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    Les Métis déplorent d’avoir été exclus de l’entente

    11 octobre 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Duane Morrisseau-Beck et Colleen Cardinal, respectivement directeur et coordonnatrice du National Indigenous Survivors of Child Welfare Network.
    Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Duane Morrisseau-Beck et Colleen Cardinal, respectivement directeur et coordonnatrice du National Indigenous Survivors of Child Welfare Network.

    Une association consacrée à la défense des intérêts des enfants autochtones victimes de la rafle des années 1960 dénonce l’entente intervenue vendredi dernier avec Ottawa au motif qu’elle ne prévoit rien pour les Métis et les Indiens non inscrits.

     

    « Je suis très déçu qu’une entente inclusive n’ait pas pu être trouvée de manière à ce que ce moment historique soit significatif pour tous les survivants de la rafle des années 1960 », a indiqué en conférence de presse Duane Morrisseau-Beck, le directeur et cofondateur du National Indigenous Survivors of Child Welfare Network (NISCW), qui a ajouté se sentir « coupable », car il reconnaît que l’entente a du bon. « Après avoir lu l’entente, j’ai senti un vide dans mon ventre. Était-ce vrai ? Avaient-ils oublié ma nation métisse ? Immédiatement, j’ai pensé à la vieille tactique de diviser pour mieux régner. »

     

    La rafle des années 1960 fait référence à la décision du gouvernement fédéral à cette époque de déléguer aux provinces la responsabilité d’offrir des services d’aide à l’enfance aux autochtones. On estime que jusqu’à 30 000 enfants autochtones ont alors été retirés de la garde de leurs parents biologiques et placés dans des familles non autochtones où ils ont perdu leur langue et leur culture.

     

    En février dernier, un juge ontarien a statué dans la cause Brown qu’Ottawa avait failli à son obligation fiduciaire envers les autochtones en ne s’assurant pas auprès des provinces que la culture des enfants placés serait préservée. Ottawa a annoncé vendredi qu’il versera une somme de 750 millions pour dédommager les survivants visés par cette cause. Or cette cause concerne seulement les Indiens inscrits. Ottawa assure que son intention n’est pas d’en rester là.

     

    « Bien que l’entente de principe actuelle porte sur les revendications des personnes dans le recours collectif Brown et d’autres revendications similaires, cela ne signifie pas que toutes les questions liées à la rafle des années 1960 ont été réglées », écrit dans un courriel l’attachée de presse de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett. « Nous travaillerons avec nos partenaires provinciaux et territoriaux pour trouver une façon de réparer les préjudices subis par les autres personnes qui ont vécu la rafle des années 1960 — y compris les Métis. »

     

    À l’époque de la rafle, les Métis n’étaient pas reconnus comme des autochtones sous la responsabilité d’Ottawa. C’est en partie pour cette raison que des recours judiciaires ont été intentés aussi contre les provinces.

     

    En coulisses, on explique que Mme Bennett doit encore obtenir l’aval du cabinet avant d’entamer des pourparlers avec les Métis et les Indiens non inscrits en vue de s’entendre sur une compensation. Plus d’argent pourrait donc être offert. La compensation annoncée vendredi oscillera entre 25 000 $ et 50 000 $ par personne selon le nombre de personnes qui la réclameront.













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