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    Lettre

    Ô Canna… bis

    14 novembre 2017 | François Thérien Montréal, le 11 novembre 2017 | Canada

    Les opposants à la légalisation du cannabis freinent des quatre fers pour en chambouler l’échéancier, sinon faire dérailler le processus au complet. Ils s’inquiètent d’être mal préparés à ce qui arrivera lorsque la marijuana sera légalisée.

     

    Pourtant, nos grands inquiets, députés, sénateurs et autres, devraient comprendre que le « problème » n’est pas dans l’avenir, mais qu’il est déjà et depuis longtemps parmi nous : la consommation est très largement répandue, l’accès est très facile, même pour les jeunes, et les recettes fiscales que les trois ordres de gouvernement espèrent partager ne sont qu’une fraction des sommes qui tombent aujourd’hui dans les poches du crime organisé. Leur postulat de base est que la consommation augmentera significativement. Cela s’est-il vérifié dans les quelques endroits qui ont légalisé la marijuana depuis quelques années ?

     

    Sauf erreur, on voit peu de références sérieuses à l’expérience de nos voisins dans le discours des opposants. On a plutôt l’impression d’une piètre connaissance, tant théorique que pratique, du produit et de ses effets. La légalisation ne sous-entend pas que le cannabis est (quoique moins nocif que l’alcool pourtant en vente libre à peu près partout) bon ; on y recourt parce que la prohibition est carrément mauvaise. Parlez-en, par exemple, à ceux qui se voient refuser l’entrée aux États-Unis pour un « crime » commis il y a plus de trente ans et qui ont obtenu leur pardon — sauf que celui-ci n’est pas reconnu par les Américains.

     

    La légalisation permettra un (meilleur) contrôle du produit et de sa distribution. Elle facilitera aussi la poursuite d’études scientifiques rigoureuses et le monitorage des impacts sur la société et sur les individus : les gouvernements auront alors la possibilité, au besoin, de modifier la loi, pour une fois sur la base de données probantes.













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