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    Héritières du suffrage

    Un Parlement entièrement féminin pour un jour

    «Vous avez une place ici», dit Rona Ambrose

    9 mars 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    La session des 338 «héritières du suffrage» a débuté avec un discours de la première première ministre du Canada, Kim Campbell.
    Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne La session des 338 «héritières du suffrage» a débuté avec un discours de la première première ministre du Canada, Kim Campbell.

    Elles étaient 338 jeunes femmes à avoir pris place à la Chambre des communes mercredi, en cette Journée internationale de la femme, en remplacement des « vrais » élus qui y siègent d’ordinaire. La puissante image a forcé à la réflexion. Car ce Parlement 100 % féminin regroupait plus de dames que le Canada n’en a jamais élues dans toute son histoire.

     

    Ces 338 femmes, provenant de chacune des circonscriptions électorales du pays, ont été recrutées au cours de la dernière année dans le cadre de l’initiative « Héritières du suffrage ». Leur session a débuté par un discours de la première première ministre du Canada, Kim Campbell, qui foulait ainsi le tapis vert de l’enceinte parlementaire pour la première fois depuis 1993. Après leur avoir prodigué des conseils sur les rouages du Parlement, Mme Campbell a souligné à quel point il était nécessaire d’augmenter le nombre d’élues pour qu’on en arrive à trouver normale la façon d’être des femmes en politique. Puis, elle a terminé son laïus par une anecdote linguistique.

     

    « Quand j’étais première ministre, j’ai eu un enseignant de français. À ce moment, il y avait tout un débat à savoir si j’étais Madame le premier ministre ou Madame la première ministre. Et mon professeur m’a dit que je devrais être la première ministre. Sur mon papier à en-tête, ça dit “la première ministre”. Je n’ai pas été en poste très longtemps, alors je n’ai pas utilisé tout ce papier. Je crois que quelque part dans l’édifice Langevin [qui abrite les bureaux du premier ministre], il y a une boîte de ce papier à lettres qui attend quelqu’un. »

    Soyez frondeuses, soyez courageuses, n’ayez pas peur. Vous avez une place ici. Vous pouvez rivaliser et gagner.
    Rona Ambrose, chef conservatrice par intérim
     

    À la fin de la séance extraordinaire, tous les chefs de parti se sont adressés à l’assemblée féminine. « 338 femmes aux commandes, il me semble que ça fait rêver », a lancé le bloquiste Rhéal Fortin. Elizabeth May, du Parti vert, a dit que les organisateurs avaient « fait une erreur » parce que les vrais députés auraient dû rester en Chambre pour écouter les échanges de leurs remplaçantes. Thomas Mulcair a parlé de l’importance de créer des places en garderie pour permettre aux femmes d’atteindre leur plein potentiel professionnel.

     

    La chef par intérim Rona Ambrose a, de loin, livré le discours le plus touchant et le plus incarné. Elle a relaté le combat de la suffragette Nellie McClung, souligné les 100 ans du droit de vote des femmes au fédéral et s’est enorgueillie que ce soit sa formation politique qui a brisé le plus de plafonds de verre en nommant les premières femmes ministre fédérale, ministre des Affaires extérieures, chef de l’opposition et première ministre.

     

    Surtout, Mme Ambrose a invité les filles à être plus frondeuses. Elle s’est désolée que les femmes invitées à faire de la politique répondent souvent vouloir auparavant « terminer leur droit, faire un MBA et travailler une quinzaine d’années ». « Ce qu’elles veulent vraiment dire, c’est que c’est à ce moment qu’elles se sentiront à la hauteur. Et ce n’est pas bien. » Elle les a invitées à être « frondeuses », « courageuses » et à ne pas avoir peur. « Vous avez une place ici. Vous pouvez rivaliser et gagner. »

     

    Quant à Justin Trudeau, c’est lui qui a rappelé que, dans toute l’histoire du Canada, seulement 315 femmes avaient été élues à la Chambre des communes.

     

    Le gouvernement Trudeau a par ailleurs tout fait pour que la Journée internationale de la femme ne passe pas inaperçue. Pas moins de six ministres ont été dépêchées pour participer à des événements. La ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a prononcé un discours à une conférence de travail réunissant juges, procureurs, policiers et professeurs sur les réponses du système judiciaire aux agressions sexuelles.













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