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    Direction du Parti conservateur

    Notre chef devra parler français

    21 décembre 2016 | Alexandre Meterissian - Consultant senior chez Hatley Conseillers en stratégie | Canada
    L'homme d'affaires Kevin O'Leary n'a pas décidé s'il entrera dans la course à la direction conservatrice, mais cela n'empêche pas ceux qui sont déjà officiellement candidats de l'attaquer.
    Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne L'homme d'affaires Kevin O'Leary n'a pas décidé s'il entrera dans la course à la direction conservatrice, mais cela n'empêche pas ceux qui sont déjà officiellement candidats de l'attaquer.

    Imaginez un instant que vous êtes un investisseur et que deux entrepreneurs vous approchent pour investir dans leur entreprise. Les deux ont un produit révolutionnaire que les consommateurs désirent. Tout va bien jusqu’à ce qu’un des entrepreneurs vous dise qu’il n’a pas l’intention de vendre son produit à plus de 30 % des consommateurs cibles. Vous lui demandez pourquoi. Il vous répond que ce n’est pas nécessaire et que, de toute façon, les clients non ciblés se déplaceront dans le marché voisin pour l’acheter. Il est raisonnable de croire que votre choix d’investir sera assez facile à faire.

     

    C’est exactement ce qui s’est produit lundi dernier avec l’homme d’affaires et investisseur Kevin O’Leary, qui a décidé de se lancer dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada. Il a dit, dans la langue de Shakespeare bien sûr : « Pour mener une économie morose hors de l’abysse, il faut être capable d’agir, peu importent ses compétences linguistiques […]. [De toute façon] les Québécois de 18 à 35 ans sont presque tous bilingues. »

     

    M. O’Leary est un homme compétent qui a eu énormément de succès dans le monde des affaires, personne ne remet ça en question. D’ailleurs, le Canada bénéficierait de l’expertise de plus d’hommes et de femmes d’affaires en politique. Par contre, cela ne doit pas être fait en oubliant un des critères fondamentaux de l’ère moderne au Canada quant au poste de premier ministre : être en mesure de communiquer avec plus du tiers de sa population. Cela devrait aller de soi, ne serait-ce que par respect pour la population francophone qui a contribué à bâtir le Canada.

     

    Atout essentiel

     

    Je suis conscient que l’argument du respect ne risque pas de convaincre M. O’Leary. Alors regardons l’histoire de notre grand parti. Deux des premiers ministres conservateurs ayant eu le plus de succès électoral et ayant transformé le Canada sont MM. MacDonald et Mulroney. Il y a un dénominateur commun chez ces deux premiers ministres : ils ont gagné avec d’importantes majorités au Québec et ont ainsi été en mesure de former des gouvernements majoritaires solides. Il est vrai que M. Harper a été en mesure de former un gouvernement majoritaire sans le Québec, mais sa majorité n’a duré que quatre ans. Si M. O’Leary veut être un premier ministre qui a réellement une chance de gagner et de gouverner à long terme, il faudra qu’il apprenne le français, et ce, très rapidement.

     

    Mon commentaire ne se limite pas à M. O’Leary, mais à tous les candidats prenant part à cette course. La qualité du français de la majorité des candidats lors du débat de Moncton n’était rien de moins qu’embarrassante. Les membres du PCC s’attendent à mieux de leurs candidats. Nous sommes loin d’être des zélés de la langue ou des séparatistes ; nous sommes des Canadiens français fiers de notre héritage et croyons que le Canada a été fondé par deux grandes nations. D’ailleurs, nous sommes le parti qui a reconnu la nation québécoise ; il est temps d’agir en conséquence.

     

    Chers députés d’ici, les militants conservateurs du Québec se sont dévoués corps et âme pour vous faire élire. Nous nous attendons à ce que vous fassiez la promotion de nos valeurs conservatrices et de la culture québécoise à Ottawa. Il est temps de prendre la parole.













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