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    Chefferie du PCC: un débat en français… de façade

    Même les anglophones unilingues pourront faire bonne figure dans le format adopté, selon certains organisateurs

    17 janvier 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Des 13 candidats, 8 peuvent être considérés comme bilingues.
    Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Des 13 candidats, 8 peuvent être considérés comme bilingues.

    Le débat entièrement en français des candidats à la direction du Parti conservateur aura lieu seulement ce soir, mais déjà certains doutent de la valeur de l’exercice. Si plusieurs Québécois espéraient de l’événement qu’il écarte de la course ceux des 13 candidats incapables de parler la langue de Molière, plusieurs craignent désormais en coulisses que le format de l’événement permette à tous de sauver la face… et de rester en selle.

     

    Une source va même jusqu’à exprimer sa crainte de voir le parti tricher pour protéger son image. Comment ? En fournissant à l’avance les questions des militants aux candidats unilingues de sorte qu’ils puissent préparer une réponse approximative sur le sujet. « Je vais vérifier les réponses données aux quatre questions des militants, dit cette personne. Si les candidats lisent des réponses qui portent pile sur le sujet abordé, je vais m’interroger. […] Je n’ai pas confiance dans le parti. J’entends entre les branches que le parti veut que ses candidats paraissent bien. »

     

    Le débat de deux heures sera animé par Pascale Déry, ancienne journaliste et présentatrice au réseau TVA et candidate conservatrice défaite à la dernière élection. Le débat portera sur deux thèmes : gouvernement et fardeau fiscal, sécurité nationale et défense. Il y aura un total de huit questions : deux pour chacun des thèmes et quatre autres — sur n’importe quel sujet — que les militants ont fait parvenir au cours des derniers mois. Comme ils sont 13 sur scène, les candidats disposeront de 50 secondes pour répondre à chacune des questions. Aucun échange entre eux n’est prévu. Tout au plus chaque candidat dispose-t-il de deux droits de réplique de 30 secondes pour la totalité du débat, à utiliser au moment de leur choix.

     

    « S’il y avait des interactions, on serait capables de faire la différence, mais avec des réponses de 45-50 secondes, c’est facile de se préparer des blocs d’avance et ça ne paraît pas qu’on ne parle pas français », déplore une autre source, un organisateur francophone qui ne veut pas être cité. Un autre organisateur d’un autre candidat dans la course pose le même diagnostic : il sera possible de « tricher » pour exposer un bilinguisme de façade. « Ils vont se préparer huit blocs de 40 secondes. […] Moi, je préfère quelqu’un qui se trompe entre son “son” et son “sa”, mais qui est capable de parler sans script que quelqu’un qui doit lire un texte. C’est ça que je vais regarder [mardi soir]. »

     

    Des 13 candidats, 8 peuvent être considérés comme bilingues ou à l’aise pour converser : Maxime Bernier, Steven Blaney, Michael Chong, Chris Alexander, Andrew Scheer, Rick Peterson, Pierre Lemieux et Andrew Saxton. Un se dit assez à l’aise : Erin O’Toole. Quatre enfin ne parlent pas français : Lisa Raitt, Kellie Leitch, Brad Trost et Deepak Obhrai. Mme Raitt et Mme Leitch prennent toutes deux des cours depuis quelque temps.

     

    En entrevue lundi avec Le Devoir, Mme Leitch a insisté pour dire quelques phrases en français expliquant qu’elle apprenait la langue. Mais elle a été incapable de mener l’entrevue — qui portait sur un autre sujet — dans cette langue. A-t-elle peur pour ce soir ? « Ce sera un défi, reconnaît-elle. Mais cela aurait bien plus difficile il y a un an. » Mme Leitch a fait une tournée du Québec au cours de la dernière semaine, se rendant à Saguenay, à Shawinigan et à Sherbrooke, notamment.

     

    Les candidats qui ne participent pas au débat en français s’exposent à une pénalité de 10 000 $. L’homme d’affaires et personnalité de télé-réalité Kevin O’Leary songe à se lancer, mais il a indiqué la semaine dernière qu’il attendrait après le débat français « par respect pour le Québec et les Canadiens français ». Tant qu’il n’est pas candidat, il ne fait face à aucune pénalité.

     












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