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    Les Canadiens contre le retrait du nom de John A. Macdonald

    30 août 2017 |Jean-François Nadeau | Canada
    Selon des historiens, John A. Macdonald serait responsable de politiques de destruction des populations amérindiennes par la famine.
    Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Selon des historiens, John A. Macdonald serait responsable de politiques de destruction des populations amérindiennes par la famine.

    Une majorité de Canadiens est opposée à l’idée de supprimer le nom et les représentations de l’ancien premier ministre John A. Macdonald de l’espace public, du moins selon un sondage mené par l’institut Angus Reid entre le 25 et le 27 août : 55 % des Canadiens s’opposent à la volonté du syndicat des professeurs de l’Ontario (ETFO) d’aller en ce sens.

     

    L’ETFO soutient, sur la base de travaux d’historiens, que Macdonald, le tout premier premier ministre du Canada confédéral, est notamment responsable de politiques d’extermination des autochtones par la famine. Selon eux, il ne devrait plus avoir son nom sur les écoles ontariennes.

     

    Kathleen Wynne, la première ministre de l’Ontario, s’est prononcée contre cette motion adoptée par le syndicat des professeurs. Puis, à la suite du remaniement de son cabinet ministériel lundi, le premier ministre Justin Trudeau a lui aussi annoncé, depuis Rideau Hall, qu’il était hors de question de toucher au nom de Macdonald dans les institutions fédérales.

     

    Pourtant, le premier ministre Trudeau avait accepté en juin de supprimer le nom d’Hector Langevin attribué à un édifice de la colline parlementaire où se trouve son bureau.

     

    Ancien maire de Québec, Hector-Louis Langevin a occupé le poste de surintendant des Affaires indiennes pendant un an et demi, de mai 1868 à décembre 1869, pour devenir par la suite ministre des Travaux publics. Il était favorable à la création de pensionnats pour les autochtones.

     

    Au Québec, indique le sondage Angus Reid, 48 % des répondants étaient favorables au retrait du nom de l’ancien lieutenant politique que fut Langevin. Plus qu’en Ontario (41 %) et moins qu’en Colombie-Britannique (52 %). En moyenne, 42 % des Canadiens étaient d’accord pour que le nom de Langevin soit supprimé de la colline parlementaire.

     

    Au moment où Ottawa appliquait une politique de destruction des populations amérindiennes par la famine, c’est plutôt son chef Macdonald lui-même qui occupait ces fonctions, équivalentes aujourd’hui à celles de ministre des Affaires autochtones.

     

    Le sondage d’Angus Reid au sujet de la possibilité de débaptiser les lieux flanqués du nom de John A. Macdonald a été soumis au hasard à 1512 Canadiens d’âge adulte. Il comporte une marge d’erreur de plus ou moins 2,5 %.

     

    Concept moderne

     

    Si 55 % des Canadiens s’opposent à des mesures de retrait du nom de Macdonald, il s’en trouve tout de même 25 % qui sont tout à fait favorables à cette idée et 19 % qui ne savent tout simplement pas quoi répondre.

     

    Dans les questions soumises à 1512 Canadiens, le sondeur suggère qu’« en réévaluant les noms donnés aux monuments, nous devons tenir compte de la vie entière d’un individu et de l’héritage principal qu’il a laissé derrière lui ». Après avoir entendu cette suggestion sous forme de question, 69 % des répondants ont estimé que les figures historiques ne devraient pas être jugées à l’aune de « concepts modernes du racisme ».

     

    Pourtant, 41 % des répondants estiment du même souffle que des statues historiques comme celle de Cornwallis — le fondateur d’Halifax, responsable entre autres choses de l’extermination des Micmacs — seraient mieux à leur place dans des musées que sur la place publique. Commentaire d’Angus Reid en marge de l’analyse des résultats : « la plupart des Canadiens au temps de la Confédération auraient été jugés racistes, colonisateurs et misogynes ».

     

    Selon Angus Reid, les réponses des Canadiens sondés sur ces questions sont largement déterminées non pas par leur âge d’abord et avant tout, mais par leur position politique préalable.

     

    Ainsi, 76 % de ceux qui disent avoir voté par le passé pour les conservateurs sont contre le fait de toucher à la figure du conservateur John A. Macdonald.

     

    Il y a par ailleurs une chance sur deux pour que ceux qui votent d’ordinaire pour le Nouveau Parti démocratique soient favorables à ce que le nom de John A. Macdonald cesse d’être associé à des banques, à des hôtels, à des écoles, à des édifices publics autant qu’à des monuments.

     

    Selon une majorité de 66 % de Canadiens, un comité d’experts indépendants devrait être consulté pour savoir s’il faut ou non retirer un monument. Au Québec, 74 % des répondants affirment que ce devrait être le cas, le plus fort pourcentage d’un océan à l’autre.













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