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    Élections fédérales

    Trudeau ne stopperait pas la vente de «Jeeps» à l'Arabie saoudite

    12 octobre 2015 09h15 |Hélène Buzzetti | Canada
    Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, ne stopperait pas la vente de véhicules blindés par le Canada à l'Arabie saoudite s'il est élu premier ministre parce qu'il s'agit seulement de «Jeeps», à son avis. C'est du moins ce qu'il a fait valoir lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle (TLMEP), dimanche soir, reprenant du coup l'argumentaire de Stephen Harper.

    M. Trudeau s'était fait demander s'il annulerait le contrat de vente de véhicules blindés légers fabriqués à London par l'entreprise canadienne General Dynamics Land Systems, un contrat d'une valeur de 15 milliards. Ce contrat a été vertement critiqué par des groupes tels qu'Amnistie Internationale, estimant qu'un pays avec un si piètre bilan en matière de respect des droits humains ne devrait pas être approvisionné en armes par l'Occident. M. Trudeau n'adhère pas à cette thèse, semble-t-il.

    «Ce ne sont pas des armes, ce sont des Jeeps!», a-t-il lancé sur les ondes de Radio-Canada. Le chef libéral reprend ainsi l'argument qu'avait servi le chef conservateur Stephen Harper il y a quelques jours. «Soyons clairs que ce contrat n’est pas un contrat d’armement», avait dit M. Harper en entrevue avec une radio de London. «C’est en fait pour des véhicules de transport militaire.»

    On ignore exactement combien de véhicules seront livrés au régime saoudien ni leurs caractéristiques, ces détails du contrat étant demeurés secrets. Selon le magazine britannique Jane's spécialisé en questions militaires, l'Arabie saoudite possède déjà une flotte de 1400 véhicules blindés légers provenant de General Dynamics Land Systems. Ils se déclinent en plusieurs versions: certains servent d'ambulances, d'autres sont armés de canons de 25 ou 90 mm ou d'obus de 120 mm.

    Justin Trudeau a expliqué qu'il était trop tard pour annuler ce contrat. «Ce n'est pas un accord entre le Canada et l'Arabie saoudite, c'est un accord entre une compagnie manufacturière ici au Canada et l'Arabie saoudite. Je déplore que le gouvernement n'a pas été transparent. Je ne vais pas annuler un contrat signé, mais nous serons plus attentifs à l'avenir.» La loi canadienne oblige tout fabricant de matériel militaire à obtenir l'aval d'Ottawa avant d'exporter ses produits vers les pays «où les droits de la personne de leurs citoyens font l’objet de violations graves et répétées de la part du gouvernement, à moins qu’il puisse être démontré qu’il n’existe aucun risque raisonnable que les marchandises puissent être utilisées contre la population civile». Ottawa refuse de dire si une telle évaluation a été faite et accepte encore moins d’en publier les conclusions, le cas échéant.

    Pas de coalition

    Par ailleurs, M. Trudeau s'est maintes fois fait demander pendant son passage à TLMEP s'il concocterait une coalition avec son rival néodémocrate Thomas Mulcair si l'élection du 19 octobre prochain devait produire un parlement minoritaire. Il a écarté cette possibilité en rappelant les expériences passées.

    «Si on se retrouve en situation minoritaire… On en a déjà eu des gouvernements minoritaires dans le passé sans avoir à faire des manigances dans les coulisses pour dire "Ok, moi je vais prendre le pouvoir, toi tu vas prendre le p…" Non, non, on travaille avec les députés, on présente une vision qui rassemble et on laisse les députés voter et les Canadiens vont avoir un meilleur gouvernement.»

    M. Trudeau s'est fait demander s'il estimait que le niqab était un vêtement d'oppression de la femme. «Il peut l'être», a-t-il répondu tout en ajoutant qu'il ne revenait pas à l'État de dicter aux femmes «ce qu'elles ne devraient pas porter». Il a néanmoins semblé tendre une main aux Québécois - qui dans une grande majorité n'appuient pas sa position sur le niqab. «Je comprends que ça ne fait pas l'unanimité», a-t-il dit. Mais selon lui, ce genre de débat, tout en étant légitime, ne devrait pas avoir lieu en campagne électorale «pas quand il y a des enjeux plus importants» comme ceux discutés pendant la présente campagne.












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