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    Les organisations pro-vie s’immiscent dans la course au PCC

    28 avril 2017 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    L’organisme REAL Women a été «très actif» dans la course à la chefferie conservatrice, invitant ses membres à se procurer une carte de membre.
    Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne L’organisme REAL Women a été «très actif» dans la course à la chefferie conservatrice, invitant ses membres à se procurer une carte de membre.

    Le mouvement pro-vie suit de près la course à la chefferie du Parti conservateur. Mais aucun des deux meneurs ne lui convient. Si plusieurs croyaient que le pro-vie Andrew Scheer profiterait d’office de son appui, tel n’est pas le cas, parce que la frange sociale du Parti conservateur lui reproche d’être encore trop timide sur la question.

     

    « Préserver une voix pro-vie au sein du Parti conservateur du Canada est essentiel. Parce que les autres partis ont délibérément exclu tout débat et désaccord », fait valoir Johanne Brownrigg du groupe Campaign Life Coalition. « Le mot d’ordre au sein du mouvement pro-vie du Canada était très fort : impliquez-vous et votez. »

     

    Le message est le même chez deux groupes pro-vie contactés par Le Devoir jeudi. Il faudra voter pour le Saskatchewanais Brad Trost ou l’Ontarien Pierre Lemieux.

    Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Brad Trost
     

    Pourtant, Andrew Scheer, lui aussi de la Saskatchewan, se dit lui-même pro-vie. « C’est un bon gars, mais il est devenu mou sur l’avortement, déplore Charles McVety, président du Canada Christian College. Il a pris une position semblable à celle de Stephen Harper : il ne fera rien sur la question, pas même sur celle des avortements sexo-sélectifs. »

     

    Son organisme recommande donc à ses membres de ne voter que pour M. Trost et M. Lemieux, et les laisse libres de décider des choix subséquents qui seront apposés aux bulletins de vote préférentiels.

     

    La déception est partagée par Mme Brownrigg. Campaign Life Coalition — qui estime avoir encouragé 7000 personnes à se procurer une carte de membre du Parti conservateur pour participer au vote — appuie uniquement MM. Trost et Lemieux.

    Le mot d'ordre au sein du mouvement pro-vie du Canada était très fort : impliquez-vous, et votez
    Johanne Brownrigg, du groupe Campaign Life Coalition
     

    Bien qu’Andrew Scheer ait promis qu’il permettrait à un député d’arrière-ban de présenter un projet de loi privé sur l’avortement, ce n’est pas suffisant. Aux yeux de plusieurs, « cela veut dire “je ne vais rien faire sur cet enjeu” », explique Mme Brownrigg. « La plupart du temps, si ce n’est pas un projet de loi du gouvernement — parrainé en comité parlementaire et au Sénat —, la proposition législative échoue. »

     

    L’organisme REAL Women a lui aussi été « très actif » dans la course à la chefferie conservatrice, admet sa vice-présidente Gwen Landolt, invitant ses membres à se procurer une carte de membre. REAL Women recommande aussi d’appuyer Brad Trost et Pierre Lemieux. « Les deux sont pro-vie à 100 %. Alors, nous voulons qu’ils soient les premier et second choix, dans l’ordre ou le désordre. »

    Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Pierre Lemieux
     

    L’organisme n’exclut pas pour autant entièrement Andrew Scheer, qui affiche lui aussi un « bilan pro-vie parfait. […] Mais il a dit qu’il ne déposerait pas de projet de loi sur l’avortement. Alors, c’est une préoccupation pour nous. C’est pour cela que nous le mettons en troisième place ».

     

    Andrew Scheer a fait valoir au Devoir, la semaine dernière, qu’un « bon chef tente de rassembler les gens » plutôt que de légiférer sur une question comme l’avortement, qui divise le caucus conservateur. Il reviendrait à ses députés de rouvrir le débat, s’ils le souhaitent.

      

    « Je voterai toujours en respectant ma conscience », avait-il alors indiqué.

     

    Une stratégie dénoncée

     

    Or, cette timidité fâche des conservateurs sociaux qui a priori l’auraient pourtant appuyé. « Quand un homme fait passer la politique avant ses convictions, cela fait déchanter les gens », reproche Charles McVety.

     

    « On comprend pourquoi. S’il le faisait, il serait attaqué, tout comme Stephen Harper l’a été, explique Gwen Landolt. Rappelez-vous comme on disait de Stephen Harper qu’il avait des intentions cachées sur l’avortement et comme il devait passer chacune de ses élections à dire qu’il n’en avait pas. Nous comprenons qu’ils ne veulent tout simplement pas être enquiquinés. »

     

    Le groupe Right Now, qui dit avoir facilité la vente de 2000 à 5000 cartes de membre du PC à ses militants pro-vie, refuse lui aussi de se formaliser de la retenue d’Andrew Scheer.

    Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Andrew Sheer
      

    « Ce n’est pas un secret qu’Andrew Scheer est en meilleure posture dans les sondages que Pierre Lemieux ou Brad Trost, résume la cofondatrice du groupe Alissa Golob. S’il y a un candidat qui a davantage de chances de gagner, évidemment, on encouragera les gens à ne pas l’exclure de leur bulletin de vote. »

     

    La stratégie contraire du Canada Christian College ou de Campaign Life Coalition en est une « de groupes qui ne savent pas comment gagner politiquement », déplore-t-elle.

     

    Right Now suggère donc de voter pour Pierre Lemieux, suivi d’Andrew Scheer et de Brad Trost. Maxime Bernier arrive au sixième rang de leur recommandation.

     

    Gwen Landoldt estime de son côté que Maxime Bernier serait probablement quatrième sur sa liste — puisqu’il s’est engagé lui aussi à permettre à ses députés de légiférer et de voter selon leur conscience. Mais la vice-présidente de REAL Women espère que le gagnant sera l’un de ses trois premiers choix, car M. Bernier demeure pro-choix, selon elle.

     

    Maxime Bernier refuse de préciser sa position personnelle sur l’avortement, parce qu’il ne veut pas « teinter le parti sur une position »,disait-il au Devoir la semaine dernière. Si un député déposait un projet de loi sur la question ? « Je pourrais voter pour, je pourrais voter contre », répliquait-il évasivement.

     

    Andrew Scheer n’était pas disponible pour s’entretenir avec Le Devoir jeudi. Son équipe note que les positions de son candidat et de M. Bernier sont les mêmes. On ne s’inquiète donc pas outre mesure de perdre ces appuis.

    Avec Hélène Buzzetti
     

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