Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Énergies fossiles

    L’hypocrisie environnementale du gouvernement Trudeau

    23 mai 2017 | Louise Morand - Comité vigilance hydrocarbures de L’Assomption | Canada
    Le froid, la pluie, les vents violents et les inondations que nous connaissons ce printemps sont assez éloquents sur l’urgence d’agir pour stopper les dérèglements climatiques en cours, selon Louise Morand, du Comité vigilance hydrocarbures de L’Assomption.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le froid, la pluie, les vents violents et les inondations que nous connaissons ce printemps sont assez éloquents sur l’urgence d’agir pour stopper les dérèglements climatiques en cours, selon Louise Morand, du Comité vigilance hydrocarbures de L’Assomption.

    Bien que Justin Trudeau se soit fait élire en promettant d’éliminer les subventions aux énergies fossiles, de tenir compte de la science et de la volonté des populations dans l’analyse des projets de développement liés aux hydrocarbures et de lutter contre les changements climatiques, ses actions vont dans un sens diamétralement opposé à ses engagements.

     

    Le gouvernement de Justin Trudeau continue de donner chaque année autour de 3,3 milliards de dollars en cadeaux aux pétrolières et gazières. Malgré l’opposition massive des populations, il a autorisé la construction de trois importants pipelines (Trans Mountain, Enbridge et Keystone XL) et un immense projet d’exportation de gaz naturel, même si ces projets sont incompatibles avec l’engagement du Canada fait lors de la conférence de Paris sur le climat (COP21). Justin Trudeau n’a pas non plus changé la cible déjà insuffisante de réduction des gaz à effet de serre (GES) fixée par Harper et il continue de passer outre au droit des premières nations à un environnement sain. Tout récemment, le premier ministre du Canada vient encore de renier sa promesse de réglementer les émissions de méthane, un gaz au moins 34 fois plus à effet de serre que le CO2, pour aligner sa politique sur celle de Donald Trump.

     

    Le leader de la lutte contre les changements climatiques Bill McKibben a qualifié Justin Trudeau d’hypocrite et de « désastre pour la planète ». Le froid, la pluie, les vents violents et les inondations que nous connaissons ce printemps sont assez éloquents sur l’urgence d’agir pour stopper les dérèglements en cours. Le débat scientifique n’est plus à faire. Nous savons qu’il faut désormais laisser le charbon, le gaz et le pétrole dans le sol. Il nous reste à peine une décennie pour nous débarrasser de notre dépendance aux hydrocarbures.

     

    Lors du méga-incendie qui a dévasté la forêt boréale dans la région de Fort McMurray en 2016, le mot El Niño était sur toutes les lèvres, mais à peu près aucune allusion n’a été faite à la crise climatique. Et le silence a été à peu près total sur le fait qu’en raison de la sécheresse, l’Alberta a perdu presque l’entièreté de ses récoltes. Lorsque la route 132 en Gaspésie est emportée par les vagues et que l’autoroute 25, au nord de Montréal, s’effondre à cause des pluies torrentielles, du gel et du dégel, on ne parle pas encore de ce qui se profile à l’horizon de 2025. Rendre compte des prévisions des scientifiques risquerait de priver les consommateurs de l’envie de consommer. Et nous savons tous que, dans notre système économique mondialisé, cela serait comparable à l’enfer du Moyen-Âge. C’est-à-dire un enfer fabriqué de toutes pièces pour conserver l’ordre établi et l’obéissance des fidèles.

     

    Le silence est tout aussi grand en ce qui concerne les scénarios de sortie de crise qui existent pourtant pour le Canada. En 2015, un groupe de 60 scientifiques canadiens ont produit un rapport intitulé Agir contre les changements climatiques : solutions d’universitaires canadiens et canadiennes, qui présente dix orientations stratégiques pour sortir de l’impasse. Les premières mesures préconisées dans ce rapport, facilement applicables dès maintenant, sont d’arrêter de subventionner les énergies fossiles, de taxer suffisamment le carbone et d’utiliser l’entièreté du produit de cette taxe à l’établissement des infrastructures nécessaires pour nous débarrasser de notre dépendance au pétrole et autres hydrocarbures. Selon ces chercheurs, le Canada pourrait être alimenté à 100 % en énergies renouvelables d’ici dix ans.

     

    D’autres initiatives ont été imaginées telles que des quotas nationaux d’énergie distribués à tous les citoyens sous la forme d’une carte à débiter chaque fois qu’on va faire un plein d’essence. Ceux qui consomment davantage pourraient acheter un supplément auprès de ceux qui n’auraient pas épuisé leur réserve, de sorte qu’il deviendrait payant de diminuer sa consommation d’hydrocarbures. Ces initiatives brillantes sont malheureusement négligées par nos gouvernements.

     

    Selon le climatologue de réputation internationale Kevin Anderson, la probabilité que l’humanité parvienne à éviter une hausse incontrôlable de la température globale terrestre est de 5 %. La probabilité que l’humanité ne parvienne pas à conserver des conditions propices à la vie sur la Terre pour les générations qui viennent est de 95 %.

     

    Devant l’impasse politique, il ne faut plus rester seul. Il faut s’unir afin de bloquer la route aux foreuses et aux pipelines et exiger le respect du droit de nos enfants à un avenir viable. Joignez-vous à un groupe qui milite contre les projets d’hydrocarbures, pour la transition énergétique, pour la protection de nos ressources vitales.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.