Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Programme fédéral de garderies

    Québec obtiendra 88 millions par année pour offrir un soutien direct aux familles

    13 juin 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Des enfants ont été mis à contribution dans le cadre de l’annonce du ministre fédéral du Développement social, Jean-Yves Duclos, portant sur les garderies.
    Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Des enfants ont été mis à contribution dans le cadre de l’annonce du ministre fédéral du Développement social, Jean-Yves Duclos, portant sur les garderies.

    Le gouvernement de Justin Trudeau respectera sa parole en matière de fédéralisme asymétrique, du moins en partie. Il permettra au Québec d’injecter l’argent lui étant imparti dans le cadre du nouveau programme fédéral de garderies dans les priorités qui seront les siennes, pourvu qu’elles prennent la forme d’une aide directe à la famille. Les répits destinés aux parents d’enfants handicapés, par exemple, pourraient s’en trouver gagnants.

     

    Les libéraux fédéraux avaient promis dans leurs deux précédents budgets de consacrer 7,5 milliards de dollars sur 11 ans pour financer la création de places en garderie à travers le pays. L’entente-cadre conclue lundi avec les provinces et territoires viendra baliser les négociations à venir sur l’utilisation de cet argent. Le Québec, dont la part s’élèvera à 88 millions de dollars par année d’ici 2020, obtient le droit de consacrer l’argent à autre chose.

     

    « Les conditions, il n’y en a pas, a lancé M. Duclos en point de presse. C’est une invitation que le gouvernement canadien lance au gouvernement du Québec de lui faire part de ses priorités de services directs aux familles. On le fait dans le plus grand respect et avec un souci de souplesse. »

     

    En entrevue avec Le Devoir, le ministre Duclos explique que son gouvernement ne voulait pas pour autant verser les millions dans le fonds consolidé de Québec. Pas possible, donc, la redirection de la somme vers la rémunération des médecins ou la réfection des routes. « C’est une question de transparence pour les gouvernements qui ont aussi des comptes à rendre à leurs citoyens. 88 millions par année, c’est quand même beaucoup d’argent. »

     

    Sans présumer des propositions que soumettra Québec, M. Duclos reconnaît que des investissements dans des services de répit destinés aux familles d’enfants autistes ou ayant un lourd handicap — des domaines où les besoins criants ont récemment fait l’objet de reportages — pourraient se qualifier. « J’entends aussi ces idées, dit-il. Ce sont des exemples de services directs à la famille. » À Québec, le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, s’est contenté d’indiquer qu’« on va investir la part qui nous revient dans nos infrastructures sociales et pour les familles ».

     

    Avec l’argent, les provinces pourront choisir de créer de nouvelles places, d’augmenter la qualité de places existantes ou d’en réduire le prix pour les parents. Aussi, le chiffre de 40 000 nouvelles places évoqué dans les deux budgets Trudeau n’est-il plus une cible fixe.

     

    Le ministre Duclos a rappelé que le Québec subventionne 200 000 places et dépense à lui seul la moitié de toutes les sommes gouvernementales investies au pays dans la garde d’enfants. « 40 000 places pour le Québec, ça peut sembler modeste, mais présentement, il y a environ 100 000 places subventionnées à l’échelle du pays, hors Québec. Alors 40 000 sur 100 000, c’est une augmentation de 40 %. C’est quand même significatif. »

     

    Aucune contrepartie financière ne sera exigée des provinces. En 2005, les libéraux de Paul Martin avaient conclu des ententes similaires, sous la direction du ministre Ken Dryden, mais elles avaient été annulées par les conservateurs de Stephen Harper arrivés au pouvoir l’année suivante. À l’époque, les libéraux projetaient de créer 250 000 avec un milliard de dollars par année pendant cinq ans.

     

    Bon prince, le NPD n’a pas voulu critiquer une initiative qu’il promettait lui-même en campagne électorale. « Je ne serai pas pisse-vinaigre », a lancé le député Alexandre Boulerice, qui se désole néanmoins qu’une bonne partie de l’argent promis arrive « dans deux élections générales ». La chef bloquiste Martine Ouellet, elle, estime que le Québec s’en tirerait mieux avec des rapatriements de points d’impôt pour prévenir toute coupe future « comme on a vécu du côté de la santé ».

     

    Avec Marie Vastel


    20 millions de plus Québec investit 40 millions dans les garderies subventionnées, dont la moitié est de l’argent frais, pour préparer les enfants à faire une entrée réussie à l’école.

    L’enveloppe servira notamment à améliorer la qualité des services, former le personnel, soutenir les actions facilitant la transition scolaire des enfants de 4 ans, et favoriser l’intégration d’enfants handicapés, a déclaré le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, en point de presse à Québec, lundi.

    Le ministre a aussi rappelé l’investissement de 1,5 million de son gouvernement pour permettre aux Centres de la petite enfance (CPE) de réaliser des travaux d’infrastructures cette année.

    L’appel de projets lancé lundi s’adresse à l’ensemble des CPE qui ont des travaux de rénovation nécessaires ou urgents à effectuer, a-t-il dit, comme la réfection de toitures, le remplacement de portes et fenêtres ou la réparation de rampes d’accès pour personnes handicapées.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.