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    Énoncé économique

    Il faudra plus

    L’énoncé économique d’automne du ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, brosse un portrait peu encourageant des perspectives de croissance pour les prochaines années. Ottawa investira donc plus que prévu dans les infrastructures, mais, en dépit des milliards annoncés, il faudrait faire plus.


    Dans son premier budget présenté en mars, le ministre Bill Morneau tablait sur un déficit de 29,4 milliards de dollars pour cette année et de 29 milliards pour l’an prochain. Ces prévisions beaucoup plus pessimistes que les 10 milliards avancés lors de la campagne électorale viennent d’être corrigées à 25,1 milliards pour cette année et à 27,8 pour l’an prochain.

     

    À première vue, voilà une bonne nouvelle étant donné la croissance de l’économie plus faible que prévu. Pourtant, non. En fait, le ministre en arrive à ces chiffres en éliminant du scénario l’importante réserve de 6 milliards par année inscrite au budget pour faire face aux aléas de la conjoncture.

     

    Il n’y a rien de bien dramatique à voir le déficit fédéral osciller autour de 25 ou 30 milliards si la conjoncture le demande. Après tout, cela ne représente que 1,2 % du PIB et la dette reste stable à 30 % du PIB. C’est à Ottawa qu’il revient de stimuler la croissance puisque c’est lui qui possède le plus d’outils en ce sens et la marge de manoeuvre suffisante.

     

    Par ailleurs, le ministre Morneau a profité de la mise à jour d’automne pour annoncer quelques nouvelles mesures que l’on retrouve habituellement dans un budget. Ainsi, à la demande des entreprises de pointe, Ottawa facilitera l’entrée au pays sur une base temporaire de travailleurs très spécialisés dans les domaines où il y a pénurie de main-d’oeuvre. On espère qu’il s’agit de pénuries réelles et non d’une autre façon de réduire les coûts pour les entreprises, comme on l’a vu dans le passé.

     

    En matière d’infrastructures, Ottawa confirme la création prochaine de la Banque de l’infrastructure du Canada dans le but de multiplier les investissements en utilisant les fonds fédéraux comme un levier. Son mandat sera de susciter des partenariats entre municipalités, provinces et investisseurs institutionnels ou privés pour la réalisation de grands projets à l’exemple du Réseau métropolitain de transport.

     

    La Caisse de dépôt étant un organisme public, personne n’y voit de problème pour le moment, mais qu’en sera-t-il le jour où un fonds d’investissements américain ou chinois voudra se porter acquéreur d’un port ou d’un aéroport ? Allons-nous revivre l’expérience des PPP ?

     

    Toujours en matière d’infrastructures, l’énoncé ajoute des précisions au sujet des 120 milliards sur dix ans promis lors de la campagne électorale, dont 60 provenaient des programmes existants.

     

    Dans leur budget de mars dernier, les libéraux y étaient allés d’une première salve de 14 milliards. Cette semaine, ils y ajoutent 80 milliards, mais en allongeant la durée totale du programme à douze ans au lieu de dix. Curieuse stratégie qui nous amène en 2028, soit deux mandats plus loin que l’actuel mandat de Justin Trudeau.

     

    Pas de doute, les chiffres sont imposants. Mais sur une base annuelle, ils impressionnent moins : seulement 13 milliards cette année et 16 milliards l’an prochain pour tout le pays alors que le Québec à lui seul consacre 10 milliards par année à son programme. C’est mieux que ce que les conservateurs avaient prévu, mais la question demeure : est-ce que ce sera suffisant pour stimuler une économie qui tourne aussi lentement ?













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