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    Ne votez pas «stratégique», votez Bloc, dit Duceppe

    14 août 2015 | Canada
    Marco Bélair-Cirino à Laval
    Philippe Orfali

    La technique du vote stratégique a montré ses limites aux dernières élections fédérales et les Québécois ont avantage à ne pas tomber à nouveau dans le panneau, selon Gilles Duceppe, qui s’en est une fois de plus pris au Nouveau Parti démocratique de Thomas Mulcair jeudi lors d’un passage à Laval.

     

    Quatre ans après avoir été pratiquement rayé de la carte en raison de la vague orange, le Bloc québécois tente depuis le début de la présente campagne de démontrer que le Québec a été pénalisé par son appui au NPD, un parti devant composer en son sein avec les intérêts divergents de diverses régions du pays. La voix du Québec était et sera mieux représentée à Ottawa par l’envoi au Parlement de nombreux députés du Bloc québécois, a martelé le chef de la formation souverainiste, Gilles Duceppe, jeudi. Le parti est celui qu’il faut aux Québécois pour défaire les troupes de Stephen Harper, a-t-il argué, enjoignant aux Québécois de ne pas « voter stratégique », c’est-à-dire voter pour un candidat du NPD ou du PLC, partis susceptibles de former le gouvernement, pour diminuer les chances des conservateurs d’en faire autant.

      

    « En sport, on ne dit jamais que stratégiquement c’est bon de prendre pour une équipe afin d’en défaire une autre plutôt que pour celle qu’on veut appuyer », a-t-il imagé. Il a dressé un parallèle entre les destinées politiques du Bloc et du Parti national écossais, en Grande-Bretagne, passé de 6 à 56 sièges des élections générales de 2010 à celles de 2015. « En 2010, les Écossais ont fait confiance au Labour et ensuite, celui-ci s’est ligué avec les torys contre eux. Ça le démontre : la meilleure stratégie est d’avoir ton propre monde qui te représente, qui parle pour toi, qui vote pour toi. »

     

    La cible Énergie Est

     

    Gilles Duceppe a également tourné en dérision la position de M. Mulcair sur le projet de pipeline Énergie Est, après que plusieurs experts ont réduit en miette les arguments avancés par le chef du NPD pour expliquer son appui au projet, dans Le Devoir de jeudi. « Il n’y a pas d’acceptabilité sociale. C’est dangereux pour l’environnement et ce n’est pas du pétrole qui va être consommé et qui va être raffiné au Québec, a souligné M. Duceppe. Il est pour parce qu’il ne veut pas perdre de votes dans l’Ouest. »

     

    Parallèlement, le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a également reproché au NPD d’avoir calqué son programme en matière d’énergie sur celui du Parti conservateur. C’est « bonnet blanc, blanc bonnet », a-t-il déploré lors d’une mêlée de presse, en marge d’une allocution à l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde. Il exclut tout appui au PCC, au NPD et au PLC puisqu’ils « sont des partis fédéralistes qui veulent faire en sorte de maintenir le Québec dans son état constitutionnel [qui a] ses limites ».

     

    Il a en outre appelé à la prudence les adeptes de la « fameuse théorie du vote utile ». « Je ne suis pas sûr que les Québécois soient pour l’oléoduc », a fait valoir M. Péladeau. Gilles Duceppe est quant à lui « clair, net et précis » à ce sujet, a-t-il poursuivi.

     

    M. Péladeau s’est toutefois abstenu de préciser jeudi s’il était lui-même « pour » ou « contre » tout projet de construction de pipelines servant à trouver des débouchés au pétrole issu des sables bitumineux, comme Énergie Est. « On ne peut pas aborder dans un point de presse des questions aussi importantes que les hydrocarbures. Je suis désolé, mais je ne peux pas vous donner une réponse qui va être un “ clip ” de 30 secondes. »













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