Journée nationale des Autochtones: l’édifice Langevin sera rebaptisé

<p>Justin Trudeau (ici en compagnie du chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde) a annoncé que son gouvernement rebaptise la Journée nationale des Autochtones pour en faire la Journée nationale des peuples autochtones.</p>
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne

Justin Trudeau (ici en compagnie du chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde) a annoncé que son gouvernement rebaptise la Journée nationale des Autochtones pour en faire la Journée nationale des peuples autochtones.

Ottawa — Pour marquer cette journée nationale des Autochtones, le premier ministre Justin Trudeau pose trois gestes symboliques, dont deux étaient longuement réclamés par les Premières Nations.

D’abord, son bureau, situé sur la rue face à la colline parlementaire, ne sera plus appelé l’édifice Langevin. Il avait été ainsi baptisé en l’honneur d’Hector-Louis Langevin, surintendant des Affaires indiennes dans le cabinet du premier ministre John A. Macdonald et considéré comme l’un des architectes du système de pensionnats autochtones.

« Nous vous avons entendus. […] Il y a une douleur profonde suscitée par le fait que cet immeuble porte un nom si étroitement lié à l’horreur des pensionnats autochtones », a déclaré le premier ministre, dans un discours prononcé mercredi après-midi.

Dorénavant, l’édifice sera tout simplement connu sous le nom de « bureau du premier ministre et du conseil privé ».

Le premier ministre a également confirmé que le 100, rue Wellington, l’ancien siège de l’ambassade américaine à Ottawa, face au parlement, deviendra un édifice emblématique des peuples autochtones.

« Cet espace […] sera converti en un espace pour les Autochtones. Un espace que les Premières Nations, les Inuits et la nation métisse seront appelés à imaginer, à planifier, à construire », a-t-il dit de l’édifice devant lequel il prononçait ce discours.

L’édifice de pierre calcaire, de style Beaux-Arts classique, a été construit au début des années 1930 pour abriter l’ambassade des États-Unis. Le gouvernement canadien l’a acquis en 1997 et l’édifice était vacant depuis 1998. Il avait été désigné « édifice fédéral du patrimoine classé » en 1985.

Enfin, le premier ministre a également annoncé que son gouvernement rebaptise la Journée nationale des Autochtones pour en faire la Journée nationale des peuples autochtones.

Profitant mercredi de cette journée nationale, célébrée au solstice d’été depuis 1996, le premier ministre a réitéré, dans son discours, qu’« aucune autre relation n’est plus importante pour le Canada que la relation que nous entretenons avec les peuples autochtones », soit les Premières Nations, les Inuits et la nation métisse.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a immédiatement apporté son soutien à cette nouvelle appellation, qui correspond davantage, selon lui, à la reconnaissance internationale des peuples autochtones. Son organisme avait d’ailleurs déjà adopté une résolution en ce sens.

M. Bellegarde croit que ce changement, petit en apparence, « constitue un pas de plus vers la reconnaissance que ces territoires sont d’abord la terre natale des nations et des cultures autochtones ».

Plus tôt ce mois-ci, la députée néodémocrate de Saskatchewan Georgina Jolibois avait déposé un projet de loi d’initiative parlementaire visant à faire de la Journée nationale des Autochtones un jour férié.

4 commentaires
  • Jacques-André Lambert - Abonné 21 juin 2017 13 h 41

    Rappel pour mémoire

    Un texte de Maxime Laporte et Christian Gagnon publié dans Le Devoir du 11 janvier 2017:
    "À quand le limogeage de John A. Macdonald?"

    Extrait: "Après tout, Macdonald a aussi créé les réserves indiennes dans le but d’exterminer par la famine les Amérindiens des Prairies en vue de faciliter le passage du chemin de fer du Canadien Pacifique, comme l’a indéniablement établi l’historien James Daschuk en 2013."

  • Robert Beauchamp - Abonné 21 juin 2017 14 h 57

    Rebaptiser en revisitant l'histoire

    Tant qu'à y être pourquoi ne pas rebaptiser la rue Amherst (ce général qui avait décidé de la distribution des couvertures contaminées comme arme bactériologique) en faveur de ''Rue de la Grande Paix'' - paix qui fut signée en 1701 avec les peuples autochtones.

  • Hermel Cyr - Abonné 21 juin 2017 16 h 21

    Curieux ...

    ...que les autochtones n'aient pas songé à demander le retrait du nom de John A. Macdonald des ponts, édifices, promenades et rues ... car c'est bien Macdonald qui est à l'origine d'un génocide organisé des peuples métis et autochtones de l'Ouest pour y faire passer son chemin de fer et développer ses colonies de Blancs venus de l'Europe anglo-saxonne et d'Europe orientale.

    • Pierre Laliberte - Abonné 23 juin 2017 11 h 26

      En effet, plus facile politiquement de s'attaquer au sous-fifre politique dont plus personne ne se rappelle que du fondateur de la fédération canadienne, véritable architecte de cette politique...