Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    L’innovation au coeur du budget Morneau

    23 mars 2017 | François Desjardins à Ottawa | Canada
    Disant vouloir tirer des accords de libre-échange existants et nouveaux, Ottawa prévoit pour l’effort global en innovation des sommes de 950 millions sur cinq ans.
    Photo: Agence France-Presse Disant vouloir tirer des accords de libre-échange existants et nouveaux, Ottawa prévoit pour l’effort global en innovation des sommes de 950 millions sur cinq ans.

    Le gouvernement Trudeau en fait de nouveau un thème central de son budget : dans un monde de plus en plus automatisé, les compétences et l’innovation doivent nécessairement figurer au coeur de la croissance économique canadienne, laquelle passera notamment par le développement des technologies propres et le déploiement de « supergrappes ».

     

    Disant vouloir tirer des accords de libre-échange existants et nouveaux, Ottawa prévoit pour l’effort global des sommes de 950 millions sur cinq ans, dont seulement 50 millions en 2017-2018.

     

    De cette somme, 800 millions proviennent des annonces faites dans son budget 2016 et 150 millions de ses initiatives en infrastructure dévoilées à l’automne dernier.

     

    Les supergrappes, que le gouvernement évoque en mentionnant des exemples comme la Silicon Valley et Berlin, pourraient tourner autour d’un certain nombre de secteurs comme la « fabrication de pointe, l’agroalimentaire, les technologies propres, la technologie numérique, les sciences biologiques » et les technologies propres.

    400 millions
    Capital de risque. Enveloppe disponible par l’entremise de la Banque de développement du Canada, pour les entreprises qui ont atteint un stade un peu plus avancé que celles en démarrage.
     

    Un concours sera organisé dès cette année, et Ottawa s’engage à ce que ces industries accueillent plus de femmes qu’auparavant.

     

    Dans le cadre des consultations prébudgétaires, les neuf grappes montréalaises avaient justement suggéré au gouvernement de s’inspirer de leur modèle, en insistant toutefois sur le fait que les « politiques les plus efficaces » sont celles « menées de façon organique par les entreprises regroupées entre elles ». « Il est important que le gouvernement du Canada tienne compte des tissus industriels de ses régions », avaient-elles écrit dans leur mémoire.

     

    La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a vu dans les intentions d’innovation une « excellente nouvelle » pour la métropole.

     

    Compétences

     

    En parallèle, Ottawa place la formation dans ses priorités. Par exemple, le gouvernement affirme qu’un prestataire de l’assurance-emploi qui retourne sur les bancs d’école pour parfaire son savoir ne devrait pas perdre son admissibilité.

     

    En clair, affirme le gouvernement Trudeau, les travailleurs « pourront retourner aux études afin de suivre la formation requise pour trouver un nouvel emploi sans crainte de perdre les prestations d’assurance-emploi ».

     

    Cette mesure, estime le gouvernement, coûtera à partir de 2018-2019 la somme de 132 millions sur quatre ans. Cette mesure et quelques autres ajustements à l’assurance-emploi incitent le gouvernement à augmenter légèrement le taux de cotisation, qui passerait l’an prochain de 1,63 à 1,68 $ par tranche de 100 $.

     

    Le budget prévoit aussi 50 millions sur deux ans pour « enseigner aux enfants à coder », un exercice par lequel des organisations « du secteur de la formation » participeront à un concours pour obtenir du financement.

     

    Cette mesure vise les jeunes de la maternelle à la fin du secondaire, Ottawa estimant qu’il faut travailler sur les « compétences numériques » pour développer une économie saine.

     

    Capital de risque et finance

     

    Le capital de risque n’est pas en reste dans l’équation. Ottawa a évoqué dans son budget une enveloppe de 400 millions, disponible par l’entremise de la Banque de développement du Canada, pour les entreprises qui ont atteint un stade un peu plus avancé que celles en démarrage.

     

    Le gouvernement espère du coup attirer l’intérêt du secteur privé, dont la participation pourrait amener la somme globale à 1,5 milliard. Les règles du concours seront dévoilées plus tard, mais le gouvernement affirme déjà que les entreprises devront faire un certain nombre de démonstrations, dont celle d’avoir déjà obtenu du financement, un partage des risques public-privé intéressant et une stratégie pertinente.

     

    Reprenant un thème déjà très courant dans l’industrie, le gouvernement espère aussi mettre à contribution la technologie financière, qui se situe à l’intersection du commerce, de la finance et de l’innovation numérique.

     

    Aussi appelé fintech, ce secteur s’est rapidement développé dans certaines villes, comme Toronto et Montréal, à tel point que les grandes institutions n’ont d’autre choix que de collaborer avec les jeunes pousses en pleine croissance, notamment dans le paiement mobile, l’assurance et la gestion de valeurs.

     

    Sur la question de l’innovation financière, Ottawa veut « collaborer avec [ses] homologues provinciaux et territoriaux afin de mieux coordonner et échanger l’information », peut-on lire dans le budget Morneau.

     

    Le gouvernement veut également mener une consultation sur « un nouveau cadre de surveillance des paiements de détail » afin de déposer un projet de loi.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.