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    Un fonds vert qui a été mal utilisé, déplore le Bloc

    18 septembre 2015 |Laura Pelletier | Canada

    Le Bloc québécois dénonce la « mauvaise utilisation » que le Parti conservateur a faite du Fonds pour l’énergie propre. Les subventions tirées de ce fonds, créé en 2009, ont majoritairement servi à diminuer les émissions des projets d’exploitation pétrolière plutôt que de financer des technologies vertes, et le Québec n’a reçu qu’une infime partie de l’enveloppe.

     

    Dans un document du Bloc obtenu par Le Devoir, le parti « dénonce la monopolisation de l’enveloppe budgétaire du Fonds pour l’énergie propre par les projets de captage de carbone pour l’industrie pétrolière de l’Alberta ».

     

    « C’est un non-sens qu’un fonds pour le développement d’énergies propres soit essentiellement utilisé pour financer l’industrie des sables bitumineux, que nos impôts servent à financer les projets des grandes pétrolières », écrit-on également dans le document.

     

    « C’est du camouflage ! » dénonce un responsable du contenu du Bloc contacté par Le Devoir.

     

    Entre 2010 et 2013, plus de 250 millions de dollars ont été distribués parmi plus de 50 projets. La « plus grande partie du financement » a été affectée « aux projets d’envergure de capture et de stockage du dioxyde de carbone » et « environ 146 millions de dollars ont été fournis aux projets de démonstration de moindre envergure de technologies fondées sur les systèmes d’énergie propre et renouvelable », précise le site Web de Ressources naturelles Canada.

     

    L’entreprise d’hydrocarbures Shell a par exemple obtenu 120 millions de dollars du fonds pour l’énergie propre pour stocker plus d’un million de tonnes de CO2 chaque année à compter de la fin de 2015. Cela permettra de réduire de près de 35 % les émissions directes d’une de ses usines.

     

    Le projet de pipeline principal de l’Alberta pour le carbone a quant à lui obtenu environ 30 millions de dollars de ce fonds pour mettre en place un système pleinement intégré de captage et de stockage de carbone comprenant la gazéification, le captage des émissions de CO2, le transport, le stockage et la récupération assistée des hydrocarbures.

     

    Au total, dans le secteur de la recherche et développement, six projets de captage et stockage du CO2 ont été financés par ce fonds, ainsi que 13 projets liés aux sables bitumineux.


    Peu de financement pour le Québec

     

    Le Québec « s’est contenté d’un maigre 11 millions de dollars, soit 4 % de l’enveloppe disponible », déplore un responsable du contenu du Bloc, alors que l’Alberta, « principal émetteur de GES au Canada en raison des sables bitumineux », a reçu « pas moins de 152 millions de dollars, ou 61 % ». Hydro-Québec, quelques universités et SSQ Société immobilière se sont partagé la somme québécoise.

     

    Le Bloc comprend mal l’écart de financement accordé à l’Alberta par rapport au Québec, qui aurait pu développer des projets de transports électriques, de géothermie, de recherche sur l’industrie forestière et l’énergie solaire.

     

    En réponse à ces accusations, le Parti conservateur a rappelé ses engagements verts. « Je peux vous dire que nous sommes le seul gouvernement fédéral à avoir réduit les gaz à effet de serre au pays et nous travaillons à l’objectif de réduction de 30 % de ces émissions d’ici 2030, mis de l’avant en vue de la conférence Paris Climat 2015. Le gouvernement conservateur investit en moyenne 1 milliard par année depuis 2006 dans l’énergie verte, en plus de l’octroi direct de 350 millions de dollars pour le Plan vert du Québec en 2007 », a indiqué au Devoir la porte-parole Catherine Loubier.













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