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    Nouveau Parti démocratique

    Après la vague orange, le grand ressac

    Le parti de Thomas Mulcair a durement pâti de la montée des libéraux

    20 octobre 2015 |Guillaume Bourgault-Côté | Canada
    Dans son discours de fin de soirée, Thomas Mulcair a pris acte des résultats de son parti. Il n’a toutefois pas évoqué son avenir politique personnel.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Dans son discours de fin de soirée, Thomas Mulcair a pris acte des résultats de son parti. Il n’a toutefois pas évoqué son avenir politique personnel.
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    Ils le savaient, le sentaient : le recul du NPD était attendu par ses militants et par les stratèges. L’ampleur du ressac a toutefois surpris lundi soir, transformant la fête prévue au Palais des congrès de Montréal en une veillée froide et silencieuse. Après l’euphorie de la vague orange de 2011, la déception était grande. Et la gifle cinglante.

     

    Vers minuit trente, le parti ne menait que dans 41 circonscriptions — très loin des 103 députés élus il y a quatre ans. Au Québec, le NPD passe ainsi de 59 sièges en 2011 à 16 cette année ; en Ontario, la députation diminue de 22 élus à 8. Le parti a autrement conservé une douzaine de sièges en Colombie-Britannique.

     

    Thomas Mulcair a pris acte des résultats dans un discours livré — avec le sourire, malgré tout — vers 23 h 30, devant un petit groupe de partisans. Il n’a pas évoqué son avenir politique personnel. « Les Canadiens ont fait ce choix et nous l’acceptons en toute humilité », a indiqué le chef du NPD. « Depuis le début, cette élection porte sur le changement. Ce soir, les Canadiens ont tourné les pages sur dix longues années et ont rejeté la politique de la peur et de la division », s’est-il réjoui.

     

    M. Mulcair a qualifié « d’accomplissement exceptionnel » la victoire de Justin Trudeau, et il a remercié Stephen Harper pour ses services. Pour la suite des choses, il a promis que le NPD « continuerait à être porteur d’espoir et d’optimisme », et qu’il se « tiendrait debout » pour les valeurs et dossiers qu’il défend — l’environnement et le sort des femmes autochtones, notamment.

     

    Réélu dans Outremont, Thomas Mulcair estime que le NPD a « démontré qu’au Québec, les racines du NPD continuent de se développer. Dorénavant, le NPD sera toujours pour les Québécois un choix réel ». Ses troupes ont recueilli un peu plus de 25 % du vote au Québec lundi.

     

    Dès le début de la soirée électorale, il est apparu évident que le rouleau compresseur libéral ne laisserait que des miettes au NPD, qui partage en partie le même bassin d’électeurs. À la télévision de Radio-Canada, l’ancien député Yvon Godin a vite laissé transparaître sa frustration : « Je suis découragé ! a-t-il lancé. Je trouve que c’est triste que la population ait encore choisi d’aller avec les vieux partis. »

     

    Mais la population voulait du changement, et « le NPD n’a malheureusement pas pu incarner ce changement au jour J », reconnaissait plus tard Brad Lavigne, stratège influent au sein du parti.

     

    En 2004, le NPD avait obtenu 19 députés, puis 29 en 2006 et 37 en 2008.

     

    Reculer pour avancer

     

    Malgré l’importance des pertes pour le NPD, plusieurs stratèges soutenaient que le parti avait tout de même progressé au cours de la campagne actuelle.

     

    « Ce qui est intéressant, disait Karl Bélanger, porte-parole de la campagne et conseiller de Thomas Mulcair (et de Jack Layton avant lui), c’est que, peu importe les résultats de ce soir, le NPD a été perçu et considéré dans les derniers mois comme une option viable en tant que gouvernement. C’est une première dans l’histoire du parti, et c’est ce qui est intéressant. »

     

    Selon M. Bélanger, le NPD « pourra bâtir là-dessus. On a mis fin, un peu, à ce système de deux partis. C’est un pas important. On s’est enracinés un peu partout au pays ».

     

    Directrice de la campagne du NPD au Québec, Rebecca Blaikie disait elle aussi que la campagne a eu beaucoup de bon pour le parti. « Un des grands objectifs était de démontrer qu’on était bien implantés au Québec, que la vague orange n’était pas un hasard. On a maintenant une machine extraordinaire sur le terrain, avec des milliers de bénévoles : c’est positif. »

     

    Mais lundi, les militants rassemblés au Palais des congrès semblaient surtout encaisser le choc des résultats. « On verra ce qu’on en retient plus tard, mais là, ce soir, ça fait mal », confiait un d’entre eux.



     












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