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    Chefferie conservatrice

    Guerre d’accusations entre O’Leary et Bernier

    18 mars 2017 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Kevin O’Leary et Maxime Bernier (notre photo), candidats à la course à la direction du Parti conservateur, ont échangé des propos acerbes à propos d’achats irréguliers de cartes de membre.
    Photo: Liam Richards La Presse canadienne Kevin O’Leary et Maxime Bernier (notre photo), candidats à la course à la direction du Parti conservateur, ont échangé des propos acerbes à propos d’achats irréguliers de cartes de membre.

    La guerre est lancée entre les meneurs de la course à la chefferie conservatrice. Kevin O’Leary a jeté un pavé dans la mare en accusant Maxime Bernier de fraude et de manipulation électorale. Ce dernier a traité son rival de « perdant » prêt à « lancer de la boue » tant il est « désespéré ». Le parti de son côté a confirmé l’achat frauduleux de 1351 cartes de membre, sans toutefois nommer les responsables.

     

    Ces adhésions au Parti conservateur ont toutes été achetées en utilisant deux adresses IP qui n’étaient pas associées aux membres en question, a fait savoir le parti vendredi soir. Les achats ont été faits sur le site général du parti, et non par l’une des campagnes à la chefferie. Toutes les cartes de membre ont été annulées, et les personnes visées n’auront pas le droit de voter pour le prochain chef du parti.

     

    Jeudi soir, Kevin O’Leary accusait la campagne d’un rival —sans le nommer — de « trucages de votes […] afin d’acheter une victoire à la chefferie ».

     

    Son équipe aurait appris que des organisateurs utilisaient des cartes de crédit prépayées pour recruter de « faux membres, et ce, sans que ces individus soient probablement même au courant ». Une manoeuvre « totalement immorale et complètement inacceptable ». Rapidement, le nom de Maxime Bernier a été cité sous le couvert de l’anonymat.

     

    « Kevin O’Leary est un perdant » et « un mauvais candidat », a rétorqué Maxime Bernier sur Facebook. « Kevin O’Leary fait campagne à temps partiel, il n’est pas capable d’avoir les résultats qu’il veut, et là, il va essayer de lancer de la boue sur le candidat qui est en train de le battre », a renchéri son équipe, en martelant que les allégations étaient « sans fondement ». Sa campagne a mené des vérifications auprès de ses organisateurs sur le terrain et assure qu’elle « n’a rien à se reprocher » et qu’elle « a toujours suivi les règles de la course ».

    Photo: Chris Young La Presse canadienne Kevin O’Leary
     

    Vérifications

     

    Le porte-parole du PC, Cory Hann, a indiqué au Devoir que le parti « n’enquêt[e] pas sur une campagne en particulier ».

     

    Le Parti conservateur a retrouvé 1233 transactions par cartes de crédit prépayées, depuis six mois, dont près la moitié ont servi à acheter des cartes de membre par le biais de ces deux adresses IP détectées. M. Hann a assuré par voie de communiqué que la course « a été et demeurera juste, et [que] toutes les mesures sont prises pour s’en assurer ».

     

    Chris Alexander affirme avoir lui aussi été mis au parfum d’allégations, qu’il a transmises au parti mercredi. Son équipe aurait contacté des membres qui disaient s’être enregistrés auprès du parti sans avoir à payer, ou d’autres qui ne savaient pas qu’ils étaient déjà inscrits.

     

    Il déplore cependant que M. O’Leary ait rendu ces allégations publiques avant que le Parti conservateur n’ait terminé son enquête. D’autant plus que M. O’Leary dénonce une entorse aux règles de la course qu’il a lui-même bafouées en snobant un débat, a reproché M. Alexander.

     

    Plusieurs autres campagnes, jointes par Le Devoir, ont aussi dit croire que M. O’Leary s’en est pris, indirectement, à Maxime Bernier parce qu’il « sent la soupe chaude ».

     

    Une manoeuvre difficile

     

    Chris Alexander estime en outre que ces démarches auraient de toute façon été bloquées par le parti, qui exige l’achat de cartes de membre de 15 $ par une carte de crédit ou un chèque personnel au même nom que celui du demandeur.

     

    Un organisateur de longue date note que toutes les nouvelles demandes sont scrutées par le parti, qu’il y ait des allégations de fraude ou non.

     

    Et même si certains membres frauduleux n’étaient pas décelés, il serait laborieux pour un candidat de s’assurer leur vote, car les bulletins seront postés aux membres fin avril et devront être retournés par courrier, joints d’une photocopie d’une carte d’identité avec photo.

     

    Difficile à fournir sans le consentement de l’électeur, ont noté plusieurs organisateurs de campagne.

     

    Qui sont les candidats et les potentiels aspirants-chefs ?












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