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    Harper cède discrètement les rênes du PC

    20 octobre 2015 | Marie Vastel à Calgary | Canada
    Dans son discours aux quelques centaines de militants qui s’étaient déplacés pour l’entendre à Calgary, Stephen Harper n’a pas daigné faire l’annonce de sa démission.
    Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Dans son discours aux quelques centaines de militants qui s’étaient déplacés pour l’entendre à Calgary, Stephen Harper n’a pas daigné faire l’annonce de sa démission.
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    La défaite était amère. Trop, pour Stephen Harper qui, relégué dans l’opposition, a choisi d’abandonner la chefferie conservatrice. Du moins, à en croire son propre parti qui a annoncé une démission que n’a pas jugé bon de répéter à voix haute le principal intéressé…

     

    La nouvelle avait circulé, dans les minutes qui ont précédé le discours du premier ministre sortant. Puis, un communiqué de presse du président du Parti conservateur est arrivé. « J’ai parlé au premier ministre Stephen Harper et il m’a demandé de m’adresser au nouveau caucus parlementaire élu afin de nommer un chef intérimaire, et à l’exécutif national afin d’entreprendre le processus de sélection du chef en vertu de la constitution du Parti conservateur du Canada », laissait tomber John Walsh.

     

    Mais dans son discours, aux quelques centaines de militants qui s’étaient déplacés pour l’entendre, Stephen Harper n’a pas daigné leur en faire l’annonce. « Pendant les dernières neuf années et demie, j’ai eu un honneur incroyable de servir comme premier ministre », a affirmé Stephen Harper, en concédant la victoire à Justin Trudeau. « Nous avons tout mis en jeu. Nous avons donné tout ce que nous avions à donner. Et nous ne regrettons rien. Mes amis, comment pourrions-nous? Nous demeurons des citoyens du meilleur pays au monde », a-t-il lancé à la petite foule réunie devant lui.

     

    À leur sortie, les militants — et les ministres sortants — étaient pantois. Le premier ministre, leur chef, venait-il de démissionner ? Personne ne le savait. Certains ont semblé l’apprendre de la bouche des journalistes, qui leur ont cité le communiqué du parti.

     

    Les conservateurs devront néanmoins trouver un nouveau chef. Après neuf ans et demi à la tête du pays, onze à la chefferie du Parti conservateur qui en ont suivi deux autres à l’Alliance canadienne, Stephen Harper a tiré sa révérence, a confirmé son entourage, même si lui-même ne l’a pas fait publiquement. Et c’est tout. M. Harper ne s’adressera pas aux médias mardi.

     

    « La déception que vous ressentez est ma responsabilité, et seulement la mienne, a en outre déclaré avant de partir un Stephen Harper fidèle à lui-même, dénué d’émotion. Mais sachez ceci : la prochaine fois, le parti va offrir aux Canadiens une option forte et claire, basée sur nos valeurs conservatrices. »

     

    Qui sera le prochain ?

     

    Avant même que le PC annonce le départ de Stephen Harper, tous les yeux étaient tournés vers le ministre sortant Jason Kenney, considéré comme son hériter assuré. Le principal intéressé a refusé de faire des commentaires « Ces questions-là sont pour un autre jour. » Mais visiblement, selon lui, là où le gouvernement conservateur s’est trompé, c’est au niveau de son « ton ». Les politiques étaient les bonnes. « Mais après 10 ans d’un gouvernement qui était des fois trop agressif peut-être au plan des communications, je crois qu’on a déçu certains électeurs », a analysé le vétéran conservateur. La faute à qui ? « Nous avons une responsabilité collective à assumer », a-t-il estimé.

     

    Un ancien ministre conservateur n’était pas aussi indulgent. Le premier ministre sortant « doit assumer la responsabilité » de cette défaite, a-t-il laissé tomber.

     

    Signe que la campagne conservatrice avait vu venir le coup, la salle réservée pour la soirée électorale était bien plus petite que lors des élections précédentes. À peine quelques centaines de chaises étaient disposées autour de la scène, devant les plateformes des réseaux de télévision qui occupaient une plus grande part de la salle que l’espace réservé aux militants. Mais la défaite, les conservateurs ne s’attendaient pas à ce qu’elle soit aussi grande. Les troupes pensaient à tout le moins talonner le Parti libéral, qui n’aurait récolté qu’une mince minorité. Or, le vote néodémocrate s’est écroulé, ce qui « ne nous a pas aidés du tout », a avoué Jason Kenney.

     

    Rassemblement funèbre

     

    Le silence était de glace, avant l’arrivée de Stephen Harper. Les quelques centaines de partisans qui s’étaient réunis accueillaient les résultats électoraux sans broncher… et sans grand enthousiasme. Lorsque les réseaux télévisés ont annoncé l’élection d’un gouvernement libéral, ils sont restés stoïques. Même chose lorsque le verdict d’une majorité est tombé. Les seules réactions ont été réservées aux réélections de candidats conservateurs.



     












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