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    Cannabis: le projet de loi adopté aux Communes

    28 novembre 2017 | Mélanie Marquis - La Presse canadienne à Ottawa | Canada
    <p>La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor</p>
    Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne

    La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor

    Un pas supplémentaire est franchi vers la légalisation du cannabis au Canada. Les députés ont adopté lundi soir en Chambre le projet de loi C-45, renvoyant la balle dans le camp du Sénat, à environ sept mois de l’échéancier fixé par le gouvernement libéral pour légaliser la substance.

     

    Le projet de loi a été approuvé par 200 députés contre 82, ralliant l’ensemble des députés libéraux et néodémocrates présents au moment du vote, ainsi que la chef du Parti vert. Dans les banquettes conservatrices et bloquistes, les élus ont dit non — tous, sauf un conservateur qui a rompu la ligne de parti.

     

    La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, affirmait peu avant la mise aux voix de C-45 avoir hâte de « travailler en étroite collaboration » avec les membres de la chambre haute : « S’il y a quelque chose qu’on peut faire, leur offrir des informations, nous sommes prêts. »

     

    Son secrétaire parlementaire, Bill Blair, avait abondé dans le même sens, niant au passage que les libéraux agissaient précipitamment dans ce dossier. Il a par ailleurs voulu minimiser la décision d’imposer une limite de temps en Chambre en plaidant qu’il y aurait « toujours des questions ».

     

    Le chef conservateur, Andrew Scheer, qui est opposé à la légalisation du cannabis, a récemment prévenu que le caucus sénatorial de son parti userait de « tous les outils démocratiques » afin de ralentir la progression de la mesure législative gouvernementale.

     

    « Nous sommes maintenant concentrés sur le but de bloquer ce projet de loi. Notre caucus pense que ce projet de loi a de gros problèmes », a-t-il indiqué en entrevue avec La Presse canadienne, jeudi dernier.

     

    Report demandé

     

    Les velléités conservatrices ont semblé plaire à la chef bloquiste, Martine Ouellet. Le Sénat « ne devrait pas exister », mais « étant donné qu’il est encore là », les sénateurs devraient « faire un travail pour avoir un report de la mise en application » de C-45, a-t-elle lâché en mêlée de presse.

     

    Elle a critiqué l’insistance du gouvernement fédéral à avancer à toute vapeur malgré les doléances exprimées à l’Assemblée nationale, où les élus ont unanimement adopté il y a environ deux semaines une motion exhortant Ottawa à repousser d’un an l’entrée en vigueur de sa loi.

     

    Le député néodémocrate Alexandre Boulerice, qui s’est dit « d’accord sur le fond » avec le principe de légaliser le cannabis, reproche lui aussi aux libéraux d’avoir fait la sourde oreille au nom d’un « échéancier artificiel » qui n’a selon lui aucune raison d’être.

     

    « La date de juillet 2018 est absolument arbitraire. Il n’y a vraiment aucune raison de précipiter les choses », a-t-il tranché en mêlée de presse, accusant le gouvernement Trudeau d’avoir « empêché les parlementaires de faire le travail » en coupant court au débat en Chambre.

     

    « C’est un sujet controversé, c’est un sujet de société sérieux. Je pense qu’on doit bien faire les choses. Là, on pile sur les pieds des provinces, on inquiète les forces policières », a tonné l’élu néodémocrate dans le foyer des Communes peu avant le vote sur C-45.













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