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    Enquête sur les femmes autochtones: les explications des commissaires déçoivent

    22 septembre 2017 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Les commissaires Marion Buller et Michèle Audette, jeudi
    Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Les commissaires Marion Buller et Michèle Audette, jeudi

    C’était la première occasion pour les commissaires de l’enquête sur les femmes autochtones d’apaiser les inquiétudes des élus fédéraux qui voient aller leurs travaux sous le feu des critiques. Mais les réponses offertes jeudi ont profondément déçu les partis d’opposition.

     

    L’été a été difficile pour les commissaires de la commission d’enquête nationale. Premières Nations et familles de disparues ont carrément réclamé leur licenciement pour reprendre l’enquête du début.

     

    Invités en comité parlementaire à faire le point sur leur travail, les commissaires ont réitéré qu’il leur avait fallu du temps pour démarrer, en raison notamment de délais administratifs. « La bonne nouvelle est que, malgré les problèmes, on est sur la bonne voie », a assuré la commissaire en chef, Marion Buller.

     

    Derrière les portes closes, pendant que les communautés craignaient qu’il ne se passe rien, les employés ont notamment reçu plus de 7000 dossiers policiers de la Sûreté du Québec. Les équipes judiciaires, qui collaborent aussi avec la Gendarmerie royale, comptent analyser les habitudes d’enquête des corps policiers.

    Je n'ai pas entendu de plan très, très clair pour avancer à partir d'aujourd'hui
    Romeo Saganash, député néodémocrate
     

    Le député néodémocrate Romeo Saganash n’était cependant pas rassuré à sa sortie du comité. « Je suis aussi confus qu’avant. […] Je n’ai pas entendu de plan très, très clair pour avancer à partir d’aujourd’hui », a déploré l’élu cri, qui se demande aussi pourquoi la commission entend réclamer que soit prolongé son mandat de deux ans.

     

    Sa collègue Georgina Jolibois comprend mal que l’enquête nationale compte notamment sur les communautés et les organismes autochtones pour que les familles soient informées des processus d’inscription ainsi que des paramètres et dates d’audiences. « On dirait qu’il y a beaucoup de délestage. […] Vous avez les ressources, mais au niveau local, ce n’est pas le cas », a reproché la députée amérindienne Jolibois, au fil d’un échange corsé avec la commissaire Buller. Cette dernière a rétorqué que ces partenariats étaient élaborés avec des groupes qui souhaitent eux-mêmes participer aux travaux.

     

    Mme Jolibois, qui représente une circonscription à 70 % autochtone englobant toute la moitié nord de la Saskatchewan, a en outre fait valoir que les familles avaient du mal à s’inscrire auprès de la commission — ce qui leur permet d’avoir un soutien psychologique et de se rendre aux audiences aux frais de l’organisation. Seules quatre familles de sa grande région se seraient inscrites. Au total, 735 personnes l’ont fait au pays, a précisé la commissaire Michèle Audette, ce qui permet de garantir pour l’instant que chacune se verra rembourser, avec deux accompagnateurs, ses frais de déplacement. Mme Jolibois estime que ce devrait être le cas nonobstant le nombre d’inscrits, car le budget de 54 millions a été accordé aux familles, a-t-elle insisté. Au terme de l’année fiscale en cours, la commission aura épuisé 75 % de son budget.

     

    La conservatrice Lisa McLeod s’est de son côté mal expliqué les délais administratifs dénoncés par les commissaires, puisqu’un bureau de ministre — soumis aux mêmes normes gouvernementales — ne met pas autant de temps à embaucher son personnel et à être fonctionnel. Elle a en outre déploré que la ligne téléphonique de la commission mène à une boîte vocale. La commissaire Buller a assuré que des employés répondaient de vive voix. « Ceux qui m’ont rapporté leur expérience étaient alors peut-être très malchanceux lors de leurs multiples essais », lui a lancé, sceptique, la conservatrice.

     

    Les commissaires martèlent que tous seront rassurés en voyant démarrer les audiences publiques la semaine prochaine en Colombie-Britannique. Les commissaires déposeront aussi un rapport intérimaire en novembre, tirant des leçons d’une centaine de rapports et de 1200 recommandations épluchés depuis un an. Leur mandat doit normalement se terminer fin 2018.













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