la campagne

     

    Néanmoins, une question demeure : pourquoi n’a-t-il pas fait campagne lors des dernières partielles ?

     

    M. Singh ne s’est pas rendu dans Surrey-Sud–White Rock, en Colombie-Britannique, pendant la campagne, et il a seulement fait un événement public à Scarborough… dans un endroit situé en dehors des limites officielles de la circonscription de Scarborough–Agincourt, qui était en jeu. Scarborough est pourtant située en banlieue de Toronto, considéré comme le fief de M. Singh.

     

    Le chef affirme que cette décision était consciente. « On a décidé que c’était important de voyager à travers le pays, pas seulement de choisir un endroit ou un autre », dit-il en ajoutant qu’il a plutôt ciblé pour ses déplacements « les endroits où on peut rencontrer beaucoup de monde ».

     

    Sa présence à Scarborough relève même du hasard, puisqu’il avait décidé avant le déclenchement électoral d’y tenir un « JaseMeet » (c’est ainsi que son équipe appelle en français les rencontres informelles organisées avec le chef). « On a pris la décision d’où on voulait aller et on a suivi le plan. »













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