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    Yvon Godin réplique à Romeo Saganash

    «Il y a deux langues officielles au Canada, et c’est l’anglais et le français»

    10 novembre 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    L’ex-élu néodémocrate Yvon Godin
    Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne L’ex-élu néodémocrate Yvon Godin

    La sortie du député Romeo Saganash contre le bilinguisme « colonial » à la Cour suprême irrite au plus haut point son ancien collègue Yvon Godin. L’ex-élu néodémocrate refuse catégoriquement que la maîtrise d’une langue autochtone se substitue à celle de l’anglais ou du français.

     

    « Je ne suis pas d’accord », lance Yvon Godin au cours d’un entretien téléphonique avec Le Devoir. « Il y a deux langues officielles au Canada, et c’est l’anglais et le français. »

     

    M. Godin est en quelque sorte le père des projets de loi imposant le bilinguisme au plus haut tribunal du pays. Lorsqu’il siégeait à la Chambre des communes, le député néo-brunswickois a piloté trois projets de loi stipulant que, pour être nommée juge à la Cour suprême, une personne doit « comprendre l’anglais et le français sans l’aide d’un interprète ».

     

    Aucune de ses initiatives n’a pu être adoptée, soit par manque de temps, soit à cause de l’opposition du gouvernement. Son collègue François Choquette a pris le relais en faisant voter le projet de loi C-203 il y a deux semaines, mais il a été défait à son tour. Parmi les opposants se trouvent des députés du NPD, dont Romeo Saganash.

     

    M. Saganash estime qu’une personne parlant une langue autochtone en plus de l’anglais ou du français devrait être considérée comme bilingue aux fins de nomination à la Cour suprême ou d’obtention d’un poste désigné bilingue dans la fonction publique fédérale. Selon lui, « on perpétue avec ce projet de loi le colonialisme », car seules les langues des peuples colonisateurs sont reconnues.

     

    M. Godin rejette cet argument. Il rappelle qu’au Canada, les lois sont écrites simultanément en anglais et en français par deux équipes de légistes. Elles ne sont pas traduites. « Les juges sont là pour interpréter les lois du Parlement et elles ne sont pas rédigées en langues autochtones », rappelle-t-il.

     

    L’argument colonialiste ne l’atteint pas. « Ce n’est pas ça, les langues officielles au Canada. S’ils veulent avoir une troisième langue officielle, qu’on aille de l’avant, mais là, il y en a deux. » Il s’étonne d’autant plus de la position de M. Saganash que ce dernier avait voté pour son projet de loi C-208 (identique au C-203) en 2014.

     

    Pour M. Godin, l’important n’est pas tant de considérer les droits du titulaire d’un poste ou d’un aspirant juge, mais les droits des citoyens qui devront interagir avec cette personne. « Si, lorsque tu appelles à Ottawa, tu te fais répondre par quelqu’un qui parle anglais et cri, mais pas français, et que tu es francophone, on ne peut pas te servir. Ça deviendrait une autre excuse pour nous enlever le bilinguisme et pour réduire les services en français. »

     

    L’idée ne semble pas très répandue, mais elle pourrait faire des adeptes. « C’est la première fois ce matin [jeudi] que j’entendais parler de cela », lance le chef national du Congrès des peuples autochtones du Canada, Robert Bertrand. « Je suis d’accord ! » Craint-il une perte de services en français ? « Il existe de très bons interprètes au gouvernement fédéral », répond-il.













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