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    Boycottage d’Israël

    Un groupe nargue le gouvernement Trudeau

    31 mars 2016 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada

    Un groupe faisant la promotion de campagnes de boycottage contre Israël met le gouvernement Trudeau au défi de le sanctionner.

     

    L’organisme Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) a pris au mot les élus libéraux, qui ont appuyé le mois dernier une motion conservatrice appelant le gouvernement à « condamner » toute entité qui ferait la promotion, au Canada ou à l’étranger, du mouvement BDS — une campagne de boycottage, désinvestissement et sanctions contre Israël.

     

    Le président du groupe CJPMO, Thomas Woodley, s’est ainsi photographié en train d’apposer des autocollants sur des produits israéliens provenant des territoires occupés. « N’achetez pas ce produit. […] Défendez les droits de la personne », somment les autocollants. Les images, accompagnées d’une lettre explicative, ont été envoyées au premier ministre Justin Trudeau, à son ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion, de même qu’aux conservateurs Michelle Rempel et Tony Clement et au chef du NPD, Thomas Mulcair.

     

    Thomas Woodley somme les élus, dans sa missive, de condamner les Canadiens qui font la promotion du mouvement BDS, comme l’exige la motion parlementaire, ou de « renoncer à cette motion absurde et insultante ». « Si vous ne faites ni l’un ni l’autre, alors vous démontrerez que l’objectif de cette motion était, tout simplement, d’intimider les critiques d’Israël, ou pire, de générer du capital politique au détriment de notre droit à la liberté d’expression », stipule la lettre.

     

    Le Bureau du premier ministre n’a pas mordu à l’hameçon mercredi. Car Justin Trudeau a déjà condamné le mouvement BDS, a-t-on rappelé. En novembre, M. Trudeau s’était « inquiété » de voir de l’Union européenne approuver une norme d’étiquetage forçant Israël à identifier ses produits provenant de ses colonies en territoires occupés. « Je pense que c’est important que les consommateurs aient de l’information sur la provenance de leurs produits, mais dans un contexte global, pas dans un contexte qui cible précisément un pays ou un autre », avait-il fait valoir.

     

    L’entourage de Stéphane Dion n’a pas non plus voulu réagir à la sortie du groupe CJPMO. Son bureau a plutôt rappelé que M. Dion avait affirmé en marge du débat sur la motion que, bien que le mouvement compte « certains extrémistes, racistes et antisémites », d’autres approuvent le boycottage BDS par « erreur de bonne foi » et ne méritent pas d’être « condamnés à la moindre occasion ».

     

    Près de 140 députés libéraux — dont Justin Trudeau — ont appuyé la motion conservatrice le 22 février, tandis qu’une quinzaine de leurs collègues avaient refusé, comme les néodémocrates et les bloquistes.













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