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    Emplois d'été

    Emplois d’été: les libéraux ne financeront plus les groupes pro-vie

    15 avril 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Ordre a été donné aux députés libéraux fédéraux de ne pas accorder de subvention à l’emploi aux groupes pro-vie.
    Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Ordre a été donné aux députés libéraux fédéraux de ne pas accorder de subvention à l’emploi aux groupes pro-vie.

    Le gouvernement de Justin Trudeau plaide l’erreur et promet de corriger le tir. Il ne sera plus possible qu’un organisme pro-vie reçoive une subvention fédérale pour offrir des emplois d’été à des jeunes. Du moins, pas de la part d’un député libéral.

     

    L’histoire a été mise au jour par le site iPolitics. Le groupe opposé à l’avortement Canadian Centre for Bio-Ethical Reform a reçu en 2016 une somme de 56 695 $ du programme Emplois d’été Canada pour embaucher des jeunes. La subvention avait été approuvée par la libérale torontoise Iqra Khalid. Pourtant, Justin Trudeau avait promis en campagne électorale que tous ses députés seraient tenus d’adopter une position pro-choix dans leurs décisions.

     

    Le programme Emplois d’été Canada finance des emplois destinés à des personnes âgées de 15 à 30 ans au sein d’organismes sans but lucratif, d’entreprises ou d’institutions gouvernementales. La subvention couvre 100 % du salaire minimum dans le cas des OBNL et 50 % pour les autres. Bien que ce soit le ministère Emploi et Développement social qui reçoive les demandes de subvention et en vérifie la conformité, ce sont ultimement les élus qui les accordent. Chacun des 338 députés reçoit une liste des demandes valides dans sa circonscription et choisit celles lui apparaissant les plus en phase avec les « priorités locales ».

     

    Il a été impossible en ce vendredi de Pâques de joindre le Canadian Centre for Bio-Ethical Reform pour connaître la nature des emplois financés avec l’argent fédéral. Toutefois, son site Internet vante son programme de stages au terme duquel les stagiaires seront « parmi les militants pro-vie les mieux formés et les plus efficaces du pays ». Une photo accompagne le texte, sur laquelle on voit deux jeunes femmes arborant une affiche sanglante d’un foetus avorté s’adressant à trois passants devant les édifices du Parlement à Ottawa.

     

    Le bureau de Mme Khalid n’a pas rappelé Le Devoir vendredi. Il avait indiqué à iPolitics, au nom de la députée, que la subvention avait été accordée « par inadvertance ». « C’est pourquoi nous nous sommes assurés que, cette année, cette organisation ou d’autres organisations similaires ne recevront pas de financement dans la circonscription de Mississauga-Erin Mills. »

     

    Les demandes de subvention sont présentement à l’étude pour l’été 2017. Le bureau de la ministre responsable du programme, Patty Hajdu, a indiqué que le mot d’ordre avait été donné aux députés libéraux de ne pas accorder de subventions à des groupes pro-vie cette année. Une source indique qu’il n’est toutefois pas possible d’astreindre les députés des autres formations politiques à ces mêmes exigences, par respect pour la liberté d’opinion. iPolitics a retrouvé la trace des subventions accordées à des groupes pro-vie par des élus conservateurs.

     

    Cependant, le porte-parole de Mme Hajdu a indiqué que le pouvoir des députés de choisir eux-mêmes ceux qui reçoivent ces subventions est remis en question par la ministre. « Cela soulève d’importantes questions concernant la façon dont les décisions de financement du programme sont prises. Le ministre s’engage à se pencher sur cette question à temps pour l’année prochaine », écrit Matt Pascuzzo.

     

    En coulisses, on explique que les députés ne sont pas toujours au fait des idées préconisées par les organismes déposant les demandes. On donne l’exemple des camps de jour. Des églises peuvent solliciter une subvention pour embaucher des jeunes moniteurs. Le député qui donne son feu vert ne vérifie pas pour autant ce qui est enseigné dans ces camps de jour.

     

    Le gouvernement de Justin Trudeau a doublé l’an dernier le budget d’Emplois d’été Canada, à 220 millions par an. Le nombre d’emplois financés devait ainsi passer à 70 000 par été.













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