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    «Le djihad, c’est sexy»

    Une équipe de l’UQAM publie un guide de dépistage du radicalisme violent

    20 novembre 2015 |Marco Fortier | Canada
    Abdelhamid Abaaoud, décrit comme l’architecte des attentats de Paris, a été tué par la police mercredi.
    Photo: Agence France-Presse/HO/Dabiq Abdelhamid Abaaoud, décrit comme l’architecte des attentats de Paris, a été tué par la police mercredi.


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    Ils rêvent d’aventure, de révolution, de changer le monde. Et ils deviennent terroristes. Pour les djihadistes comme Abdelhamid Abaaoud, décrit comme l’architecte des attentats de Paris, qui a été tué par la police mercredi, mourir en martyr devient l’ultime consécration.

     

    Les jeunes hommes âgés de 15 à 30 ans sont les plus susceptibles de tomber dans le piège des groupes radicaux qui prônent la violence. À part ces deux points en commun — ils sont jeunes et ce sont des gars —, il n’existe aucun profil type du candidat à l’extrémisme violent, souligne Jocelyn Bélanger, professeur au Département de psychologie de l’UQAM.

     

    « Au fil des ans, il est devenu clair que le profilage s’appuyant sur des données démographiques tels le statut socio-économique, l’origine ethnique, l’appartenance religieuse ou la scolarité est scientifiquement insatisfaisant », écrit le chercheur dans un petit guide de dépistage du radicalisme violent publié jeudi. Lui et ses collègues ont produit cette Trousse de renseignements sur l’extrémisme violent pour aider les parents ou les professeurs à repérer les jeunes tentés par le terrorisme.

     

    La publication de ce document ne pouvait mieux tomber, moins d’une semaine après la série d’attentats qui a secoué Paris. Des jeunes comme Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, il y en a par dizaines au Canada et au Québec. De toutes les origines ethniques. Au moins 130 Canadiens sont allés combattre aux côtés du groupe armé État islamique en Irak et en Syrie, selon les services de renseignement canadiens. Un estimé conservateur, croit Jocelyn Bélanger. Ces jeunes risquent de revenir incognito et de commettre des attentats en sol canadien.

     

    Pour ces djihadistes, la guerre contre les valeurs occidentales représente un idéal imaginé, une forme de révolution, et ils rêvent de devenir des héros comme Che Guevara en son temps. Ces jeunes cherchent à donner un sens à leur vie. Et les groupes radicaux ou violents leur permettent de faire des gestes concrets pour ce qu’ils considèrent comme une juste cause.

     

    « Les jeunes voient des vidéos de propagande bien produites qui célèbrent la violence, promettent l’accès à des femmes, des armes, des explosifs. Un des plus grands recruteurs en Grande-Bretagne affirme que le djihad, c’est sexy. Que le djihad, c’est une contre-culture. C’est un discours qui a du succès auprès des jeunes », dit Jocelyn Bélanger, qui a aidé à mettre sur pied le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, à Montréal.

     

    Dans plus des deux tiers des cas, les jeunes se sont joints à un groupe violent par l’intermédiaire d’un ami, d’un membre de la famille élargie ou d’une autre connaissance. Le groupe devient pour eux une nouvelle famille, explique Jocelyn Bélanger. Ils abandonnent leur réseau habituel d’amis. Ils renoncent à leurs activités préférées, comme un sport ou un loisir.

     

    Les parents et les autres proches peuvent aider leurs enfants à rester loin du radicalisme violent en les aidant à comprendre le fonctionnement d’Internet. En leur expliquant comment décoder ce qu’on voit sur le Web. En leur donnant les clés d’un discours critique.

     

    Et il y a toujours de l’espoir pour ceux qui tombent dans le radicalisme violent : moins de 3 % des combattants djihadistes de Singapour, des Tigres tamouls du Sri Lanka ou des néonazis allemands ont récidivé après avoir été déradicalisés dans un centre spécialisé, explique le professeur.













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