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    Élections du 19 octobre

    Jeunes indifférents?

    Bernard Descôteaux
    19 septembre 2015 |Bernard Descôteaux | Canada | Éditoriaux

    Les Canadiens ne battent pas de record quand vient le temps de voter. Trois fois seulement, le taux de participation aux élections fédérales s’est approché de la barre des 80 %. C’était au début des années 1960. Autrement, il a varié entre 70 et 75 %, avant de descendre graduellement à compter de 1993 jusqu’à plus ou moins 60 %. Il y a là matière à s’inquiéter, surtout dans le contexte de la présente campagne record de 78 jours, qui pourrait amener plus d’électeurs à bouder le scrutin du 19 octobre.

     

    Le plus inquiétant est que ce phénomène s’accompagne d’une baisse encore plus marquée de l’intérêt des jeunes électeurs. Traditionnellement, ils ont toujours voté dans une proportion moindre que leurs aînés, mais on observe un déclin abrupt de leur participation électorale depuis les élections de 1984. Ainsi, seulement 38,8 % des 18-24 ans ont voté aux élections de 2011, où le taux moyen de participation a été de 61,1 %.

     

    Par le passé, une correction naturelle de ce phénomène intervenait sous l’effet du « cycle de vie ». Les jeunes, en vieillissant, portaient alors davantage intérêt à la politique. Mais ce phénomène tend à s’estomper, entraînant un nivellement du taux de participation entre les générations et une diminution encore plus marquée de la participation électorale des Canadiens.

     

    Devant la tendance observée, il était pour le moins incompréhensible de voir le gouvernement Harper tenter, avec son projet de loi C-23 sur l’intégrité des élections, de rendre la participation électorale des jeunes plus difficile. Il aura fallu une mobilisation exceptionnelle des partis d’opposition et de groupes de pression pour le faire retraiter sur certains éléments de son projet. Ainsi, Élections Canada peut-il faire de la publicité pour sensibiliser les catégories d’électeurs les plus hésitantes à exercer leur droit de vote à le faire. Parmi celles-là, il y a les jeunes, à qui on tentera de faciliter les choses en installant, à titre expérimental, des bureaux de vote dans une quarantaine de campus.

     

    Pour renverser la tendance, il faudra faire plus. Au lendemain du scrutin du 19 octobre, il faudra réfléchir à des initiatives comme celles mises de l’avant par l’Institut du Nouveau Monde. Celui-ci propose, entre autres actions, de miser sur l’éducation à la citoyenneté avec un cours obligatoire en 3e secondaire qui surviendrait juste avant que les jeunes n’acquièrent le droit de voter, qui, abaissé à 16 ans, pourrait être exercé dans le cadre de l’école. L’idée d’un droit de vote à 16 ans a souvent été proposée, mais chaque fois rejetée. Mais, inscrite dans une telle démarche, elle prend un sens et vaut la peine d’être examinée. On pourrait être surpris de voir que, bien informés, les jeunes ne sont pas aussi indifférents à la politique qu’on veut bien le croire.













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