Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Mode de scrutin

    Le Bloc refuse de consulter les électeurs, faute d’argent

    22 juin 2016 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada

    Le manque de ressources parlementaires dont le Bloc québécois dit faire les frais aura un impact concret cet été : les électeurs représentés par les députés souverainistes ne pourront pas se prononcer sur la réforme électorale mise en branle par Ottawa.

     

    Dans le cadre du vaste chantier sur la réforme du mode de scrutin, les 338 députés fédéraux sont invités à organiser au cours de l’été une assemblée publique dans leur circonscription respective pour tâter le pouls des citoyens. Les élus devront rapporter ce qu’ils ont entendu au comité parlementaire qui se penche sur la question (et dont les travaux ont officiellement débuté mardi).

     

    Mais voilà : selon les informations obtenues par Le Devoir, aucune ressource financière supplémentaire ne sera mise à la disposition des députés pour l’organisation de ces séances. Le Bloc québécois, qui se plaint déjà de manquer d’argent parce qu’il n’est pas un parti officiellement reconnu à la Chambre des communes, ne voit pas comment il pourra procéder.

     

    Iniquité

     

    « On n’a pas de budget pour les recherchistes, pas de budget pour louer des salles, pas de budget pour rédiger les documents, les rapports, convoquer ces gens-là. Alors, comment pensez-vous qu’on va faire ça ? » a demandé le chef par intérim Rhéal Fortin au cours d’une conférence de presse. « Nous, on doit faire le même travail que le NPD, le même travail que les conservateurs, mais notre budget est zéro. »

     

    Le Bloc québécois n’a que 10 des 12 députés nécessaires pour obtenir les budgets de recherche supplémentaires venant avec le statut de parti officiel. La formation crie depuis des mois à l’iniquité. Ses élus puisent dans leur budget de circonscription respectif pour collectivement embaucher recherchistes et employés parlementaires, rappelle M. Fortin. Ils n’ont donc plus de marge de manoeuvre. Le Bloc québécois précise qu’il permettra quand même aux citoyens de se prononcer, mais par d’autres moyens – non spécifiés pour l’instant – qu’une assemblée publique.

     

    May consultera

     

    Le Parti vert, qui n’a qu’une seule députée, est dans la même situation financière que le Bloc. Sa chef, Elizabeth May, organisera pourtant une assemblée publique sur la réforme électorale. « Je le ferai avec mon budget de bureau parlementaire,dit-elle au Devoir. J’étire déjà mon budget pour organiser 18 assemblées publiques par année, soit deux fois par année dans neuf endroits différents. » Elle appuie néanmoins la demande du Bloc québécois d’obtenir plus d’argent.

     

    Mark Holland, le député et secrétaire parlementaire de la ministre responsable des Institutions démocratiques, estime que les députés ont l’argent qu’il faut. « Il y a eu une augmentation du budget de chaque député récemment, plus particulièrement pour les comtés plus grands ou ruraux, et le député peut utiliser le nouvel argent pour faire cela. » La Chambre des communes a en effet augmenté de 20 % le budget de bureau des députés, dont le montant de base est passé le 1er avril dernier de 288 450 $ à 349 100 $ par an.

     

    La tenue d’une assemblée publique dans chacune des 338 circonscriptions, si elle est souhaitée par le gouvernement de Justin Trudeau, n’est pas obligatoire. On ignore encore combien d’élus en tiendront, mais déjà on sent peu d’enthousiasme du côté conservateur. « Je ne dis pas que je n’en ferai pas, mais ce n’est pas ce vers quoi je… Je n’ai pas pris de décision par rapport à ça », a indiqué mardi Gérard Deltell.

     

    Par ailleurs, au cours de la première réunion du comité parlementaire mardi, Elizabeth May a proposé que les citoyens puissent poser des questions aux témoins qui seront entendus. Les députés libéraux et conservateurs n’ont pas semblé très chauds à l’idée, mais une décision sera prise la semaine prochaine.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.