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    L’entourage de Raif Badawi presse Ottawa d’élever le ton

    17 juin 2017 |Sarah R. Champagne | Canada
    Une centaine de manifestants ont démontré leur soutien à Raif Badawi vendredi soir à la station de métro Mont-Royal.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une centaine de manifestants ont démontré leur soutien à Raif Badawi vendredi soir à la station de métro Mont-Royal.

    Quelque 1825 jours, plus de 200 vigiles et des dizaines de déclarations de députés indignés plus tard, il est toujours derrière les barreaux. Le blogueur saoudien Raif Badawi compte aujourd’hui cinq ans d’emprisonnement à cause de ses opinions : son entourage presse Ottawa d’agir avec plus de mordant.

     

    Des rassemblements ont eu lieu dans quatre villes du Québec vendredi. Il s’agissait de réclamer une « stratégie plus proactive de la part du gouvernement », a expliqué Anne Sainte-Marie, porte-parole d’Amnistie internationale Canada francophone, organisateur de ces événements.

     

    Les trois enfants Badawi ont livré un message tout aussi direct dans une vidéo diffusée ces derniers jours : « Monsieur Trudeau, prenez le téléphone, appelez le roi d’Arabie saoudite pour que notre père revienne », y affirment-ils, réfugiés à Sherbrooke avec leur mère, Ensaf Haidar. « Aide-moi. Parle avec l’Arabie saoudite directement », a également demandé celle-ci au premier ministre en octobre dernier.

     

    Le temps d’agir qui s’étiole

     

    Avant la campagne électorale fédérale de 2015, Justin Trudeau avait pourtant interpellé Stephen Harper en lui disant qu’il était « temps d’agir ».

     

    Cet étalage de bonnes intentions s’est fait plus discret, même si le ministère des Affaires étrangères affirme que le dossier de M. Badawi a été porté devant les plus hauts échelons. La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a soulevé ces préoccupations le mois dernier auprès de l’ambassadeur de l’Arabie saoudite au Canada, a indiqué Jocelyn Sweet, un porte-parole d’Affaires mondiales Canada.

     

    Des interventions qui paraissent aujourd’hui trop timides aux yeux d’Amnistie internationale, d’Avocats sans frontières Canada et du Barreau du Québec. « On a été assez doucement. On veut que le gouvernement provoque des occasions maintenant », expose Mme Sainte-Marie.

     

    Comme lors de la vente de véhicules blindés légers à l’Arabie saoudite en 2016, on reproche à Ottawa de faire passer ses intérêts stratégiques et commerciaux avant les droits de la personne. Le pays figure en tête de liste des exportations canadiennes de matériel militaire année après année.

     

    L’organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé en 2016 à suspendre l’adhésion du royaume saoudien au Conseil des droits de l’homme des Nations unies (OHCHR). HRW citait à cet effet des « violations flagrantes et systématiques des droits de la personne », notamment par des frappes aériennes qui ont tué des civils au Yémen.

     

    Ensaf Haidar, épouse de Raif Badawi, consacre son temps à réclamer sa libération sur toutes les tribunes. Elle est présentement en Europe pour cette raison, où une coalition d’organismes a porté sa déclaration en plénière de l’OHCHR.

     

    M. Badawi a été emprisonné le 17 juin 2012 pour avoir demandé une plus grande tolérance envers les non-musulmans et une plus grande ouverture d’esprit au régime saoudien. Il avait été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et 290 000 $ d’amende.













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