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    Habitudes de vie

    Un défi de taille pour les Canadiens

    18 novembre 2016 |Jessica Nadeau | Canada
    La vente de VUS a connu une année record en 2016 au Québec et à l’échelle canadienne.
    Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir La vente de VUS a connu une année record en 2016 au Québec et à l’échelle canadienne.

    Malgré l’annonce par le gouvernement canadien de nouvelles cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la population n’est pas prête à se lancer dans ce « marathon » contre les changements climatiques, estiment les experts.

     

    Une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 80 % d’ici 2050 est « dans l’ordre de ce qui est attendu pour atteindre les objectifs de limiter le réchauffement climatique », estime Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC. Mais est-ce réaliste ? « Oui et non », répond l’analyste.

     

    « D’un point de vue technique, c’est réaliste, il n’y a aucun problème à réduire de 80 % nos émissions de GES. D’un point de vue économique, c’est envisageable. Mais d’un point de vue sociologique, c’est tout un défi étant donné l’inertie dans les moeurs et les habitudes des Canadiens. 2050, c’est dans 35 ans. Si on regarde les 35 dernières années, on ne s’est pas du tout dirigé dans cette direction-là, bien au contraire, le Canada n’a pas du tout amorcé sa transition énergétique, ni même le Québec, alors ça reste très ambitieux étant donné notre passé récent et notre présent. »

    Je pense qu’on peut y arriver, il est impératif qu’on y arrive. Mais aujourd’hui, est-ce que nous sommes prêts? La réponse, c’est non.
    Pierre-Olivier Pineau
     

    Selon lui, c’est l’équivalent de demander à quelqu’un qui n’a jamais couru s’il est prêt à faire un marathon demain matin. « Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas se préparer et qu’on ne peut pas y arriver. Je pense qu’on peut y arriver, il est impératif qu’on y arrive. Mais aujourd’hui, est-ce que nous sommes prêts ? La réponse, c’est non. »

     

    À titre d’exemple, il évoque la vente de VUS qui a connu une année record en 2016 au Québec, au Canada et en Californie. « C’est un signe qu’on n’est pas prêt. »

     

    Changements à prévoir

     

    Selon lui, la première chose que le gouvernement de Trudeau devrait faire, c’est « d’être franc avec la population et de dire aux Canadiens que oui, la cible, c’est bien, mais qu’il y a des choses qui vont devoir changer. »

     

    Pierre-Olivier Pineau plaide pour un système de transport plus efficace : le rail plutôt que les camions pour le transport de marchandises, la fin de l’auto en solo, un réaménagement du territoire et des bâtiments moins énergivores. « On a du plain sur la planche. Mais la bonne nouvelle, c’est que ces solutions sont rentables. Ce sont des initiatives qui sont structurantes pour l’économie canadienne. »

     

    Si on veut atteindre l’objectif, d’autres changements sont à prévoir, tant au Québec qu’au Canada, estime Félix Boudreault, spécialiste des politiques environnementales canadiennes et fondateur de F & B Advisors. « Ça passe aussi par une transformation des secteurs industriels tel qu’on les connaît. Les secteurs minier et manufacturier par exemple, ça n’a pas beaucoup évolué dans les dernières décennies, mais il va falloir que ça change, parce que si on parle de réductions de 80 %, ça va affecter tous les secteurs. »

     

    Réglementation

     

    Selon Félix Boudreault, tant le Canada que le Québec devront « mettre les bouchées doubles » en matière de réglementation et de politiques publiques, notamment sur le prix du carbone. « Il n’y a pas d’autres façons d’atteindre une cible comme ça sans y aller agressivement en matière de réglementations. Il faut imposer des changements à la structure économique du pays, parce que ça paraît long, d’ici 2050, mais en termes de cycle économique, c’est relativement court. Donc il faut mettre toutes les incitations pour accélérer les changements. »













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