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    Relance économique

    Justin Trudeau promet de doubler les investissements en infrastructures

    En dix ans, l’enveloppe consacrée aux différents travaux passerait de 65 à 125 milliards

    28 août 2015 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
    Le chef libéral Justin Trudeau affirme que les investissements en infrastructures stimuleront l’économie, ce que le chef conservateur a été à son avis incapable de faire au cours des dernières années.
    Photo: Getty Images Le chef libéral Justin Trudeau affirme que les investissements en infrastructures stimuleront l’économie, ce que le chef conservateur a été à son avis incapable de faire au cours des dernières années.

    Le chef libéral le martèle et le répète : l’économie canadienne a besoin d’un coup de main. Ou, plus précisément, de 125 milliards d’investissements en infrastructures, selon Justin Trudeau.

     

    Le Parti libéral a dévoilé un gros pan de sa plateforme électorale jeudi : il promet de doubler les investissements fédéraux en infrastructures, pour les faire passer de 65 milliards à 125 milliards en dix ans. Dès les deux premières années, un gouvernement libéral verserait 5 milliards de plus annuellement. Des sommes partagées à parts égales entre le transport collectif, les infrastructures sociales (logements abordables, établissements pour personnes âgées ou de garde d’enfants) et les infrastructures vertes et durables (traitement des eaux usées, aqueducs, mais aussi l’amélioration d’installations pour les rendre résistantes aux changements climatiques, aux feux de forêt ou aux inondations). À terme, en 2025-2026, c’est 9,6 milliards de plus que verseraient les libéraux au Fonds Chantiers Canada.

     

    « Ces investissements ont été repoussés depuis trop longtemps. Ils sont essentiels si on veut stimuler l’économie », a fait valoir Justin Trudeau, qui venait de manoeuvrer une énorme grue, casque de construction à l’effigie du Parti libéral sur la tête, avant de faire son annonce à Oakville en Ontario. Un tel financement permettra de « créer des dizaines de milliers de dollars à court terme », selon M. Trudeau, qui disait citer les projections du ministère des Finances.

     

    « Notre plan prévoit trois ans d’investissements historiques dans l’économie canadienne. Cette croissance éliminera le déficit Harper, et nous équilibrerons le budget en 2019 », a souligné le chef libéral, accusant du même souffle le chef conservateur d’avoir été incapable de stimuler l’économie. Et Thomas Mulcair « semble être d’accord avec lui », a-t-il reproché.

     

    Ses rivaux n’ont pas pris ses critiques sans broncher, vantant leur propre plan. « Nous avons augmenté les fonds fédéraux pour l’infrastructure par trois fois, depuis notre arrivée en fonction, a répliqué Stephen Harper. Trois fois plus élevé que les libéraux. Avec un niveau de taxes et d’impôts plus bas, et avec un budget équilibré. C’est ça, notre bilan. » Lors de leur premier mandat, les conservateurs ont mis sur pied le plan Chantiers Canada — 33 milliards sur sept ans. Il a été renouvelé en 2014, pour un total de 53 milliards sur dix ans. Menacé d’être renversé par une coalition, en pleine récession en 2008, M. Harper avait aussi créé un plan de relance de 40 milliards sur deux ans, dont 12 milliards pour les infrastructures.

     

    Augmenter les transferts

     

    Le chef néodémocrate a de son côté reconnu qu’il fallait bonifier l’enveloppe consacrée aux infrastructures. « On demande à nos gouvernements locaux, municipaux et régionaux d’assumer le coût de 60 % des infrastructures avec seulement 8 % de l’assiette fiscale. Mathématiquement, c’est impossible. » Thomas Mulcair a rappelé ses promesses : augmenter les transferts de la taxe sur l’essence aux municipalités de 3,7 milliards sur quatre ans, et les fonds pour le transport en commun de 1,8 milliard sur quatre ans.

     

    L’ancien directeur parlementaire du budget, Kevin Page, a semblé approuver la stratégie économique des libéraux cette semaine. « Nous entendons beaucoup de gens dire que nous avons besoin de plus d’investissements en infrastructures. Il y a des occasions, considérant les taux d’intérêt qui sont au plancher, pour stimuler l’économie avec des investissements additionnels dans des infrastructures publiques », a consenti M. Page, sur les ondes de CTV.

     

    Les municipalités sont du même avis. « Ça confirme que n’importe quel plan qui veut relancer l’économie doit passer en grande partie par les villes », a fait valoir le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Car le logement abordable réduit la pauvreté, et chaque dollar dépensé en infrastructures en crée 1,20 au PIB. La Fédération canadienne des municipalités voit d’un oeil favorable cette « augmentation qui semble significative », mais elle reste prudente en attendant de savoir s’il s’agira d’argent frais, a noté le maire de Gatineau.

     

    Idem à l’Union des municipalités du Québec. Et les deux associations préviennent aussi que leurs membres devront avoir leur mot à dire. « Ce ne sera pas de définir les priorités des municipalités à partir d’Ottawa, mais bien de discuter avec les municipalités des priorités », a prévenu Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie et présidente de l’UMQ.

     

    Le Parti libéral promet de distribuer la totalité des sommes promises aux municipalités, même s’il en reste une part qui n’a pas été octroyée au terme de l’exercice financier. « Le résultat sera un financement à long terme, stable et prévisible pour les provinces, territoires et municipalités », a souligné M. Trudeau. « C’est assurément rassurant qu’on puisse avoir quelque chose de prévisible, parce que c’est toujours le problème », a réagi Mme Roy.













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