Jack Layton ou la renaissance d'un parti
31 janvier 2004
Canada
Photo : Agence Reuters
En un an, sous la gouverne de Jack Layton, le NPD a réussi à talonner les conservateurs pour la deuxième place dans les intentions de vote des Canadiens.
Déjà un an que Jack Layton est à la tête du NPD, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a changé ce parti. Alors qu'elles le voyaient auparavant comme un tiers parti inoffensif et sympathique, les autres formations politiques le considèrent désormais comme un véritable adversaire et l'attaquent. Quant aux militants néo-démocrates déçus qui contestaient le parti il y a trois ans, ils sont rentrés dans le rang. Survol d'un NPD à surveiller.
Ottawa - Lorsqu'il prend la parole en public, Jack Layton a l'habitude de s'exprimer d'abord en français. Pas avec un petit «bonnejurrr» d'unilingue poli mais bien avec des phrases complètes et éloquentes dans un français de rue d'«ancien Québécois», comme il aime se présenter. Le Québec est la deuxième province où il s'est rendu le plus souvent après l'Ontario, et Montréal, la troisième ville après Ottawa (où se trouve le Parlement fédéral) et Toronto. C'est d'ailleurs dans la métropole québécoise qu'il a choisi de célébrer le premier anniversaire de son élection à la tête du NPD, lundi dernier, par un discours à l'Université de Montréal. Grand changement pour le NPD, le Québec est désormais dans sa mire, et de façon concrète.
Signe que le NPD dérange, le Bloc québécois, le chef Gilles Duceppe et son entourage ont commencé à s'en prendre à lui publiquement. Et cela, comme le fait remarquer un proche de M. Layton, même si ce dernier ne s'attaque jamais au Bloc. Il préfère tendre la main à tous les progressistes, qu'ils soient bloquistes ou libéraux.
«Ce n'est pas une question d'attaquer le Bloc québécois mais de dire à ceux qui l'appuient qu'il est peut-être temps d'ajouter leur voix aux autres progressistes et sociaux-démocrates pour bâtir une vraie alternative», explique Jack Layton en entrevue. «On ne demande pas aux souverainistes de rejeter leurs idées mais juste de travailler avec nous cette fois-ci contre Paul Martin et son programme très très de droite.»
Au cours de la dernière semaine, le NPD a tenu dans la province quatre assemblées d'investiture qui ont attiré entre 40 et 100 personnes chacune. Un net progrès, fait valoir le parti, qui, auparavant, n'attirait en général qu'une dizaine d'organisateurs pour couronner le prochain candidat. «C'est la première fois depuis longtemps, peut-être l'époque d'Ed Broadbent, que nous avons des candidats ayant des racines dans leur communauté et une connaissance de celle-ci.» Le membership du parti au Québec serait passé de 250 à 1350 personnes.
Parmi les candidats néo-démocrates québécois aux prochaines élections, il y aura Omar Aktouf, professeur aux HEC et auteur de La Stratégie de l'autruche, qui porte sur la mondialisation. M. Aktouf s'était présenté sous la bannière de l'Union des forces progressistes (UFP) aux élections provinciales.
Le Bloc
D'ailleurs, l'UFP s'intéresse davantage au NPD depuis quelque temps. Le mois prochain, des responsables du parti se réuniront pour décider de l'appui qu'ils accorderont à un parti fédéral en vue du scrutin et le NPD fera partie du paysage. «Il n'y aura pas d'appui en bloc. La situation sera à étudier comté par comté», explique le vice-président du parti, Pierre Dostie. Le Bloc québécois ne mérite pas un appui inconditionnel, souligne-t-il, parce que tous ses députés et candidats ne sont pas nécessairement des progressistes. M. Dostie raconte que les collaborations entre sa formation et le NPD se sont multipliées sur le terrain, par exemple une conférence de presse conjointe l'été dernier à Montréal pour réclamer un changement au mode de scrutin.
Selon M. Dostie, il ne fait pas de doute que cette bonne entente est le fruit de la présence de Jack Layton à la tête de son parti. «Il ne fait aucun doute que le style de leadership de Jack Layton, sa provenance du Québec, sa grande affinité et sa grande connaissance du Québec, le fait qu'il représente l'aile plus progressiste de son parti et le travail acharné qu'il fait pour faire avancer ses positions font en sorte que, sur le terrain, on a de bonnes collaborations.»
L'opposition se fait hara-kiri
M. Dostie n'est pas le seul à encenser Jack Layton. Même les néo-démocrates dans l'âme qui se sentaient aliénés par leur parti ont renoué avec le NPD version Layton. Petit rappel: il y a trois ans, alors qu'Alexa McDonough était encore chef, un mouvement de gauche prônant le renouvellement du parti avait vu le jour. La Nouvelle Initiative politique (NIP) demandait au NPD d'être plus militant, plus revendicateur, bref, plus à gauche. Il fallait surtout, disait la NIP, tendre la main aux groupes militants (les altermondialistes, les environnementalistes, les groupes de femmes, etc.) qui avaient tourné le dos à la politique électorale. Depuis l'arrivée de M. Layton, on n'en entend tout simplement plus parler. En fait, le groupe doit se rencontrer le 21 février prochain et proposera carrément de se saborder.
«Étant donné que Jack Layton a appuyé beaucoup de nos idées sur la façon de construire un parti politique de gauche, on pense qu'il n'y a pas vraiment de place pour une organisation comme la NIP», explique Judy Rebick, qui en était une des figures de proue. Elle dit avoir repris sa carte de membre quelque temps avant l'élection de M. Layton comme chef et vouloir lui donner sa chance.
Jack Layton aura réussi ce que d'autres chefs avant lui n'ont pas su faire, explique Mme Rebick, c'est-à-dire se rapprocher des groupes militants sans leur faire sentir qu'ils devaient voter pour le NPD. «Avant, on leur disait: "Nous sommes le parti politique, vous êtes l'instrument social, vous devez nous appuyer." Ça ne marche pas comme ça», lance cette militante de carrière.
Louise James, un autre membre de la NIP, donne pour exemple l'implication du parti depuis un an dans la campagne contre le bouclier antimissiles américain. «Le mouvement pacifiste a joué un rôle central dans cette campagne. Celle-ci n'a pas seulement été menée par les bonzes du parti. Le parti a pris le leadership mais il a travaillé avec les mouvements sociaux qui sont impliqués dans ce dossier depuis longtemps. Le parti réseaute plutôt que de réinventer la roue.»
Mme James pense qu'il reste beaucoup de travail à faire dans cette direction mais les choses évoluent. C'est aussi l'avis de Jim Stranford. Ce dernier reste pourtant sur ses gardes car il croit que de multiples possibilités existent encore et n'attendent que d'être exploitées. Il cite la réorganisation de la gauche au Québec.
«Ceux au parti qui pensent que la gauche québécoise va tout simplement s'abandonner au NPD se trompent. La meilleure chose à faire est d'utiliser la popularité de Jack Layton et cette conjoncture au Québec pour proposer un parti qui serait vraiment binational: un parti au Québec et un autre dans le reste du Canada. On pourrait faire la même chose avec le mouvement environnementaliste!»
La solution de rechange
Aux prochaines élections, le NPD tentera de se présenter comme la seule solution de rechange aux libéraux de Paul Martin, qui ont pris un virage vers la droite. Le nouveau Parti conservateur? Du pareil au même, feront valoir M. Layton et son équipe. Le chef ne manque d'ailleurs pas de répéter sur toutes les tribunes que la candidate à la chefferie de ce parti, Belinda Stronach, a versé 55 000 $ à la campagne au leadership de Paul Martin... «Le Parti libéral de M. Chrétien, c'est terminé, dit M. Layton. C'est devenu un gouvernement de p.-d.g.», estime-t-il.
Le message semble au moins passer. Il fallait voir la crédibilité accordée aux tentatives de M. Layton de «débaucher» les libéraux désabusés, Sheila Copps en tête. L'ex-ministre n'a toujours pas fermé la porte. Les Lloyd Axworthy et John Caccia, eux, ont dit non merci.
Par ailleurs, le NPD aura au moins un candidat-vedette aux prochaines élections: l'ancien leader Ed Broadbent. C'est sous son règne que le NPD avait atteint son apogée électorale en faisant élire 43 députés. Ed Broadbent se présentera dans Ottawa-Centre contre un proche de Paul Martin, Richard Mahoney.
Ce dernier semblait assuré d'une victoire... avant la venue du charismatique néo-démocrate. Selon des sondages internes de M. Mahoney, M. Broadbent serait maintenant en avance dans la circonscription.
Surtout que la décision du gouvernement Martin de geler la taille de la fonction publique fédérale et les reclassifications salariales a dérangé bien des fonctionnaires... qui sont en grand nombre dans cette circonscription et les autres comtés de la région d'Ottawa. C'est d'ailleurs pour cette raison que le président de l'Institut professionnel de la fonction publique, Steven Hindle, a décidé de ne plus se présenter sous la bannière rouge.
Au Québec, M. Layton ne se fait pas d'illusions. Il travaille à long terme. «Nous espérons atteindre un niveau d'appui plus haut que ce que M. Broadbent a obtenu il y a 15 ans, soit plus que
10 %. S'il y a concentration de l'appui à certains endroits, peut-être peut-on gagner un, deux ou trois sièges», dit-il en entrevue. Jusqu'à présent, les sondages lui disent que c'est très possible: le dernier sondage Léger Marketing le plaçait à
8 %, un score encore inégalé dans la province. À l'échelle du pays, il talonne les conservateurs pour la deuxième place, à 16 % contre 19 %.
Pour le reste du pays, M. Layton pense pouvoir faire suffisamment de dommages aux libéraux pour que ceux-ci soient privés d'un gouvernement majoritaire. Si c'était le cas, il n'accorderait pas facilement sa caution aux libéraux. Sa condition? Que le gouvernement tienne un référendum pancanadien pour savoir si les électeurs veulent, oui ou non, adopter un mode de scrutin proportionnel au pays.
«Je ne vais pas donner mon appui à un parti s'il n'y a pas d'engagement à tenir un référendum sur cette question», a-t-il déclaré à La Presse la semaine dernière. «Le vrai déficit démocratique, c'est cela. C'est un changement fondamental. Nous avons un système électoral qui a été adopté avant l'invention du téléphone, avant l'invention de l'automobile.»
Ottawa - Lorsqu'il prend la parole en public, Jack Layton a l'habitude de s'exprimer d'abord en français. Pas avec un petit «bonnejurrr» d'unilingue poli mais bien avec des phrases complètes et éloquentes dans un français de rue d'«ancien Québécois», comme il aime se présenter. Le Québec est la deuxième province où il s'est rendu le plus souvent après l'Ontario, et Montréal, la troisième ville après Ottawa (où se trouve le Parlement fédéral) et Toronto. C'est d'ailleurs dans la métropole québécoise qu'il a choisi de célébrer le premier anniversaire de son élection à la tête du NPD, lundi dernier, par un discours à l'Université de Montréal. Grand changement pour le NPD, le Québec est désormais dans sa mire, et de façon concrète.
Signe que le NPD dérange, le Bloc québécois, le chef Gilles Duceppe et son entourage ont commencé à s'en prendre à lui publiquement. Et cela, comme le fait remarquer un proche de M. Layton, même si ce dernier ne s'attaque jamais au Bloc. Il préfère tendre la main à tous les progressistes, qu'ils soient bloquistes ou libéraux.
«Ce n'est pas une question d'attaquer le Bloc québécois mais de dire à ceux qui l'appuient qu'il est peut-être temps d'ajouter leur voix aux autres progressistes et sociaux-démocrates pour bâtir une vraie alternative», explique Jack Layton en entrevue. «On ne demande pas aux souverainistes de rejeter leurs idées mais juste de travailler avec nous cette fois-ci contre Paul Martin et son programme très très de droite.»
Au cours de la dernière semaine, le NPD a tenu dans la province quatre assemblées d'investiture qui ont attiré entre 40 et 100 personnes chacune. Un net progrès, fait valoir le parti, qui, auparavant, n'attirait en général qu'une dizaine d'organisateurs pour couronner le prochain candidat. «C'est la première fois depuis longtemps, peut-être l'époque d'Ed Broadbent, que nous avons des candidats ayant des racines dans leur communauté et une connaissance de celle-ci.» Le membership du parti au Québec serait passé de 250 à 1350 personnes.
Parmi les candidats néo-démocrates québécois aux prochaines élections, il y aura Omar Aktouf, professeur aux HEC et auteur de La Stratégie de l'autruche, qui porte sur la mondialisation. M. Aktouf s'était présenté sous la bannière de l'Union des forces progressistes (UFP) aux élections provinciales.
Le Bloc
D'ailleurs, l'UFP s'intéresse davantage au NPD depuis quelque temps. Le mois prochain, des responsables du parti se réuniront pour décider de l'appui qu'ils accorderont à un parti fédéral en vue du scrutin et le NPD fera partie du paysage. «Il n'y aura pas d'appui en bloc. La situation sera à étudier comté par comté», explique le vice-président du parti, Pierre Dostie. Le Bloc québécois ne mérite pas un appui inconditionnel, souligne-t-il, parce que tous ses députés et candidats ne sont pas nécessairement des progressistes. M. Dostie raconte que les collaborations entre sa formation et le NPD se sont multipliées sur le terrain, par exemple une conférence de presse conjointe l'été dernier à Montréal pour réclamer un changement au mode de scrutin.
Selon M. Dostie, il ne fait pas de doute que cette bonne entente est le fruit de la présence de Jack Layton à la tête de son parti. «Il ne fait aucun doute que le style de leadership de Jack Layton, sa provenance du Québec, sa grande affinité et sa grande connaissance du Québec, le fait qu'il représente l'aile plus progressiste de son parti et le travail acharné qu'il fait pour faire avancer ses positions font en sorte que, sur le terrain, on a de bonnes collaborations.»
L'opposition se fait hara-kiri
M. Dostie n'est pas le seul à encenser Jack Layton. Même les néo-démocrates dans l'âme qui se sentaient aliénés par leur parti ont renoué avec le NPD version Layton. Petit rappel: il y a trois ans, alors qu'Alexa McDonough était encore chef, un mouvement de gauche prônant le renouvellement du parti avait vu le jour. La Nouvelle Initiative politique (NIP) demandait au NPD d'être plus militant, plus revendicateur, bref, plus à gauche. Il fallait surtout, disait la NIP, tendre la main aux groupes militants (les altermondialistes, les environnementalistes, les groupes de femmes, etc.) qui avaient tourné le dos à la politique électorale. Depuis l'arrivée de M. Layton, on n'en entend tout simplement plus parler. En fait, le groupe doit se rencontrer le 21 février prochain et proposera carrément de se saborder.
«Étant donné que Jack Layton a appuyé beaucoup de nos idées sur la façon de construire un parti politique de gauche, on pense qu'il n'y a pas vraiment de place pour une organisation comme la NIP», explique Judy Rebick, qui en était une des figures de proue. Elle dit avoir repris sa carte de membre quelque temps avant l'élection de M. Layton comme chef et vouloir lui donner sa chance.
Jack Layton aura réussi ce que d'autres chefs avant lui n'ont pas su faire, explique Mme Rebick, c'est-à-dire se rapprocher des groupes militants sans leur faire sentir qu'ils devaient voter pour le NPD. «Avant, on leur disait: "Nous sommes le parti politique, vous êtes l'instrument social, vous devez nous appuyer." Ça ne marche pas comme ça», lance cette militante de carrière.
Louise James, un autre membre de la NIP, donne pour exemple l'implication du parti depuis un an dans la campagne contre le bouclier antimissiles américain. «Le mouvement pacifiste a joué un rôle central dans cette campagne. Celle-ci n'a pas seulement été menée par les bonzes du parti. Le parti a pris le leadership mais il a travaillé avec les mouvements sociaux qui sont impliqués dans ce dossier depuis longtemps. Le parti réseaute plutôt que de réinventer la roue.»
Mme James pense qu'il reste beaucoup de travail à faire dans cette direction mais les choses évoluent. C'est aussi l'avis de Jim Stranford. Ce dernier reste pourtant sur ses gardes car il croit que de multiples possibilités existent encore et n'attendent que d'être exploitées. Il cite la réorganisation de la gauche au Québec.
«Ceux au parti qui pensent que la gauche québécoise va tout simplement s'abandonner au NPD se trompent. La meilleure chose à faire est d'utiliser la popularité de Jack Layton et cette conjoncture au Québec pour proposer un parti qui serait vraiment binational: un parti au Québec et un autre dans le reste du Canada. On pourrait faire la même chose avec le mouvement environnementaliste!»
La solution de rechange
Aux prochaines élections, le NPD tentera de se présenter comme la seule solution de rechange aux libéraux de Paul Martin, qui ont pris un virage vers la droite. Le nouveau Parti conservateur? Du pareil au même, feront valoir M. Layton et son équipe. Le chef ne manque d'ailleurs pas de répéter sur toutes les tribunes que la candidate à la chefferie de ce parti, Belinda Stronach, a versé 55 000 $ à la campagne au leadership de Paul Martin... «Le Parti libéral de M. Chrétien, c'est terminé, dit M. Layton. C'est devenu un gouvernement de p.-d.g.», estime-t-il.
Le message semble au moins passer. Il fallait voir la crédibilité accordée aux tentatives de M. Layton de «débaucher» les libéraux désabusés, Sheila Copps en tête. L'ex-ministre n'a toujours pas fermé la porte. Les Lloyd Axworthy et John Caccia, eux, ont dit non merci.
Par ailleurs, le NPD aura au moins un candidat-vedette aux prochaines élections: l'ancien leader Ed Broadbent. C'est sous son règne que le NPD avait atteint son apogée électorale en faisant élire 43 députés. Ed Broadbent se présentera dans Ottawa-Centre contre un proche de Paul Martin, Richard Mahoney.
Ce dernier semblait assuré d'une victoire... avant la venue du charismatique néo-démocrate. Selon des sondages internes de M. Mahoney, M. Broadbent serait maintenant en avance dans la circonscription.
Surtout que la décision du gouvernement Martin de geler la taille de la fonction publique fédérale et les reclassifications salariales a dérangé bien des fonctionnaires... qui sont en grand nombre dans cette circonscription et les autres comtés de la région d'Ottawa. C'est d'ailleurs pour cette raison que le président de l'Institut professionnel de la fonction publique, Steven Hindle, a décidé de ne plus se présenter sous la bannière rouge.
Au Québec, M. Layton ne se fait pas d'illusions. Il travaille à long terme. «Nous espérons atteindre un niveau d'appui plus haut que ce que M. Broadbent a obtenu il y a 15 ans, soit plus que
10 %. S'il y a concentration de l'appui à certains endroits, peut-être peut-on gagner un, deux ou trois sièges», dit-il en entrevue. Jusqu'à présent, les sondages lui disent que c'est très possible: le dernier sondage Léger Marketing le plaçait à
8 %, un score encore inégalé dans la province. À l'échelle du pays, il talonne les conservateurs pour la deuxième place, à 16 % contre 19 %.
Pour le reste du pays, M. Layton pense pouvoir faire suffisamment de dommages aux libéraux pour que ceux-ci soient privés d'un gouvernement majoritaire. Si c'était le cas, il n'accorderait pas facilement sa caution aux libéraux. Sa condition? Que le gouvernement tienne un référendum pancanadien pour savoir si les électeurs veulent, oui ou non, adopter un mode de scrutin proportionnel au pays.
«Je ne vais pas donner mon appui à un parti s'il n'y a pas d'engagement à tenir un référendum sur cette question», a-t-il déclaré à La Presse la semaine dernière. «Le vrai déficit démocratique, c'est cela. C'est un changement fondamental. Nous avons un système électoral qui a été adopté avant l'invention du téléphone, avant l'invention de l'automobile.»
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