Paul Martin regrette la gestion de l’affaire Khadr

Paul Martin affirme que son gouvernement avait les mains liées par ce qui avait été fait par les gouvernements précédents.
Photo: Simon Hayter Getty Images Paul Martin affirme que son gouvernement avait les mains liées par ce qui avait été fait par les gouvernements précédents.

Halifax — L’ancien premier ministre Paul Martin croit que le gouvernement canadien aurait pu éviter de verser une indemnisation de plusieurs millions de dollars à Omar Khadr s’il avait géré la situation différemment dès le début.

 

M. Martin était premier ministre lorsqu’Omar Khadr a été incarcéré à la prison de Guantánamo. En entrevue à La Presse canadienne après avoir reçu un prix à Halifax, M. Martin a déclaré qu’il aurait aimé qu’Ottawa adopte une approche différente dès les balbutiements de l’affaire Khadr.

 

M. Martin n’hésite pas à dire que le dossier a été mal géré par une succession de gouvernements. Il ajoute toutefois que son gouvernement avait les mains liées par ce qui avait été fait précédemment.

 

« Malheureusement, nous avons continué avec ce qui avait été établi par… les précédents gouvernements, et, certainement, on pourrait dire qu’on aurait pu en faire plus à ce stade-là, et j’aurais aimé qu’on le fasse. »

 

En 2002, le ressortissant canadien âgé de 15 ans était capturé en Afghanistan par l’armée américaine et conduit à la prison de Guantánamo, sur l’île de Cuba.

 

Paul Martin, qui est devenu premier ministre à la fin de 2003 après avoir servi dans les précédents gouvernements de Jean Chrétien, explique qu’il croyait que l’affaire Khadr serait réglée, avec le versement d’une compensation, avant même qu’il n’arrive au pouvoir.

 

« Si votre question est [“Est-ce que le versement d’une compensation de 10,5 millions aurait pu être évité] si l’affaire avait été gérée différemment dès le début ?”, alors la réponse est oui, mais cela n’a pas été géré différemment au début. »

 

La Cour suprême du Canada a tranché en 2010 que les autorités canadiennes ont violé les droits d’Omar Khadr lorsqu’elles l’ont interrogé à Guantánamo, puisqu’il était mineur, qu’il n’était pas représenté par un avocat et qu’il a été torturé.

 

Omar Khadr a intenté une poursuite de 20 millions contre le gouvernement canadien. Une entente a été conclue entre les deux parties en juillet, afin d’éviter un procès que plusieurs croyaient perdu d’avance pour le gouvernement fédéral.

  • Michel Lebel - Abonné 11 août 2017 07 h 57

    Un four!

    Oui! Toute cette gestion fut un four, y inclus celle de son gouvernement.

    M.L.

  • René Pigeon - Abonné 11 août 2017 10 h 04

    Votre gouvernement avait-il les mains vraiment liées par ce qui avait été fait sous Jean Chrétien ??

    Monsieur Martin,
    Il ne suffit pas de déclarer "que son gouvernement avait les mains liées par ce qui avait été fait précédemment."
    Il faut étayer votre affirmation qui a l'air gratuite.

    Entre autres détails, je soupçonne le ministre John Manley d'avoir plaider en faveur de la politique adoptée sous M. Chrétien.

  • Richard Olivier - Inscrit 11 août 2017 12 h 04

    Martin ?

    Celui qui ne voulait pas payer de impôts dans son canada A CHANGÉ la loi pour ses bâteaux.........

    Martin qui a OUVERT la porte au blanchiment $$ à la Barbade

    ETC

  • Pierre Fortin - Abonné 11 août 2017 17 h 27

    On appelle ça des excuses !


    Les excuses ne valent rien si elles ne contiennent pas la reconnaissance explicite de la nature de la faute et du dommage infligé à la victime de même que la responsabilité du manquement.

    D'ailleurs M. Martin s'empresse de refiler la responsabilité à d'autres : « Malheureusement, nous avons continué avec ce qui avait été établi par… les précédents gouvernements ... ».

    Par son geste inattendu, ne cherche-t-il pas plutôt à venir en aide à Justin Trudeau pour faire avaler le règlement de 10,5 M$ aux canadiens qui le trouvent malvenu ?