Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous
    Transferts en santé

    Le fédéral a maintenant convaincu trois provinces maritimes

    La Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve imitent le Nouveau-Brunswick et acceptent l’offre de financement d’Ottawa

    24 décembre 2016 | Marie Vastel à Ottawa | Canada
    Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil
    Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil

    Et de trois. Après le Nouveau-Brunswick, c’est au tour de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve d’accepter l’offre d’Ottawa pour le financement en santé.

     

    Comme leur voisine, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve auront donc droit à leur part des 11,5 milliards de dollars qu’offrait le gouvernement fédéral pour la santé mentale et les soins à domicile. Et le front commun qui s’opposait farouchement à cette offre, lundi, pourrait continuer de s’effriter, puisque, en coulisses, on indique au Devoir qu’Ottawa « est encore en discussions avec d’autres provinces », qu’on refuse de nommer.

     

    « Nous sommes ravis d’avoir conclu une entente sur le financement de la santé avec le gouvernement fédéral, qui va nous aider à répondre aux priorités des Néo-Écossais », a fait valoir le premier ministre de la province, Stephen McNeil, par voie de communiqué, vendredi après-midi. « Il était important pour nous de savoir que l’argent investi en santé mentale et en soins à domicile le serait encore plus tard, alors que nous tentons d’améliorer notre façon de livrer des soins de santé dans notre province. »

     

    La Nouvelle-Écosse touchera 288 millions sur 10 ans, soit 157 millions pour les soins à domicile et 130,8 millions pour la santé mentale. Terre-Neuve recevra 87,7 millions pour les soins à domicile et 73 millions pour la santé mentale, pour un total de 161 millions. Le Nouveau-Brunswick a annoncé jeudi, après avoir accepté l’offre d’Ottawa, qu’il aurait droit à 230 millions au total.

     

    « Terre-Neuve–et–Labrador fait face au vieillissement de sa population le plus rapide au pays, et obtenir un financement fédéral supplémentaire est une priorité de mon gouvernement. […] Ces investissements démontrent que le gouvernement fédéral reconnaît les pressions financières qu’imposent à notre province la population vieillissante et la santé mentale », a argué à son tour le premier ministre de la province, Dwight Ball. Si jamais le fédéral signe une entente bilatérale plus généreuse avec une autre province, Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick y auront droit elles aussi.

     

    Une tactique de division

     

    L’entente est la même pour les trois provinces maritimes : les transferts fédéraux croîtront de 3 % par année ou plus si le taux de croissance du PIB est plus élevé. C’est le niveau de hausse des transferts prévu par l’ancien premier ministre, Stephen Harper, qui a modifié la formule qui prévoyait auparavant des hausses annuelles de 6 %.

     

    Le premier ministre québécois, Philippe Couillard, a qualifié de « déplorable » cette façon de procéder du gouvernement Trudeau, du type « à prendre ou à laisser ». « Bien avant les petites victoires tactiques qu’on voit se dessiner actuellement, par cette tactique de division à laquelle on assiste, de tenter de dresser certaines provinces, ou d’en séparer d’autres, à l’approche du 150e anniversaire du pays, ce n’est vraiment pas un bon choix », a-t-il reproché, en entrevue de fin de d’année avec La Presse canadienne.

     

    M. Couillard a en outre argué qu’Ottawa ne devait pas tirer avantage de la vulnérabilité financière de certaines provinces, comme celles de l’Atlantique — des propos tenus avant que la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve n’annoncent elles aussi leur entente avec Ottawa.

     

    D’autres ententes ?

     

    L’Ontario, l’Alberta, le Manitoba et la Colombie-Britannique ont indiqué jeudi qu’elles continuaient de s’opposer à l’offre d’Ottawa et refusaient de tenir des négociations bilatérales avec le gouvernement fédéral. Le Nunavut et les Territoires-du-Nord-Ouest ont précisé au Devoir vendredi qu’ils faisaient de même.

     

    « Les Territoires-du-Nord-Ouest continuent de travailler avec les autres provinces et territoires afin d’obtenir une entente nationale et, pour l’instant, ne cherchent pas à négocier une entente unilatérale avec le gouvernement fédéral », a-t-on fait valoir au gouvernement de ce territoire.

     

    « À l’heure actuelle, nous sommes avec les provinces et territoires et nous travaillons ensemble pour évaluer la situation quant à une entente nationale de financement de la santé », a-t-on indiqué au bureau du premier ministre du Nunavut, Peter Taptuna.

     

    Mais l’Île-du-Prince-Édouard — dont le ministre a pourtant parlé au nom du front commun provincial en rejetant l’offre d’Ottawa lundi — n’a pas répondu aux demandes du Devoir cette semaine.

     

    En cette veille du congé des Fêtes, le gouvernement du Yukon n’a pas été en mesure de préciser sa position.

     

    Et la Saskatchewan n’a pas voulu commenter, renvoyant Le Devoir aux commentaires nébuleux tenus la veille, jeudi, par son premier ministre. « Chaque province est différente, disait alors Brad Wall. Nous avons une importante population autochtone par habitant, ce qui affecte notre système de santé différemment ici qu’ailleurs, où la réalité démographique n’est pas la même. […] Parfois, vous obtenez des résultats en ayant un large consensus entre les provinces et négociez unilatéralement avec toutes les provinces. Parfois, c’est province par province. Alors, nous allons attendre de voir », s’était-il contenté de commenter, après l’annonce de la première entente bilatérale conclue entre Ottawa et le Nouveau-Brunswick.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.