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    Des excuses officielles d’Ottawa à la communauté LGBTQ

    20 novembre 2017 |Marco Fortier | Canada
    Le premier ministre Justin Trudeau s’était engagé à présenter au nom du gouvernement des excuses officielles aux Canadiens injustement persécutés. En photo, le premier ministre agitant le drapeau trans lors du défilé de la fierté, cet été, à Montréal.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le premier ministre Justin Trudeau s’était engagé à présenter au nom du gouvernement des excuses officielles aux Canadiens injustement persécutés. En photo, le premier ministre agitant le drapeau trans lors du défilé de la fierté, cet été, à Montréal.

    Le premier ministre Justin Trudeau présentera les excuses du gouvernement aux milliers de Canadiens qui ont été emprisonnés, privés d’un emploi ou harcelés, jusque dans les années 1990, en raison de leur orientation sexuelle.

     

    Les Forces armées canadiennes, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et la fonction publique fédérale ont un lourd passé de discrimination envers les personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles, transgenres ou queers (LGBTQ). Les homosexuels étaient tout simplement interdits dans ces organisations fédérales jusque dans un passé récent — jusqu’en 1992, dans le cas des Forces canadiennes.

     

    Comme il s’y était engagé, Justin Trudeau formulera des excuses officielles à ces Canadiens injustement persécutés, le mardi 28 novembre à la Chambre des communes, a confirmé dimanche le Bureau du premier ministre au Devoir. « On va respecter notre obligation envers ceux qui ont été ostracisés dans le passé », a indiqué Cameron Ahmad, porte-parole du premier ministre.

     

    Pierre Elliott Trudeau, le père de Justin, avait décriminalisé l’homosexualité en 1969, mais la discrimination contre les gais a néanmoins longtemps persisté dans l’appareil fédéral et ailleurs au pays. L’ex-maire de Montréal, Denis Coderre, s’est excusé lui aussi, lors du défilé de la Fierté 2017, pour les gestes passés du Service de police de la Ville de Montréal envers la communauté LGBTQ : descentes dans des bars, violence, arrestations abusives.

     

    Compensation financière

     

    Les groupes de défense des personnes LGBTQ se réjouissent des excuses imminentes du gouvernement canadien, mais soutiennent qu’il en faudra plus pour réparer les erreurs du passé — et du présent. Les groupes de défense des communautés LGBTQ réclament un dédommagement financier et des mesures concrètes pour aider les victimes de discrimination.

     

    Il est aussi question d’accorder un pardon à tous les Canadiens qui ont été emprisonnés pour leur simple orientation sexuelle, avant 1969.

     

    « À partir du moment où le gouvernement présente des excuses, habituellement, c’est accompagné d’un dédommagement. C’est logique », dit Laurent McCutcheon, militant de longue date pour la communauté LGBTQ.

     

    Des sources confirment que les discussions vont bon train en vue d’une entente entre Ottawa et des groupes militants ayant lancé une action collective contre le gouvernement fédéral. La pression des tribunaux force le gouvernement à agir, même si Justin Trudeau a déjà pris des mesures contre la discrimination envers les personnes LGBTQ, indique-t-on.

     

    Les crimes contre les Canadiens transgenres sont ainsi considérés comme des crimes haineux, en vertu d’un changement au Code criminel apporté le gouvernement Trudeau.

     

    « Il était temps que le gouvernement bouge. Les personnes LGBTQ sont comme les Premières Nations, on a été un groupe extrêmement fragilisé et ostracisé », a réagi Jasmin Roy, militant contre la discrimination envers les LGBTQ.

     

    Pour lui, le plus important est d’offrir du soutien aux gens en détresse à cause de leur orientation sexuelle. Ils sont nombreux, ces gens : 98 % des personnes transgenres vivent de la dépression ou de l’isolement, selon un vaste sondage rendu public au mois d’août. La majorité des homosexuels vivent aussi des épisodes de détresse, rappelle le responsable de la Fondation Jasmin Roy.

     

    Accroître les services

     

    Les personnes issues des minorités ethniques sont les plus fragiles et isolées, selon Jasmin Roy. Plusieurs cultures sont fermées aux minorités sexuelles et mettent au ban les personnes LGBTQ.

     

    Jasmin Roy réclame des services pour les gens vulnérables non seulement à Montréal, mais aussi en région. Les gens LGBTQ ne se confinent plus à des quartiers comme le Village, à Montréal, mais vivent dans les mêmes quartiers que tout le monde, n’importe où au Québec. « Ça prend des services dans les écoles, dans les CLSC, dans les cliniques. Les jeunes font leur coming out à 12 ans et demi. Dans mon temps, c’était à 18 ans », dit Jasmin Roy.













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