Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Bloc

    Victoire douce-amère pour Gilles Duceppe

    20 octobre 2015 |Philippe Orfali | Canada
    Gilles Duceppe avait demandé aux Québécois la «balance du pouvoir» à Ottawa. Sa formation ne l’obtiendra pas.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Gilles Duceppe avait demandé aux Québécois la «balance du pouvoir» à Ottawa. Sa formation ne l’obtiendra pas.
    Consulter notre dossier électoral
    Malgré une défaite humiliante dans Laurier-Sainte-Marie, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, avait de quoi se consoler à l’issue d’élections ayant permis de réaffirmer la pertinence de sa formation politique.

    Soupir de soulagement dans les rangs bloquistes, lundi soir. La victoire s’annonçait modeste, mais permettait déjà de garantir la survie du parti, chose qui semblait loin d’être acquise au moment du déclenchement des élections. En dépit d’une seconde défaite d’affilée contre la néodémocrate Hélène Laverdière, Gilles Duceppe demeurera en poste à titre de chef de la formation, dans l’immédiat du moins.

    « Nous sommes arrivés à court de notre objectif, mais nous partions de loin », a reconnu d’emblée Gilles Duceppe, aux environs de 00 h 45, flanqué de sa femme et d’une poignée de nouveaux élus bloquistes et de candidats. « Ce n'est pas les résultats espérés mais on a mené une belle campagne. […] Nous sommes plus présent qu'on était. »

    Ce ne fut pas une éclatante victoire. Mais, ce ne fut pas le désastre appréhendé lorsque Stephen Harper a plongé le pays en campagne électorale non plus. Le Bloc québécois a pu récolter la faveur des électeurs dans dix circonscriptions, une victoire respectable, mais a vu le statut de parti officiel — et les ressources et les autres avantages qui l’accompagnent — lui échapper de quelques sièges.

    Dans la salle du théâtre La Tulipe, sur le Plateau-Mont-Royal, la foule a accueilli toute la soirée avec un enthousiasme prudent les résultats qui s’affichaient peu à peu sur les écrans géants. On ne souhaitait surtout pas se réjouir trop vite de cette victoire, qui s’accompagne d’un gouvernement libéral majoritaire. L’accueil fait au chef du Bloc a lui aussi été tout en retenue.

    Gilles Duceppe avait demandé aux Québécois la « balance du pouvoir » à Ottawa. Sa formation ne l’obtiendra pas, les libéraux pouvant gouverner sans l’appui des autres groupes parlementaires. N’empêche, le parti a tout de même réussi à faire bien mieux qu’en 2011, alors qu’il avait fait élire quatre députés, 43 de moins qu’en 2008. Au déclenchement des élections, il ne lui en restait plus que deux.

    Louis Plamondon, le doyen des députés fédéraux, a facilement été reconduit dans Bécancour-Nicolet-Saurel. Le Bloc et sa candidate Marilène Gill sont également parvenus à reprendre l’ancien château fort de Manicouagan, sur la Côte-Nord, au néodémocrate Jonathan Genest-Jourdain. Idem pour Gabriel Ste-Marie, dans Joliette, un autre fief bloquiste conquis par le NPD en 2011. L'ex-chef Mario Beaulieu, qui avait cédé sa place à Gilles Duceppe plus tôt cette année, a aussi été élu dans La-Pointe-de-l'Île.

    À l’instar du NPD et de sa vague orange de 2011, le Bloc de 2015 est composé de nombreux nouveaux visages, et de plusieurs jeunes, a souligné la députée péquiste Martine Ouellette au Devoir. « On était à deux, on est maintenant dix, c’est une très bonne avancée. Il y a tout un renouvellement au niveau des équipes du Bloc, des candidats. Et ça, c’est bien encourageant pour l’avenir », a-t-elle souligné.

    Dans sa courte allocution, Gilles Duceppe n’a fait aucune référence à son avenir à la tête du parti. Son entourage assure toutefois qu’il ne démissionnera pas. Le chef doit dresser le bilan de sa campagne mardi à 13 h.

    Louis Plamondon a appelé son chef à demeurer à la tête de la formation. « Même si Gilles est défait, il peut demeurer chef. Il pourrait être un porte-parole extraordinaire du Bloc à travers tout le Québec. C’est ce que je souhaite le plus, car c’est grâce à lui que le Bloc est encore vivant », a confié M. Plamondon, de sa circonscription, en entrevue à Radio-Canada.


     












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.