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    Éditorial

    Taxer Netflix: ça suffit, les boniments!

    Manon Cornellier
    8 décembre 2017 |Manon Cornellier | Canada | Éditoriaux

    Invitée de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, devra faire face vendredi à un auditoire qui attend autre chose que des louvoiements. L’iniquité fiscale qu’entretient son gouvernement entre les géants étrangers du Web et les entreprises d’ici ne peut durer plus longtemps.

     

    Une vaste coalition du monde culturel, syndical et des affaires en a fait son cri du coeur dans une publicité intitulée « 100 voix face à l’injustice », publiée mercredi dans plusieurs quotidiens québécois. Ottawa fragilise la culture québécoise et canadienne, y dit-on, en laissant des entreprises comme Netflix, Amazon et Google vendre leurs produits sans prélever les mêmes taxes de vente que doivent imposer leurs équivalents canadiens.

     

    Mise sur la sellette, la ministre a soudainement cessé de répéter que le gouvernement fédéral ne taxerait pas les produits intangibles étrangers. « Je n’ai pas négocié de congé de taxe de vente avec Netflix. Moi, j’ai présenté une politique culturelle et non pas une politique fiscale », a-t-elle offert comme nouveau refrain.

     

    C’est vrai, mais c’est omettre que, dans la foulée du dévoilement de sa politique et de l’entente conclue avec Netflix, elle a défendu sur toutes les tribunes le refus du gouvernement d’exiger de cette compagnie et de ses semblables qu’elles prélèvent la TPS.

     

    Il y a urgence d’agir, disait dans nos pages le fiscaliste Luc Godbout, car cette concurrence déloyale pénalise les entreprises canadiennes. Même le ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos, l’a reconnu mercredi.

     

    Mais M. Duclos et Mme Joly ne trouvent rien à dire de plus qu’ils « entendent » les doléances exprimées et que la discussion continue. Jeudi, le ministre Duclos a ajouté que la réflexion portait sur tout le commerce électronique et qu’aucune option fiscale n’était écartée, y compris la taxation. Une porte-parole du ministre fédéral des Finances a toutefois dit au Journal de Montréal mercredi qu’Ottawa ne prévoyait pas de changer d’approche.

     

    Si la ministre du Patrimoine tient à la survie des fournisseurs canadiens de produits culturels en ligne, elle doit annoncer la fin de la récréation pour les géants étrangers. Et le faire rapidement. L’idéal serait qu’elle profite de son discours vendredi pour entrouvrir la porte à un régime uniforme pour le commerce électronique.

     

    Le prétexte utilisé jusqu’ici par les libéraux pour justifier leur immobilisme était cette promesse de ne pas alourdir le fardeau fiscal de la classe moyenne. Cet argument ne convainc personne, et si le gouvernement croit ainsi mieux servir ses intérêts électoraux, il pourrait être surpris. Au Québec, c’est plutôt son aveuglement qui pourrait finir par lui coûter cher.













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